Rétro 2014, les 5 meilleures séries

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Année chargée côté petit écran, 2014. On a déjà discuté mini-séries et nouveautés, il était temps de parler de celles qui, même après plusieurs saisons, continuent de crever l’écran. On y trouve du anti-héros et de multiples héros. Un ancien condamné à mort et une famille nombreuse et complémentaire. Un comique dépressif, un agent de la CIA bipolaire et un serial killer complexe. De biens beaux personnages, aussi intrigants qu’attachants.

Rectify

Rectify était la douce et douloureuse surprise de Sundance Channel, juste après Top Of The Lake, l’an dernier. L’histoire d’un retour à la vie qui s’accompagnait de fulgurances douces amères. Daniel Holden, emprisonné depuis 19 ans dans le couloir de la mort pour le meurtre et le viol de sa petite amie, retrouve la liberté à la faveur d’un ultime test ADN. Loin de s’attarder sur le qui à fait quoi, Rectify fait l’éloge de la langueur. En laissant les questions que tout le monde se posent sans réponses, Rectify prend le temps. Le temps de voir Daniel retrouver la sensation du soleil sur sa peau, le temps aussi de voir sa ville et même certains de ses proches ne pas lui laisser le droit à la seconde chance. Jusqu’à le trouver lynché et dans le coma en fin de saison 1. Six épisodes qui regardaient la poussière voler et la brutalité grossir en arrière plan. La 2è saison, tout en conservant son ambiance si particulière, est le début d’un réveil. Après l’éveil émerveillé, il est l’heure pour Daniel d’enfin vivre et d’imposer ses choix. Aussi douloureux soient-ils.

Louie

Si George Abitbol est l’homme le plus classe du monde, Louis C.K est probablement le plus drôle. Roux, ventripotent, chauve, la quarantaine sonnante, père célibataire… mais drôle. Pas drôle tendance cul par terre et claques sur les cuisses, non, drôle avec subtilité et émotion. Un comique triste, pas loin d’un Charlot des temps modernes quoi. Les deux pieds dans l’auto-fiction, Louie est un double fantasmé de son auteur, Louis. Après s’être fait prié en laissant filer près de deux ans entre la saison 3 et la 4, celle-ci reprend les éléments clés qui ont fait son succès : faire de la vie quotidienne, entre hilarité, moments de gêne et de grâce, des sketchs tordants pour Louie/s le comedian que l’on retrouve sur scène. Et l’humour, Louie le manie de toute les manières : graveleux, absurde, politique, embarrassant mais toujours empli d’affection pour cet ours gentil. En fait Louie, en réinventant la tragi-comédie, nous rappelle qu’il est à la fois beau et dur d’aimer la vie.

Homeland

Je vous entends déjà : « ouiii mais le dernier épisooode… ». Et bien oui, même le dernier épisode. Mais on y reviendra. Homeland repartait à zéro. Débarrassée des Brody, elle ne pouvait que se recentrer sur l’essentiel : un des personnages les plus charismatiques (et ambigu) de ces dernières années. Alors oui plus de Brody, plus de Washington, plus de crazy eyes dans le miroir, plus de Miles Davis pour cuver son vin, Homeland redevient (géo)politique et Carrie Mathison un personnage qu’il serait bien trop simpliste de taxer de fou. Délocalisée au Pakistan, Homeland se sert habilement de la situation au proche Orient pour amener la série à s’interroger toujours plus sur les agissements des Etats-Unis post-11 septembre, et les personnages à creuser leurs motivations et les liens qui les unissent. Pour Carrie il s’agit de son nouveau rôle de mère, de son lien presque filial avec Saul et de la possibilité d’une relation amoureuse avec Quinn. Si des morceaux de bravoure intenses pimentent l’action de ces 12 épisodes, cette saison de transition tourne autour de l’identité et des traumatismes familiaux. Et c’est en ça que ce dernier épisode, certes un peu sorti de nulle part, me laisse espérer que ce reboot a été salvateur et qu’Homeland est en passe de redevenir une grande série.

The fall

Avant je trouvais Jamie Dornan bien lisse. Mais ça c’était avant The Fall. S’il est en passe de conquérir le monde grâce à l’adaptation de ce qui reste toujours pour moi un mystère (50 Shades Of Grey), c’est en le voyant dans ce thriller que je me suis dit pour la première fois que cet irlandais pouvait avoir du potentiel. Un potentiel de psychopathe pour être exact. Pas de spoilers ici en vous annonçant direct la couleur, Paul Spector, père de famille aimant et homme affable (incarné par le dit Jamie Dornan) est un tueur glaçant. Glaçant car calme, méticuleux, obsessionnel. Glaçant car ordinaire. Face à lui, dans un des plus beaux duels de la télévision actuelle, l’enquêtrice Stella Gibson (admirablement incarnée par Gillian Anderson). Elle aussi calme, elle aussi méticuleuse, parfois elle aussi glaçante, mais au service de la loi. Ce face à face en miroir de deux êtres habités par leurs failles est implacable. Elle seule peut le comprendre et de ce fait tenter de l’arrêter. La première saison était un montage en parallèle de leurs blessures, la saison 2 les mets enfin face à face. Et c’est glaçant.

Parenthood

 

Parenthood c’est ma série cocon. Et bientôt elle sera ma série madeleine, celle à laquelle je repenserais avec nostalgie en me disant que c’était bien de s’être sentie Braverman pendant 6 saisons. Car oui, cette sixième saison on sait déjà que ce sera la dernière, mais ça ne la rend pas plus excitante, pas meilleure, pas moins bonne. Car l’atout principal de Parenthood toutes ces années ça a été sa régularité. Toujours aussi juste, toujours aussi émouvante, pure car allant fourrager dans ce que vous avez connu de plus personnel. Les enfants grandissent et continuent de questionner leur éducation, les parents vieillissent et se demandent s’ils ont bien fait leur boulot. Et c’est beau. Pendant 6 ans j’ai eu l’impression d’avoir une deuxième famille et si j’étais un poil mélodramatique, je considérerais l’arrêt de Parenthood comme un abandon. Rien de moins.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. […] dont on est soulagé de voir arriver la conclusion. C’est loin d’être le cas pour Parenthood. Car ça y est, après 103 épisodes et 6 saisons, la série de Jason Katims a tiré sa […]

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