Rétro 2014, les 5 meilleurs acteurs

Classé dans : Cinéma, Top 5 Records | 3

On rêve souvent d’être eux, ils nous fascinent, ils nous impressionnent mais si ces acteurs sont dans ce modeste top 5, c’est car ils se sont complètement effacés derrière leurs rôles. Pour moi c’est la qualité première d’un excellent comédien. Du moins ceux ayant à interpréter un personnage hors du commun, peu importe son âge, son expérience du jeu ou ses récompenses. Certains ont déjà brillé, on offre cette chance à d’autres pour la première fois ; certains confirment leur statut, d’autres dévoilent une facette différente de leur talent à la face du monde. J’espère pour eux une reconnaissance allant d’une multitude de scénarios dans leur boîte aux lettres à la réception d’une petite statuette dorée. Die, Kyla, Amy Dunne, Lou Bloom, Terence Fletcher et Grace sont en tout cas des personnages que je n’oublierai pas et pour ça, merci à leurs interprètes.

Anne Dorval, Suzanne Clément © Paul Rousteau

Me voilà bien incapable de départager Anne Dorval et Suzanne Clément à l’heure des bilans de fin d’année. La seule chose pour laquelle je suis d’accord avec moi-même c’est pour assurer qu’elles livrent dans Mommy les deux prestations les plus incroyables, fortes et intenses de l’année. A égalité. L’une en mère en courage d’un adolescent pour le moins turbulent, l’autre en voisine traumatisé qui oublie ses blocages à leur contact. Muses à tour de rôle de Xavier Dolan, il fallait au moins la puissance sourde de Mommy pour rappeler que ces trois là ensemble, font des petits miracles.

Rosamund Pike © David Fincher

Il y a ces acteurs qu’on est persuadés d’avoir déjà vus mais dont on est incapable de se rappeler du nom. Jusqu’à maintenant Rosamund Pike était de ceux là. Un rôle de James Bond Girl pour lancer sa carrière, des seconds rôles aux côtés de Johnny Depp (Rochester), Tom Cruise (Jack Reacher) ou Simon Pegg (Le dernier pub avant la fin du monde)… toujours de bonnes prestations mais jamais un rôle qui marque au point de se rappeler de ce drôle de prénom. Et puis David Fincher en décida autrement. Chasseur de tête au flair implacable (les carrières au cinéma de Justin Timberlake ou Rooney Mara, c’est à lui qu’on les doit), il décide que Rosamund Pike sera sa Gone Girl, témoin numéro un de son étude du couple. Elle le remerciera sans doute en premier sur la scène des Oscars en février prochain. On l’espère.

Jake Gyllenhaal © Mark Seliger

Habitué des rôles caméléons (Jarhead, Zodiac, Prince Of Persia…), Jake Gyllenhaal a trouvé avec le personnage de Lou Bloom, apprenti chasseur d’images sans scrupules de Night Call, de quoi faire trembler Hollywood. A mi-chemin entre le cynisme et l’autisme, ce personnage de trentenaire prêt à tout pour croquer sa part du rêve américain est une pierre de plus à l’édifice d’interprétations glaçantes de Gyllenhaal. Dans un Los Angeles nocturne et urbain qui n’est pas sans rappeler les images d’un Michael Mann, il hante Night Call, caméra au poing, yeux exorbités et moralité en bandoulière.

JK Simmons © Van Sarki

J.K. Simmons c’est l’acteur bigger than life, habitué des rôles bigger than life. Vous avez besoin d’un mec capable de jouer un prisonnier néo-nazi, raciste, sadique et violent dans une série (Oz) ? J.K. Simmons. Vous avez besoin d’un gars qui a de la voix pour interpréter un rédacteur en chef surexcité et obnubilé par l’homme-araignée (la trilogie Spiderman de Sam Raimi) ? J.K. Simmons. Vous avez besoin d’un bonhomme capable de tenir la comparaison face au sergent de Full Metal Jacket ? J.K. Simmons. Malgré ce CV impressionnant, c’est avec Whiplash et à 59 ans qu’il trouve sans conteste le rôle de sa vie. Celui d’un professeur/chef d’orchestre tyrannique pour qui l’exigence est nécessaire à la découverte d’un futur grand musicien de jazz. Et l’excellence, loin d’être suffisante.

Brie Larson

Elle aurait pu finir en Miley Cyrus mal dégrossie, la grâce en plus. Faut dire que quand on chante sur la bande originale de Barbie et le cheval magique, on vous attend pas forcément comme la prochaine pépite du cinéma indépendant. A 25 ans, Brie Larson a déjà tout expérimenté ou presque : la série exigeante avec mentor à la clé (United States Of Tara avec Toni Collette), le film de potes (Scott Pilgrim), le blockbuster rigolo (21 Jump Street), la rom-com indé (The Spectacular Now). Restait le grand rôle qui la ferait décoller. Ce fut Grace, éducatrice pour ados difficiles qui fait face à ses démons en s’occupant des leurs. Lumineuse et bouleversante mais plus habituée aux comédies pince sans rire, States Of Grace lui a permis de montrer toute l’étendue de son talent. Judd Apatow, qui veille sur elle tel un parrain bienveillant depuis ses débuts, la sent enfin prête à porter un film sur ses épaules. Ce sera le sien Trainwreck.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

3 Responses

  1. […] grâce aux interprétations saisissantes de Miles Teller, qui y maltraite sa batterie, et J.K Simmons, pour qui l’excellence est loin d’être suffisante, Whiplash enflamme grâce à une […]

  2. […] Après avoir tué sa mère dans son premier long métrage, ici, il la sublime, toujours grâce à Anne Dorval. Si l’on a cru voir dans Tom à la ferme, sorti quelques mois plus tôt, le début […]

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