Rétro 2014, les 5 meilleurs premiers albums

Classé dans : Musique, Top 5 Records | 2

Ce qui est bien en France c’est qu’entre Les Victoires de la Musique et les NRJ Music Awards, on est plutôt tranquille pour établir des classements musicaux de qualité. Il reste certes le top albums des Inrocks, mais comme on en connait souvent pas la moitié ça nous laisse une bonne marge. Mais aussi de belles découvertes à faire, parce que ce ne sont pas des manches aux Inrocks. Bref, maintenant que j’ai fini ma petite promo du magazine, passons aux choses sérieuses. Dans le cas présent, aux artistes qui nous ont offert un premier album en 2014 qui nous laisse à penser que ce ne sera certainement pas le dernier. Si la plupart avaient déjà titillé notre intérêt avec des E.P, un buzz ou une réputation venue de l’étranger, c’est sur une douzaine de chansons que l’on a pu les juger une bonne fois pour toute cette année. D’un collectif enragé à un folkeux délicat, en passant par un frenchy qui a tout compris à la pop, ce sont mes paris sur l’avenir. Musique.

Fauve

Fauve c’est un an de buzz, un signe distinctif (≠) et un EP qui nous a plongé dans le blizzard avant de nous aider à en sortir. Fauve c’est aussi un collectif rassemblé pour faire face au cynisme ambiant, un groupe crachant le mal-être d’une génération, n’en déplaise aux pudiques. Vieux Frères, partie 1 est cynique mais frappe là où ça mal, sur des vérités qu’on préfèrerait éviter ou oublier. Chaque morceau est balancé comme une bouée à la mer, pour s’y accrocher en attendant que ça aille mieux. Les vieux frères c’est eux, mais c’est aussi un peu nous, membre fantôme que le groupe alpague à chaque refrain. Finalement, l’ingrédient principal du succès hors-norme de Fauve c’est avant tout cette impression tenace que le groupe parle de toi et pour toi. Vivement la partie 2.

vance joy

Ah ça vous en avez bouffé du « Riptide » ! Mais après plus d’un an d’un battage radiophonique usant, on en avait presque oublié qu’il y allait y avoir une suite logique à un tube parfait : un album. Dream Your Life Away s’est pointé en septembre, bien après que les chanteurs de feux de camps aient remballé leurs guitares. Si la fraîcheur et les ritournelles des australiens peuvent sembler au premier abord « faciles », c’est oublier à quel point réussir une chanson simple s’avère compliqué. L’album est composé de 13 petites pépites folk où la guitare et le ukulélé flirtent avec la voix tremblotante de James Keogh. Instantanément gravés dans votre cortex cérébral, les morceaux de Dream Your Life Away ne vous quittent plus, des plus entrainants aux plus mélancoliques.

Mozes and the first born

 

Ils sont hollandais, une fois n’est pas coutume, et ils sont la quintessence de ce que l’on imagine des sales gosses biberonnés au rock grunge des 90’s. Ils s’appellent Mozes & The First Born, un nom probablement choisi au hasard parce que ça sonnait bien. Car s’il y a bien une chose qui ressort à l’écoute des hymnes garages de leur premier album, c’est l’insolente facilité avec laquelle ils semblent avoir été composés, arrangés et interprétés. Probablement entre un cours de philo et un de physique-chimie. Explosifs et imparables, à l’image d’ « I Got Skills », les Mozes & The First Born s’inscrivent à la suite des nonchalants talentueux qu’étaient les Kinks et Nirvana, dans la liste des groupes qui font rimer urgence et fulgurance.

Talisco

 

A l’ancienne, c’est en illustration sonore d’un spot pour la Rentrée du Cinéma qui voyait toute une nouvelle génération d’acteurs rebondir au son de « Your Wish« , que l’on a découvert Talisco. Et sautillant est un terme bien choisi pour commencer à définir la musique de ce bordelais. Croisement bigarré entre l’énergie pop des Two Doors Cinema Club et les échos électro de Griefjoy, Talisco se crée un univers très cinématographique. Run, raconte à la fois des histoires et une histoire, ses références nous font aller des grandes plaines du western aux fenêtre humides d’un salon parisien. Chevauchées fantastiques et spleen automnal, Talisco bascule de l’un à l’autre sans complexe d’une voix qui résonne au coeur d’un album résolument pop.

luke sital singh

Un garçon à lunettes (anglais de surcroit) chantant la déception amoureuse accompagné de sa plus fidèle compagne : sa guitare. Effectivement, sur le papier on a déjà entendu ça quelque part. Mais une voix telle que celle de Luke Sital-Singh, nettement moins. Trois E.P, épinglé comme futur grand par la BBC, Luke a pris son temps avant de passer au format long. Normal, le spleen ça se vit avant de se chanter. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a appelé son album The Fire Inside, le disque donne l’impression d’un feu qui couve avant l’appel d’air qui fera tout s’embraser autour. Un feu sacré qui habite également Sital-Singh. Aussi rageuse que mélancolique, sa voix élargit l’horizon et réussit même à transformer le cafard en espoir.

 

challengers premiers albums

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. […] en réécoutant ces morceaux, j’ose espérer que vous aussi. Les meilleurs albums et les révélations de l’année sont particulièrement représentés (The War On Drugs, Angus & Julia Stone, Talisco, Vance […]

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