Rétro 2014, les 5 meilleurs premiers films

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(Prendre la voix traînante et suave d’Isabelle Adjani.) « Un premier film c’est … un saut dans le vide. Un premier film c’est … une promesse pour l’avenir. Je ne suis pas folle vous savez. Bonsoir ! » Trêve de plaisanterie, les remettants qui nous servent ce genre de discours à chaque cérémonie de remise de prix n’ont pas tout à fait tort. Un premier film c’est important. Un premier film c’est excitant. La preuve en est avec ces cinq toutes premières oeuvres. Et un constat s’impose d’entrée : cocorico. On va pas chipoter, si ’71 vogue sous pavillon britannique son réalisateur est né en France, alors on prend. Pour tous les autres pas de soucis de passeport, mais tous ont plus en commun que leur doux parfum frenchy. Ils ont l’audace, la fraîcheur, la folie, l’imagination et la nouveauté comme cri de ralliement.

'71

A mi-chemin entre Bloody Sunday et 28 jours plus tard, entre le film politique caméra à l’épaule et le survival en terre hostile, ’71 fut l’un des films les plus haletants de l’année. La faute à une gueule en passe de devenir incontournable, celle de Jack O’Connell d’ores et déjà promis à un brillant avenir, et à une réalisation qui ne vous laisse absolument pas le temps de souffler. Signé Yann Demange, un Paul Greengrass qui aurait compris que la caméra à l’épaule se doit d’être immersive pour ne pas finir vomitive, ’71 montre un soldat britannique déployé puis abandonné par son unité dans un quartier de Belfast en proies aux heurts entre catholiques et protestants, devenant la cible des émeutiers membre de l’IRA. Course-poursuite infernale au coeur d’un conflit qui n’a que trop peu les honneurs du 7è art, ’71 est traversé d’apocalypses visuellement incroyables. Le cinéma britannique vient de se trouver un metteur en scène.

party girl
Récompensé de la Caméra d’Or lors du dernier festival de Cannes, Party Girl est de ces premiers films venus de nulle part, arrivés par hasard et qui le temps d’une séance suspendent le temps. Auto-fiction pensée par une triplette de réalisateurs inspirés par l’histoire de la mère de l’un d’eux, Party Girl doit tout à ce personnage hors du commun. Angélique Litzenburger, sujet d’étude, actrice, mère, entraîneuse de cabaret à la frontière franco-allemande, ne s’est pas vue vieillir. La soixantaine sonnante doit-elle accepter la demande en mariage d’un client et se raisonner à voir s’évanouir tout ce qu’elle est : sa jeunesse, ses envies d’alcool et de fête, sa vie la nuit ? Brut, frôlant la réalité en faisant jouer toute une famille son histoire romancée, Party Girl a le panache des premiers amours et la rage brute des derniers. Une gouaille qui court après l’immortalité.

les combattants

Un vent de fraîcheur a définitivement soufflé sur Cannes et sur le cinéma français cette année, et Thomas Cailley en est l’un des grands instigateurs. Avec ses Combattants, comédie romantique à la sauce Rambo, il prouve que d’un genre rebattu peut encore sortir une belle surprise. Madeleine se prépare au pire et fait de sa vie un stage de survie grandeur nature, Arnaud lui s’en fout mais tombe sous le charme et finit par la suivre pour un entraînement chez les paras. De la frondeuse Adèle Haenel à la révélation du candide Kévin Azaïs, Les Combattants mêle avec habileté, humour, audace et mélange des genres. Une échappée belle crépusculaire où le dantesque côtoie la douceur.

tristesse club

Tristesse Club porte assez mal son titre. Si l’histoire de ses deux frères un peu losers qui retrouvent, le jour de l’enterrement de leur père, une supposée demi-soeur n’a effectivement pas le pitch d’une comédie (encore que), ce n’est qu’un point de départ à bien plus. Le charme du film réside avant tout dans des dialogues savoureux servis par un trio qu’on aurait pu penser mal assorti. Vincent Macaigne, égérie du cinéma fanco-branchouille, Laurent Lafitte, sociétaire de la Comédie-Française qui s’encanaille dans des comédies populaires, et Ludivine Sagnier, ex-petite fiancée des français, habitent ce film où l’humour absurde côtoie une ambiance douce-amer. Cousin dandy d’un Noah Baumbach ou d’un Wes Anderson, Vincent Mariette aide ses personnages à guérir de leur enfance pour pouvoir enfin devenir adultes. En fait, Tristesse Club aurait plutôt dû s’appeler Douce Mélancolie Club.

swim little fish swim

Avoir des envies, parfois même du talent, et ne trouver ni les moyens ni la reconnaissance que l’on mérite. C’est en substance ce que ressent toute une génération et ce qu’ont eu envie de filmer Lola Bessis (fille de, qui exorcise ici en partie la frustration que peut générer ce statut) et son co-réalisateur Ruben Amar. Petite fantaisie faite de brics et de brocs sur une vidéaste en devenir trouvant l’inspiration en cohabitant avec un artiste qui crée de la musique à partir des jouets de sa fille, Swim Little Fish Swim fait finalement l’éloge du Do It Yourself. Que ce soit dans son scénario ou dans sa production d’ailleurs, car ce n’est que trois ans après son tournage et grâce au bouche à oreille des festivals que le film trace son chemin jusqu’aux écrans français. D’un New York galère qui n’est pas sans rappeler celui de la série Girls, aux moyens que l’on se donne pour croire en soi, Swim Little Fish Swim a parfois des allures de film de fin d’études arty, mais c’est ce qui lui confère le charme des premières fois : l’envie de tout faire et de bien le faire.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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