Rétro 2015, les 10 meilleurs albums de l’année

Classé dans : Musique, Top 5 Records | 2
2015, peut-être plus que n’importe quelle autre année, fut musicale. Surtout sur la fin. Mais si l’on ne devait garder que dix albums, dix artistes, ce seraient ceux-là : un hypersensible qui arrête les expérimentations pour revenir aux sources de la folk, un nouveau venu qui semble sorti tout droit du meilleur de la pop des années 70, des bardes épiques venus d’Islande, une rockeuse à frange, un irlandais frissonnant, un guitar hero chevelu, un troubadour punk, des petits jeunes bourrés de talent à la nonchalance crasse, des rockers d’Oxford qui s’accordent un nouveau départ et des Belges virtuoses de la pop. A défaut d’autre chose, 2015 fut mélomane. Mais vivement 2016.

1.Sufjan Stevens

Sufjan Steven

Carrie & Lowell

On n’attendait plus rien de Sufjan Stevens, perdu depuis quelques années dans des errements électro-baroques sans grand intérêt. Cette année, le prince de la folk à la voix d’ange nous a cueilli avec un album pourtant marqué par le deuil. D’un adieu à ses parents, il tire un album doux-amer, désarmant, fragile et pourtant enchanteur et lumineux. Un retour aux sources de la folk, comme un retour à la raison où chaque morceau est l’occasion de pleurer, honorer mais aussi questionner une mère qu’il n’a connu qu’en pointillé. Carrie & Lowell est une splendeur entre murmures et tremblements. Ravie de te retrouver Sufjan.

La chanson coup de coeur : « Should Have Known Better », à écouter ici.

Relire notre critique de l’album ici

2.Tobias Jesso Jr.

Tobias Jesso Jr.

Goon

« Vous ne pouvez pas louper Tobias Jesso Jr., il mesure 2,04m. » Même sans ça, impossible de passer à côté de cet échalas frisé dont les compositions maladivement romantiques ont bercé notre année. Chaînon manquant entre les Beatles et le Elton John des années 70, Tobias Jesso Jr. semble sorti d’une autre époque, celle où des balades au piano sur des amours déchus parlaient au plus grand nombre. Succès surprise, adoubé par La Blogothèque et les Black Keys, son son vintage a charmé jusqu’à la reine Adele qui lui a commandé deux morceaux pour son grand retour. Et nous de le taxer de révélation de l’année. Haut la main.

La chanson coup de coeur : « How Could You Babe », à écouter ici.

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3.Of Monsters & Men

Of Monsters & Men

Beneath The Skin

Le quintette venu du froid a su transcender le succès acquis en 2012 à la faveur du tube « Little Talks ». Beneath The Skin, le deuxième album des islandais, pondu pendant une tournée colossale, propose des morceaux plus matures mais aussi plus sombres, moins festifs mais plus rock. Les voix de Ragnar Þórhallsson et Nanna Bryndís Hilmarsdóttir s’y entremêlent dans d’intenses montées en puissance. Mélancoliques et oniriques, les musi-magiciens d’Of Monsters & Men devraient conquérir le reste du monde depuis leur bout de terre rocailleuse et mystérieuse. Et on attend ça avec impatience.

La chanson coup de coeur : « Hunger », à écouter ici.

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4.Courtney Barnett

Courtney Barnett

Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit

Une frange qui tombe sur de grands yeux ébaubis et un look d’ado grunge coincée dans les nineties. C’est la première impression que l’on a de Courtney Barnett, jeune australienne au talent aussi fougueux que son style est débraillé. Branleuse à guitare, elle donne l’impression que les onze morceaux de Sometimes I Sit And Think, And Sometimes I Just Sit ont été enregistré dans la foulée de leur création, quelque part entre un soir très tard et un matin très tôt, quand l’envie lui en a pris. Autant dire qu’avec Courtney Barnett, le rock garage a de beaux jours devant lui.

La chanson coup de coeur : « Dead Fox », à écouter ici.

Glen Hansard

Didn’t He Ramble

The Frames, The Swell Season, Once, un Oscar et un premier album solo plus tard, Glen Hansard, le poète irlandais, est de retour. Toujours solidement harnaché à sa guitare, quel plaisir de le voir ajouter des cuivres chaleureux aux cordes chavirantes qui faisaient déjà sa marque de fabrique. Didn’t He Ramble est un album de songwriter. Hansard se joue de toutes ses influences, du folk américain à la chanson traditionnelle irlandaise sans oublier le rock pur, influencé par Van Morrison ou Bruce Springsteen, pour faire un album magnifique, rempli d’envolées bouleversantes de simplicité. La marque des plus grands.

La chanson coup de coeur : « My Little Ruin », à écouter ici.

6.Kurt Vile

Kurt Vile

b’lieve i’m going down…

Quand on s’appelle Kurt, qu’on a les cheveux long et qu’on joue de la guitare, mieux vaut assumer. Alors Kurt Vile a préféré éviter le grunge pour lui préférer un folk-rock teinté de blues. Nonchalante, sa musique à ce je ne sais quoi d’intemporel qui rappelle à la fois Neil Young et Elliott Smith. Foncièrement américain, on entend la poussière voler dans b’lieve i’m going down…. Banjo en bandoulière, on imagine Kurt traverser des déserts en pick up. Et nous, faire de même avec sa musique dans les oreilles.

La chanson coup de coeur : « Pretty Pimpin’ », à écouter ici.

7.Frank Turner

Frank Turner

Postitive Songs For Negative People

Comme vous l’aurez compris dans nos pages, on l’aime Frank Turner, notre troubadour punk. Positive Songs For Negative People, sixième album de l’anglais, transpire la passion par tous les pores. Le folk sous stéroïdes de cet écorché vif prend une toute autre ampleur en acoustique et il l’a bien compris. Conteur hors pair au charisme débordant, il est capable de retenir le souffle de tout un auditoire, tout comme de leur faire monter les larmes aux yeux avant de les envoyer dans un pogo qui sent bon la Guinness. On appelle ça un performer.

La chanson coup de coeur : « Song For Josh », à écouter ici.

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8.The Districts

The Districts

A Flourish & A Spoil

On les tient nos sales gosses de l’année, ceux qui semblent avoir le rock’n’roll en intraveineuse, alors qu’ils ont à peine vingt ans. Ils sont américains, n’ont que deux albums à leur actif et viennent pourtant de faire pâlir d’envie Franz Ferdinand, The Libertines ou Cold War Kids à coup de tubes exaltés. On a eu bien du mal à réfréner nos sautillements au son de « 4th & Roebling » ou « Peaches », mais en plus d’être foutremement entraînants, ces diables de Districts nous mettent aussi une belle claque mélancolique sur la peur de grandir. Une jolie découverte.

La chanson coup de coeur : « 4th & Roebling », à écouter ici.

9.Foals

Foals

What Went Down

Yannis Philippakis est un éternel insatisfait, un être torturé qui, malgré le succès, ne semblait jamais totalement apte à profiter de la réussite. Holy Fire, sorti en 2013 avait mis tout le monde d’accord. C’est pourtant à peine un an plus tard, que sort What Went Down, son successeur, avec comme ambition pour Foals, d’enfin réussir à combler les envies du groupe : faire un vrai grand disque rock. Et pour cela Philippakis s’est apaisé, puisant au fond de lui-même ce qu’il avait vraiment envie de raconter depuis le début. Lorgnant tant du côté de l’hymne surpuissant que de la balade sombre, de la pop que du métal, What Went Down est un album complet, le meilleur de ses auteurs.

La chanson coup de coeur : « Mountain At My Gates », à écouter ici.

10.Balthazar

Balthazar

Thin Walls

La Belgique, terre de rock ? Définitivement. Avec ce troisième opus, le groupe de Gand vient se placer aux côtés des tout meilleurs, de dEUS à Ghinzu en passant par Girls in Hawaii. Pop au sens large, Thin Walls à même des relents symphoniques, des cordes et des cuivres emballants que ne renieraient pas The Last Shadow Puppets. Comparaison d’autant plus troublante que la voix de Maarten Devoldere possède la même nonchalance que celle d’Alex Turner. On se dit qu’un featuring aurait sacrément de la gueule.

La chanson coup de coeur : « Bunker« , à écouter ici.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. […] Oscar, Hyphen Hyphen), l’electro dansante (The Shoes, Mozambo, Solomon Grey) … Nos albums préférés de l’année sont forcément particulièrement représentés, mais il y en a aussi pour tous les (bons) goûts […]

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