Rétro 2016 : Les 10 meilleurs films de l’année

En 2016, on a aimé à fleur d’océan et bravé les deuils impossibles. Et puis, on a laissé voler en éclats les mensonges et triomphé des mélancolies. Le cinéma nous a vivifié, pris par la main dans des sarabandes humaines, flingué sur place dans des westerns sanglants, vitalisé de l’esprit pulp des 70’s et des sons pop des 80’s. Voilà ce que l’on retiendra de cette nouvelle année de cinéma.
Par Bernard Achour, Marine Bienvenot, Christophe Chadefaud et Thomas Lapointe.

popuptopfilmsaquariusAquarius

De Kleber Mendonça Filho

Le cinéma brésilien se porte merveilleusement bien et Aquarius en est une preuve supplémentaire. À travers le portrait intime de Clara, ancienne journaliste musicale qui vit seule dans un vieil immeuble du front de mer de Recife qu’une société immobilière veut à tout prix détruire, le film – en compétition à Cannes et injustement reparti bredouille – est une critique allégorique acerbe de la situation sociale, économique et politique du Brésil actuel. C’est aussi une méditation mélancolique sur le temps qui passe, dans laquelle passé et présent s’entrecroisent sans crier gare, le tout porté par une actrice intemporelle, Sonia Braga, respectée pour sa force de caractère et pour les idéaux d’humanité qu’elle incarne. Bref, un cinéma ample, riche, profond.

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popuptopfilmscesentimentdeleteCe sentiment de l’été

De Mikhael Hers

En suivant Anders Danielsen Lie, le visage de la mélancolie, en pleine renaissance, Mikhael Hers filme la langueur estivale comme peu savent le faire. On pense à la douceur de Mia Hansen-Løve (Un amour de jeunesse), à la légèreté de Richard Linklater (Before Sunset) et à la grâce de Joaquim Trier (Oslo, 31 août). La noirceur du deuil devient lumière dans Ce sentiment de l’été, étendard d’une certaine tristesse contemporaine. Berlin, Paris, New York, 31 août.


popuptopfilmssingstreetSing Street

De John Carney

Un ado craquant du Dublin des 80’s nous en met plein les oreilles pour conquérir sa belle et nous rafle le cœur au passage. Après Once et New York Melody, l’Irlandais John Carney confirme qu’il sait aussi bien enchanter paroles et musiques, que retranscrire avec douceur et bienveillance la sensibilité des âmes fêlées par la vie dans un contexte social pas toujours rose.

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popuptopfilmsreparerlesvivantsRéparer les vivants

De Katell Quillévéré

Sujet trop plombant dans un contexte globalement cauchemardesque ? Campagne de promotion à côté de la plaque ? Toujours est-il qu’on se demandera longtemps pourquoi ce film déchirant, doublé d’un prodigieux accomplissent cinématographique, n’a pas rencontré le très large public auquel il était destiné. Deux mois après, le souvenir de certaines séquences nous fait encore venir les larmes.

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popuptopfilmstherevenantThe Revenant

D’Alejandro Gonzalez Iñarritu

Cette année, le survival outdoor a pris une tournure on ne peut plus extrême. Leonardo Di Caprio donne de sa personne et rafle un Oscar, quand son réalisateur Alejandro Gonzalez Inarritu s’attelle à l’enfermer dans le grand nord américain avec une application esthétique sans pareille. Côté bon gros trauma des familles, The Revenant ferait presque passer les joies insoupçonnées de la virée en canoës de Délivrance (de John Boorman, 1972) pour un chouette week-end à la fraîche.

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Manchester by the sea

De Kenneth Lonergan

Avec son travail de deuil en étendard, Manchester by the sea avait tout du bon gros mélo. Il n’en est rien. Ce que l’on doit sans doute à la simplicité et à la tendresse qui innervent cette histoire de disparition et de vies qui tentent de se reconstruire après un séisme familial. Si Michelle Williams et Casey Affleck nous touchent sincèrement, c’est le jeune Lucas Hedges, 20 ans, qui nous empoigne à jamais.


popuptopfilmsleshuitsalopardsLes huit salopards

De Quentin Tarantino

Sans sortir de sa zone de confort, Tarantino cultive sa marotte de la rage et de la logorrhée cinématographiques avec maestria. Sous le blizzard, carnage en Morricone majeur pour cet obsessionnel qui se joue brillamment du spectateur en usant du verbe et de la profondeur de champ. Du huis clos de Reservoir Dogs au western de Django Unchained, tout son cinéma est dans Les Huit Salopards. Parfois en mieux.

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popuptopfilmstheniceguysThe Nice Guys

De Shane Black

The Nice Guys baigne dans tout ce qui nous rend nostalgiques des années 70 : la liberté, le sexe et les scandales. On se retrouve face à un film noir vintage, pop, décomplexé et généreux. Un étonnant mélange de polar classieux, à la L.A Confidential ou Chinatown, et de comédie burlesque à la Blake Edwards. En maître absolu du buddy movie, Shane Black profite de l’alchimie innée entre Russell Crowe et Ryan Gosling, funky cops branques qui mêlent le pulp et la fiction dans une comédie d’action rétro haut de gamme. La meilleure de l’année.

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popuptopfilms45ans45 ans

D’Andrew Haigh

Après avoir si intensément dépeint une rencontre amoureuse trop vite écourtée entre deux garçons dans Weekend, Andrew Haigh s’attache, avec 45 ans, au quotidien d’un couple d’âge mûr soudainement secoué par l’arrivée d’une nouvelle inattendue. Toute en nuances et en retenue, Charlotte Rampling – qui gagne ici sa première nomination aux Oscars – est tout simplement magnifique dans ce rôle d’épouse dont les certitudes volent en éclat lorsqu’elle comprend que ses 45 années de vie commune, dont elle s’apprête à fêter l’anniversaire, ne repose que sur un enchevêtrement de non-dits et de mensonges. Et le cinéaste de se faire le digne héritier du cinéma naturaliste britannique, dans la lignée d’un Stephen Frears ou d’un Mike Leigh.

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popuptopfilmslesogresLes Ogres

De Léa Fehner

C’était en février dernier. « Aurions-nous déjà vu le meilleur film de l’année ? », nous sommes-nous demandé à l’issue de la projection de presse. A l’heure des bilans, cette intuition a rejailli avec une évidence cristalline : l’écho de la sarabande humaine orchestrée par Léa Fehner n’en finit plus de résonner, au point de dominer de la tête et des épaules toute la production cinématographique mondiale 2016. Ou pas loin.

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