Si on aime Les Revenants, est-ce qu’on aime The Returned ?

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Alors que le principe même d’originalité semble de plus en plus inconnu à la fiction américaine, le phénomène français Les Revenants n’échappe pas à son remake outre-Atlantique. Si on en a déjà vu certains s’émanciper de leurs modèles originaux et trouver leur propre voie, en est-il autant pour le doublon de la création originale de Canal +, The Returned ?

C’est la mode du moment. De l’anglaise Broadchurch, on a fait l’insipide Gracepoint. De l’ambitieuse australienne The Slap, on a même pas pris la peine de changer le nom. De même pour Secrets & Lies, Being Human, Life On Mars, Skins ou Shameless, pâles copies de leurs aînées. Et puis, parfois, il y a un petit miracle, la perle scandinave Forbrydelsen qui devient la froide et intrigante The Killing, une vieille mini-série britannique qui s’avère, une fois adaptée, être un sommet de cynisme politique (House Of Cards), une comédie fauxcumentaire devenue culte (The Office)… De quoi valider l’adage « c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ». Mais en est-il de même pour The Returned ?

Be original

Revenons d’abord un petit peu en arrière. Automne 2012, Canal+ dégaine une nouvelle création originale adaptée par Fabrice Gobert (Simon Werner a disparu) du long-métrage éponyme de Robin Campillo, sorti en 2004 : Les Revenants. Ambiance mystérieuse pour esthétique magistrale et un casting quatre étoiles comprenant la fine fleur du cinéma français (Guillaume Gouix, Anne Consigny, Clotilde Hesme, Céline Sallette, Grégory Gadebois). La diffusion de la série est un carton. Les Revenants devient la série originale la plus suivie de l’histoire de la chaîne. Ajoutez à cela un International Emmy Award de la meilleure série dramatique et forcément le nouveau continent vous fait de l’oeil. Mais le marché de la fiction américaine est tel que ce n’est pas au public de s’adapter à l’oeuvre mais à l’oeuvre de s’adapter au public. Malgré une version française diffusée en version originale (fait assez rare pour être souligné) sur Sundance Channel, Carlton Cuse, le papa de Lost ou bien encore de Bates Motel, s’attelle à une réécriture. Premier choix, aidé par Google Traduction, il nomme sa série The Returned. Deuxième choix, elle sera diffusé sur la chaîne A&E dont le slogan est « Be Original ». Véridique.

Copié-collé sans âme

Sur la forme, The Returned s’avère être un copié-collé scrupuleux des Revenants : mêmes prénoms ou équivalents anglophones pour les personnages, ressemblances physiques entre acteurs français et américains, mêmes traits de caractère… La série va parfois même jusqu’à reprendre des dialogues traduits au mot près et s’il y a bien quelques inversions de plans, elles ne trompent personne. Pourtant armée d’un casting solide avec Mary Elizabeth Winstead (Boulevard de la mort), Jeremy Sisto (Six Feet Under), Mark Pellegrino (Lost), Sophie Lowe (The Slap) ou India Ennenga (Treme), la version US ne prend pas le temps d’instaurer l’ambiance qui faisait tout le charme de la version française. L’absence de la musique de Mogwai joue évidemment un rôle primordial dans le manque d’empathie que nous provoque la série. Elle était le marqueur principal de l’identité et de la poésie qui se dégageait des Revenants, et qui manque cruellement à The Returned.

En attendant l’automne 2015…

Alors bien sûr il y a toujours des morts qui reviennent à la vie pour une raison inconnue et doivent se réintégrer à leurs familles et leur communauté tout en cherchant à comprendre pourquoi ils sont de retour. Il y a bien les paysages montagneux, un barrage menaçant, des maisons modernes, des policiers un peu trop zélés, un tunnel effrayant, un bar qui semble être au centre de tout mais The Returned n’a pas l’aura des Revenants. Elle ne prend pas le temps de poser les bases d’un récit intriguant, a une réalisation des plus classiques là où la patte Gobert rendait Les Revenants unique dans le paysage télévisuel français. Manque d’ambition ou pudibonderie mal placée, la remise en question religieuse au coeur du récit français a tout bonnement disparue de sa vision américaine. Guère étonnant.

Si les épisodes de cette première saison de The Returned sont visibles sur Netflix au lendemain de leur diffusion américaine, on parie pourtant notre quatre heures que si vous vous étiez laissé complètement envoûter par l’oeuvre de Fabrice Gobert vous serez bien déçus par son ersatz US. Et que comme nous, vous rayez frénétiquement les jours sur votre calendrier en attendant l’automne prochain et la saison 2 des Revenants, série unique en son genre.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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