Six Feet Under, larmes fatales

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Six Feet Under, épisode final - Pop'Up
Dix ans déjà que Six Feet Under s’en est allé et les larmes sont encore chaudes. C’est peu dire que le tout dernier épisode de la série d’Alan Ball est à mettre au panthéon des séries TV comme le plus précieux des trésors. Voilà pourquoi.

Petit récapitulatif si vous êtes passés à côté de la série : Une famille de croque-morts installés sous le soleil de Californie. Créé en 2001 par Alan Ball – le scénariste d’American Beauty, devenu depuis le créateur de la série vampirique True Blood –, Six Feet Under est une valse avec la mort, féroce et mélancolique, drôle et clairvoyante, dans laquelle les membres de la famille Fisher tentent de se libérer de leurs entraves et du poids des non-dits. Un sacré travail de fond en somme. Avec Oz et Les Sopranos, Six Feet Under a très largement contribué à la réputation de qualité des séries HBO pour leur haut degré d’écriture.

Clic clac, c’est dans la boîte

Saison 5, épisode 12. Dernier épisode. Le rideau est tombé sur Nate, le fils aîné, dans l’épisode précédent, laissant les Fisher avec un trou béant à la place du cœur. Et si c’était le deuil de trop ? Impossible. Alan Ball a toujours manipulé la faucheuse avec doigté. « La mort m’a accompagné toute ma vie », confiait-il en 2007, au moment de la sortie, finalement annulée en France, de son film Towelhead. « J’avais 13 ans quand ma sœur a été renversée par une voiture. Ça s’est passé sous mes yeux. J’ai toujours été particulièrement conscient de la mortalité. Avec Six Feet Under, je voulais explorer ce qu’elle signifiait pour des gens qui devaient affronter la mort au quotidien pour le reste d’entre nous. »

Dans l’océan de chagrin, d’ordinaire contrebalancé par un humour ravageur fait de clins d’œil et de brins de causettes avec les disparus, ce dernier épisode manie les moments de douceur et la plus profonde désespérance. Claire, la flamboyante benjamine, se retrouve dans les beaux draps d’un amant tellement éloigné de ses standards habituels qu’il pourrait bien être celui qui lui convient. Pendant ce temps, d’autres échanges claquent comme des baffes. A l’image de celui entre David, le fils cadet, et sa mère Ruth. « – On s’est accroché au passé… Et tout ça pour quoi ? – Parce que c’est là qu’il y avait encore de l’espoir. »

Le monde attend…

Claire est maintenant sur le point de prendre la route, de laisser Los Angeles et les traumas de son adolescence derrière elle. Direction New York, l’aventure et ses rêves de photographie. Claire a toujours été le cœur battant de la série, la flamme qui vacille et jamais ne s’éteint.

Elle sort son appareil pour immortaliser David, son compagnon Keith, leurs enfants et sa mère sur le perron de la maison de son enfance. « Tu ne peux pas prendre cette image. Elle s’est déjà envolée. », lui murmure feu son frère Nate à l’oreille. Claire est en larmes mais démarre sa voiture flambant neuve. Le vieux corbillard emblématique de la série a fini dans un fossé deux épisodes plus tôt. La chanson de Sia, « Breathe Me » commence.

Et là, Alan Ball nous assène les minutes les plus brillantes et les plus bouleversantes de sa série. Il tient la main de ses personnages jusqu’à leur dernier souffle. Mariages, décès… Des instantanés de leurs avenirs défilent, entrecoupés de plans d’une Claire toujours jeune et pleine d’espoirs, qui continue de tailler la route vers demain. Ruth, Keith, Brenda, Rico… Tous y passent, avec la même douceur, le même humour, qui ont bercé les 63 épisodes. A chaque fois, le fondu au noir emblématique (celui qui a accompagné tous les morts de la série dont se sont occupés les Fisher) affiche le nom du disparu avec ses dates de naissance et de mort.

Six Feet Under, RIP Claire Fisher - Pop'Up

En tous points, c’est la conclusion parfaite. Une façon de boucler la boucle qui vous déchire parce qu’elle incarne ces instantanés de tout ce qui fait la vie. « Le monde attend » annonçait le titre de cet épilogue terrassant. Dix ans plus tard, et malgré la démultiplication et la tenue des séries, le monde continue d’attendre un héritier capable d’une telle charge émotionnelle.

Voici donc l’épilogue fatal à ne visionner SOUS AUCUN PRETEXTE avant d’avoir vu l’ensemble de la série.

 

 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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