Sleeping Giant, teen spirit

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 1

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Si vous avez manqué le début : Adam, quinze ans, n’a pas encore réellement basculé dans les tourments de l’adolescence. En vacances sur les bords du lac Supérieur avec ses parents, il se retrouve à traîner avec Nate et Riley, deux cousins qui, eux, se prennent déjà pour des caïds à qui on ne la fait pas. Cet été sera l’occasion pour tous les trois de partir à la recherche de leurs limites voire même, pour certains, de les dépasser.

On peut compter les oeuvres traitant du périlleux passage de l’enfance à l’âge adulte sur les doigts d’environ 40 000 mains. Sleeping Giant, le premier film d’Andrew Cividino, présenté à la Semaine de la Critique du dernier festival de Cannes, s’ajoute à cette liste.
Vue de profil, l’étendue rocheuse qui marque, dans les Grands Lacs, la frontière entre les Etats-Unis et le Canada, ressemble à un géant endormi. C’est dans cet espace naturel, entre eaux calmes, falaises escarpées et forêt verdoyante, que le jeune réalisateur pose son récit, faisant de la nature un personnage à part entière, miroir des émois adolescents de ses personnages. Il y a le timoré Adam, l’eau qui dort dont on suit le parcours initiatique vers la fin de l’innocence, puis Nate et Riley, deux cousins déjà broyés par la vie, en recherche constante de défis qui, le croient-ils, les mèneront à être des hommes, des vrais.

Stand by me

Habité par les peurs (de grandir, d’être déçus par ses parents, de décevoir ses amis, de sa sexualité…), Sleeping Giant renvoie à d’autres films pointant l’inexorabilité de l’adolescence. On pense inévitablement à Stand By Me (Rob Reiner, 1987), Les Géants (Bouli Lanners, 2011) et Mud (Jeff Nichols, 2013), trois oeuvres mélancoliques et naturalistes sur la douleur de grandir, la nostalgie d’un temps pas encore révolu, la confrontation aux démons qui nous habitent et aux doutes sur le futur adulte que l’on est en train de devenir.

Une belle promesse

Touchant, Cividino semble avoir gardé à la surface les souvenirs de cet âge où la plus grosse des conneries nous semble être la plus incroyable des aventures. Il filme à hauteur d’ados, comme un membre de cette bande si mal assortie, où les relations sont plus toxiques que réellement amicales. Il a également conscience que le basculement vers l’âge adulte ne semble pouvoir se faire qu’avec l’apprentissage de la déception, de la trahison ou du deuil. Ses garçons l’apprendront de la plus dure des manières. Même si la réalisation du jeune canadien n’est encore que le brouillon parfois maladroit de ce qu’elle pourrait devenir, on y entrevoit de belles promesses. Une fois libéré de cette peur, typiquement adolescente, d’être soi-même et non plus seulement un brillant imitateur de ses aînés, Cividino sera définitivement à suivre.

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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