Spectre, la tournée critique

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SPECTRE

Dans le costume de James Bond, la quatrième mission de Daniel Craig serait-elle celle de trop ? On a vu Spectre, de Sam Mendes. On s’en parle autour d’un verre.
Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud

SPOILER ALERT : La rédaction vous recommande de ne lire cette Tournée critique qu’après avoir vu Spectre.

Si vous avez manqué le début : L’affaire Skyfall a laissé des traces. M missionne 007 pour enquêter sur une mystérieuse organisation baptisée Spectre qui menace la sécurité mondiale, tandis que le passé de Bond refait surface… pour le pire.

christopheEuh… ça va aller ? Tu crois que tu te remettras un jour du choix de Daniel ?

 

marine bienvenotNON ! De toutes les meufs qu’il s’est tapées, il faut que Bond choisisse de rester avec Léa Seydoux ?! Là, je dis non. Là, je dis merde.

 

christopheJe sais… Tiens, bois ça pour oublier.

 

marine bienvenotHeureusement qu’on passe tout de même un bon moment… Après Skyfall, on ne pouvait qu’être déçu. Spectre est trop simple. Christoph Waltz ne fait pas un bon méchant. Craig a l’air déjà un peu parti… Ce film semble d’ailleurs boucler la boucle avec lui. Ce serait étrange de le voir repartir pour une nouvelle aventure maintenant qu’il est parti cheveux au vent avec… Léa Seydoux.

 

christophePareil. J’étais convaincu que c’était son dernier Bond. On verra bien comment ils s’en dépatouilleront. A part ça, on a le droit d’évoquer le pourquoi numéro un de la vengeance de Christoph Waltz ou est-ce que c’est encore tabou ? Non parce qu’on parle quand même d’un type qui devient un enfoiré planétaire juste parce que James lui a piqué son papounet.

 

marine bienvenotA la limite, ça passe. On en a vu, des psychopathes poussés dans la violence par manque de reconnaissance parentale (coucou Norman Bates).

 

christophePas faux. Mais je trouve ça un peu léger.

 

marine bienvenotCe qui est plus chiant, c’est qu’on ne ressent absolument pas d’où vient cette jalousie envers Bond. On ne peut pas la comprendre puisqu’on ne sait RIEN de leur enfance. Des raccourcis comme ça, Spectre en est plein. Ce scénario est un vrai gruyère, là où Skyfall était maîtrisé de bout en bout. Et puis, Bond n’a pas de réel antagoniste. A l’inverse de Silva (Javier Bardem) dans Skyfall, Waltz n’est pas assez présent pour incarner une vraie menace. Spectre reste intéressant comme le film somme à l’ère Craig, avec tous ses rappels aux films précédents. La surveillance de masse aurait été plus intéressante comme sujet principal à aborder, alors qu’elle n’est ici qu’esquissée. D’autant plus qu’Andrew Scott a une vraie carrure de méchant, lui.

 

christopheLe hic, c’est que le sujet de « Big Brother » et de la surveillance a déjà été traité dans Skyfall. Ce qui renforce cette impression désagréable que Spectre n’est qu’une extension des films précédents, dénué de caractère propre.

 

marine bienvenotIl aurait justement fallu que ça devienne LE sujet principal. Comment peut-elle être utilisée à des fins totalitaires par des Etats, etc ? Le retour à certains clichés bondiens, qui avaient très bien fait de disparaître, m’a aussi un peu déçue. Avec les femmes, je te résiste jusqu’à ce qu’une petite bagarre nous précipite au lit. Je viens d’enterrer mon mari ? Pas grave, je ne peux t’empêcher de retirer ma robe. Et dans l’action, c’est sûr qu’avec un avion-bobsleigh ou une montre-bombe, on perd un peu en simplicité et réalisme brut.

 

christophePour moi, la première heure est à la hauteur. Surtout quand Mendes (le réalisateur) esquisse des silhouettes dans la nuit. La ligne de Monica Bellucci, Christoph Waltz qui préside à une table de conseil de mafieux, le visage toujours dans l’ombre. Ces séquences sont magnifiques. Sauf que passé cette heure de grâce, c’est la foire d’empoigne. Tous les moyens sont bons pour franchir la ligne d’arrivée, sans aucun ménagement pour le scénario.

 

marine bienvenotComplètement d’accord ! De Mexico à Rome, il n’y a pas un seul faux pas. Du plan-séquence époustouflant durant el Día de Muertos au rodéo urbain qui se termine sur les quais, pas un temps mort. Le lien avec Skyfall par l’entremise d’un message d’outre-tombe de M est touchant. En revanche, dès que le brouillard se lève sur l’identité de Christoph Waltz, la femme à sauver et le gouvernement à sortir de la mouise, ça part en roue libre. Sam Mendes suit le cahier des charges, Daniel Craig fait des micro-siestes les yeux ouverts et Léa Seydoux nous sort sa plus belle moue boudeuse.

 

christopheMathieu Amalric doit avoir un peu les boules, non ? C’est le seul dont on ne parle pas quand on fait le grand récapitulatif des événements passés. Même pas une petite photo souvenir à la fin, rien.

 

marine bienvenotOn parle de Quantum of Solace, mais de son rôle de méchant, non. Ce n’est peut-être pas un mal. L’absence de Roger Deakins (le directeur de la photographie de Skyfall), elle, se fait cruellement sentir. L’incandescence de Skyfall laisse place à un Spectre brumeux. Tout est dans le titre, tu me diras…

 

christopheJe suis d’accord. Spectre ne tient pas la comparaison avec Skyfall. Mais, même en mettant ça de côté, le scénario est clairement bâclé. C’est là que le bât blesse.

 

marine bienvenotOn est quand même loin de la débâcle de Quantum of Solace. Finalement, Spectre est l’image de son thème, « Writing’s on the wall », de Sam Smith, un peu en dessous, un peu facile, un peu nostalgique, mais aussi populaire, prenant et voué à devenir un hit. On ne peut pas faire un chef-d’œuvre à tous les coups.

 

christopheIl nous restera toujours Skyfall, et Casino Royale, en tête de liste des meilleurs Bond tous les temps.

taux de kiffance Spectre

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

3 Responses

  1. […] Spectre, le moment de raccrocher le pistolet d’or de 007 se rapproche pour Daniel Craig. Qui pourrait […]

  2. […] me rappelle Spectre et son vol de papounet… Ici, on souffre une fois de plus du syndrome du film d’introduction. Viens petit […]

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