Star Wars : Les Derniers Jedi, la tournée critique

 

On repart dans les étoiles avec Star Wars : Episode VIII – Les Derniers Jedi, de Rian Johnson. On l’a vu. On est allé s’en parler autour d’un verre. C’est la tournée critique de Pop’Up.
Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud

Si vous avez manqué le début : Tandis que la jeune Rey tente de ramener l’ermite Skywalker dans les rangs des Rebelles, Leïa, elle, tente de sauver le peu qui peut encore l’être de la Résistance face aux assauts du Premier Ordre.


 

Ça, c’est du final qui envoie du lourd !

 
 

Un final qui se mérite, parce qu’on a beau en prendre plein les mirettes dans la seconde partie, la première a du mal à se mettre en place… Heureusement que Rian Johnson est un bon diesel.

 

Suis d’accord… Mais laisse-moi planer encore un peu avant d’atterrir. Je suis toujours en mode échappée fantastique à bord du Faucon Millenium.

 

Fais comme le Faucooon ! Pardon…

 
 

Cette dernière heure, c’est bastos galactique, feux d’artifice de l’espace, carapatage de sioux et retraite sur une planète glacière qui rappelle beaucoup la planète Hoth de L’empire contre-attaque, d’ailleurs…

 

Complètement. D’ailleurs Johnson multiplie les clins d’œil sans pour autant être dans le fan service comme a pu l’être J.J. Abrams sur l’Episode VII. Pour rentrer dans le vif du sujet, on entend tout et son contraire sur ces Derniers Jedi. Les uns le trouvent trop éloigné de la trilogie originelle, les autres saluent un rafraîchissement bienvenue de la saga. Je suis plutôt de ceux-là. Pour moi, Johnson permet aux icônes d’hier de passer la main dans la continuité et le respect de la mythologie.

 

Star Wars suscite les passions, c’est normal. Tu veux que je te dise, Les Derniers Jedi est pour moi le meilleur épisode de la saga depuis la trilogie originelle (Episodes IVVVI). Comme Le réveil de la Force, il a ce côté beaucoup plus concret et proche de nous, que possédaient les premiers films. Les tartines de numérique criardes des Episodes III et III, c’est fini, et bien fini. Heureusement. Ça fait tellement plaisir de revoir Yoda, aussi bouffé d’arthrite que la vieille marionnette de Frank Oz. Ça, c’est Star Wars ! Ceci étant dit, le film a aussi son côté obscur…

 

Je sais qu’il est à part, qu’il ne fait pas partie de la saga et tutti quanti… mais pour moi Rogue One est au-dessus. Sa dramaturgie joue probablement en sa faveur, car malgré la tragédie qui continue de se jouer dans la dynastie Skywalker-Solo, le film fait souvent sourire. Parfois avec un humour rafraichissant, parfois involontairement…

 

C’était bien vu d’avoir tenté l’humour. Même si on est d’accord que ça ne fonctionne pas à tous les coups. Pareil pour le rythme et le découpage du film qui manque d’unité. Dommage que la première partie avec Luke Skywalker ne soit pas aussi épique que prévu. Ils auraient bien fait de développer davantage le flashback de Luke sur le Temple des Jedi. Ça aurait apporté plus de dramaturgie et appuyé son trauma. Et toi qui est une spécialiste de la musique, tu en as pensé quoi ? J’ai l’impression qu’il n’y a plus aucune volonté de recherche de ce côté là…

 

Minimum syndical, c’est vrai. Mais les trois premières notes des thèmes épiques de John Williams suffisent à faire se dresser les poils de l’avant-bras. Le très joli thème de Rey, composé pour l’épisode 7, reste le meilleur morceau de cette BO.

 

Euh, trois notes depuis 1977, c’est un peu léger, quand même, non ? (rires) Bon ok, j’exagère.

 
 

Mon plus gros regret c’est l’inutilité totale (ou presque) de Finn dans cet épisode. Sa dynamique avec Rey était le sel comique, épique et presque romantique du Réveil de la Force. Séparé de son alter ego, Finn a bien du mal à exister, malgré la naissance d’un triangle amoureux avec la badass Rose.

 

Finn disparaît mais au profit de Poe, beaucoup plus présent, beaucoup plus tête brûlée comme on aime. Et Laura Dern en bras droit de la Princesse Leia, on valide ou pas?

 

Ah oui ! Ah oui, oui, oui ! Moi je suis prête à valider Oscar Isaac sous toutes les coutures de toute façon.

 
 

Je me doute que tu sur-valides Oscar Isaac (Poe) mais je te demandais aussi ce que tu pensais de Laura Dern. (rires)

 

Oups… Alors je valide aussi Laura Dern mais de manière beaucoup moins tactile. On laisse le leadership de la Rébellion dans les mains d’une femme, même quand Leia n’en est plus capable. Son sacrifice n’en est que plus fort. En revenant deux secondes sur Carrie Fisher, j’avoue avoir été pas mal émue par sa prestation. Elle a un je ne sais quoi de doux amer, de désabusé. Leia est blessée, définitivement détachée de son fils et elle perd son frère, la dernière personne importante qui restait encore dans sa vie. La disparition de Carrie Fisher rend tout cela rétrospectivement encore plus triste. La larmiche n’était pas loin… Par contre on s’en balek complet de Benicio Del Toro.

 

Tout à fait. Et c’est bien dommage d’ailleurs, car il lui avait trouvé un bon petit look de paria qui déchire. En attendant l’épisode 9, sans doute. Par contre, le conflit et la connexion entre Rey et Kylo sont beaucoup plus soignés dans ce nouvel épisode. Ils parviennent à ménager un suspense sur le basculement de l’un ou de l’autre. Côté obscur, côté clair, entre les deux leurs cœurs balancent, et pas qu’un peu.

 

Le lien entre ces deux-là est définitivement le point le plus intéressant de cette nouvelle trilogie. Et l’énigme la plus intrigante aussi. Pourquoi sont-ils connectés ? Qui manipule l’autre ? Et, que ce soit Abrams ou Johnson, on se garde bien de lâcher le morceau trop vite, au contraire, on en joue même.

 

Je pensais qu’ils étaient frère et sœur et avaient été séparés à la naissance comme Luke et Leia. Mais il semblerait que ce ne soit pas si simple. Réponse au prochain épisode ? (Ou pas).

 



 

Notre grand dossier Star Wars continue !

Où l’on vous raconte en détails toute l’histoire de la saga galactique, les années 1970 et l’ascension de George Lucas, les années 2000 et son retour tant espéré. Sans oublier nos avis éclairés sur la nouvelle trilogie.

C’est par ici.

 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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