Stranger Things, E.T. caetera

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Si vous avez manqué le début : 1983, Hawkins, Indiana. Après une énième partie de Donjons & Dragons, Will Buyers disparait sur le chemin du retour. Dans leurs recherches pour le retrouver, sa mère, son frère, le chef de la police et ses copains sont témoins d’événements surnaturels étranges. Et si Eleven, la mystérieuse jeune fille que ces derniers ont découvert dans la forêt, était la clé du mystère ?

Proposée comme série de l’été sur Netflix, Stranger Things, variation nostalgeek autour des productions Amblin, a ravivé l’esprit d’aventure de tout bon kid des eighties qui se respecte. Vous savez, cet enfant ou adolescent nourri aux VHS multi-visionnées de films qui ont façonné l’imaginaire de toute une génération. Amblin était sa machine à rêves. Une boîte de production chapeautée par Steven Spielberg et ses fidèles lieutenants, Kathleen Kennedy et Frank Marshall, et à qui l’on doit E.T., Retour vers le futur, Gremlins, L’aventure intérieure, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, les Goonies… et tant d’autres.
Il y avait au coeur de ces films plusieurs composantes qui en faisaient probablement le succès : la famille, l’amitié et l’aventure. Chaque film prouvait aux gamins qu’ils pouvaient être les héros d’odyssées extraordinaires. Avec Stranger Things, les frères Duffer, purs produits des années 80 puisqu’ils y sont nés, rendent hommage à cette décennie où les aventures de jeunes héros intrépides flirtaient avec le fantastique.

Acceptable in the 80’s

D’aucuns reprochent à la série de n’être qu’un fatras de références n’allant pas au-delà de l’hommage, et taxent ses auteurs d’opportunisme. Faits déjà imputés à J.J Abrams et Super 8, et à David Sandberg et Kung Fury. À l’heure où une vague nauséabonde de remakes et reboots en tous genres pillent nos années 80 (S.O.S Fantômes au cinéma, MacGyver à la télé, pour ne citer qu’eux), les Duffer Brothers osent la déclaration d’amour à un genre dont ils embrassent, certes, les codes et l’imagerie, mais où l’originalité et la poésie prennent souvent le dessus. Les jumeaux, en revivant leur fascination pré-adolescente, déclenchent une mélancolie générationnelle qui démontre que l’hommage est tout sauf vain. Il ne s’agit alors plus de « faire comme », mais de « faire à nouveau ».
Les références sont assumées, voire digérées, et Stranger Things ne manque pas de personnalité. Chaque sous-groupe de la communauté d’Hawkins vit une aventure à sa hauteur, et dans un thème différent. La recherche de Will se transforme en drame pour sa mère, en thriller pour le chef de la police, en aventure pour sa bande de copains et en quête horrifique pour leurs frères et soeurs adolescents.

Fille perdue, cheveux ras

La chasse aux clins d’oeil est faisable à chaque épisode. Alien, E.T., les Goonies, Poltergeist, Rencontres du 3è type, Stand By Me… ils sont tous là, tapis dans l’ombre, aux côtés des monstres terribles, des questionnements et des peurs adolescentes. Le spectre du surnaturel à la Stephen King et de l’angoisse à la John Carpenter qui plane, symbolise surtout l’enfance qui s’en va. L’enfance de ces gamins extraordinaires de fraîcheur et de naturel, des freaks et des geeks au milieu desquels une fille perdue aux cheveux ras est amenée à éclore dans les années à venir. Retenez bien le nom de Millie Bobby Brown.
Paranoïa post Guerre froide, complot gouvernemental, expérimentations scientifiques, nerds intrépides, Wynona Rider en mère déphasée et un poil hystéro… Tout ça fleure bon le déjà-vu mais on s’y replonge avec plaisir, les mains vissées sur le guidon du BMX, la casquette sur le crâne et la géniale électro minimaliste de Kyle Dixon et Michael Stein dans les oreilles.

Brillante et maligne, Stranger Things en appelle à un sentiment des plus noble : la gratitude. La reconnaissance des frères Duffer envers l’imaginaire Spielbergien est un plaidoyer pour la nostalgie. Et nous voici nous, en 2016, déjà nostalgiques de Stranger Things et impatients d’en voir la suite. Leur pari n’est-il pas, alors, réussi ?

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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  1. […] la nostalgie des eighties dans la très Amblinienne Stranger Things, Netflix recule d’une décennie pour plonger avec fièvre dans les seventies et les premiers […]

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