Suburra : carnet de balles

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 1

PopAndUp140Suburra

Si vous avez manqué le début : À Rome, la mort par overdose d’une prostituée mineure enclenche une incontrôlable spirale de violence.

L’envie de crier « Yeah ! » en pleine projection, de dire « Encore ! » après une séquence encore plus dingue que la précédente, d’applaudir à tout rompre, même si ça ne sert à rien, lorsque la salle se rallume. Oui, Suburra, c’est tout cela à la fois. Un « shoot » de cinéma à en frémir d’enthousiasme, extraverti jusqu’au délire, saturé de prouesses audiovisuelles, d’intrigues emboîtées comme les pièces d’un indissociable puzzle, de violence froide, d’érotisme toxique…

Pourtant, rien ne semble a priori le distinguer des innombrables « polars mafieux » qui déferlent sur les écrans. Sauf que rarement, si ce n’est dans le déjà classique Il Divo, de Paolo Sorrentino, des ingrédients comme la corruption politique ou les coulisses du banditisme n’avaient donné un résultat aussi spectaculaire et électrisant.

Entre un « ripou » du parlement italien, des affrontements entre bandes rivales, des carnages et des vengeances comme s’il en pleuvait, sans oublier une incursion étonnamment poignante dans les officines du Vatican (et si Benoît XVI avait démissionné à cause de son impuissance à endiguer la décadence ambiante ?), c’est une véritable corrida de péripéties qui se déroule sous nos yeux à la manière d’une série télé qui nous laisserait le souffle littéralement coupé toutes les dix minutes en attendant la suite. Quand on sait que le réalisateur Stefano Sollima est aussi le créateur de la déclinaison cathodique de Gomorra, et que le présent film va bientôt faire l’objet d’un feuilleton sur Netflix, ça n’a d’ailleurs rien de très étonnant.

Mis en scène avec une ampleur aux excès assumés, capable de faire exister tous ses personnages, Suburra combine rage fulminante, lyrisme opératique et solennité de cathédrale au service d’un uppercut à entrées multiples qui, au passage, ne se prive pas d’administrer quelques vérités, certes pas révolutionnaires, mais sacrément bien senties.

Top Tw3ets

 

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

One Response

Laissez un commentaire