The Nice Guys, les bons samaritains

Classé dans : Cinéma, Home, Le 140 | 2

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Si vous avez manqué le début : Los Angeles, circa 1977. Jackson Healy, homme de main à louer, et Holland March, détective privé les deux pieds dans la lose, se trouvent contraint de collaborer. Chargés d’enquêter sur l’étrange mort d’une starlette, les voici à la recherche d’Amelia, un témoin dans de beaux draps. Leur méthodes d’investigation (que nous qualifierons de particulières), les mèneront à mettre à jour une conspiration d’ordre politique…

Si le duo Ryan Gosling-Russell Crowe est bien évidemment alléchant, le nom de Shane Black derrière la machine à écrire et la caméra de The Nice Guys, l’est tout autant. Maître absolu du buddy movie (on lui doit les scénarios de L’Arme Fatale et du Dernier Samaritain), la fin des années 90 furent fatales à son cinéma du cool. Il ne revient qu’à la faveur d’une première réalisation, Kiss Kiss Bang Bang, en 2005.
Il fait alors siens les ressorts qui valurent le succès à ses scripts : un duo de pieds nickelés, interprétés par les alors has been Robert Downey Jr. et Val Kilmer, se retrouve au coeur d’une enquête improbable. Exploitant toujours la même dynamique, Black ne lasse pourtant jamais, et ce grâce à un humour barré, des dialogues explosifs et cet amour infini du detective movie. Après une parenthèse dispensable dans le Marvel Universe, où il a retrouvé son pote Downey Jr. pour Iron Man 3, le voilà de retour aux affaires avec The Nice Guys.

Rétro, boulot, duo

The Nice Guys baigne dans tout ce qui nous rend nostalgique des années 70, qui plus est à Los Angeles : la liberté, le sexe et les scandales. Le film a la coolitude des seventies, cette époque où l’on pouvait tranquillement fumer, boire, baiser et se faire cramer les poumons par le smog, ce fog irréel chargé d’ozone qui enveloppe régulièrement L.A et qui est au coeur de l’intrigue du film.
Black lâche sur la piste d’Amelia, mi porno-star, mi égérie contestataire, un duo mal assorti composé d’un privé bras cassé (au propre comme au figuré) et d’un ours mal léché au coeur tendre. L’alchimie semble inée entre Gosling et Crowe. Habitués à la moue de beaux gosses ou au front ridé des rôles sérieux, les deux acteurs se lâchent en losers attachants, finalement plus sensibles qu’on ne le croit. Entre les deux, Angourie Rice, qui interprète la fille de Gosling, est une épatante révélation. Sorte de Veronica Mars pré-pubère, elle les épaule dans leur enquête (le plus souvent contre leur gré) et s’avère être la plus maligne des trois.

Pop Fiction

Décomplexé, The Nice Guys est un film noir vintage, pop et généreux. Un étonnant mélange de polar classieux, à la L.A Confidential ou Chinatown, et de comédie burlesque à la Blake Edwards. On y rit volontiers (et parfois fort) grâce aux punchlines imparable de Shane Black. La facilité et la précision de son écriture se fait remarquable quand, derrière la déconne, les gunfights, et l’iconographie disco, il arrive à cacher un commentaire politique sur l’Amérique corrompue.
Mais l’atout principal de The Nice Guys réside en deux mots : Ryan et Gosling. Le potentiel comique de l’acteur, entraperçu dans Crazy, Stupid, Love, fait ici des merveilles. Souvent accusé d’être mono-expressif, Gosling porte tout le burlesque du film sur ses épaules. En néo-Inspecteur Clouseau, il érige la maladresse au rang d’art. Il tombe, se crashe, se taillade les veines, morfle… Bref, il prend cher de manière totalement involontaire mais complètement désopilante. Et on en redemande, à croire qu’on aime le voir souffrir.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

2 Responses

  1. […] privé à l’humour ravageur de The Nice Guys, Ryan Gosling a plus de style que jamais. Retour sur ses […]

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