The Revenant, into the wild

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 1

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Si vous avez manqué le début : Trappeur dans le Grand Ouest Américain, Hugh Glass est laissé pour mort par ses compagnons de route après avoir été attaqué par un ours et avoir perdu tout ce qui faisait de lui un homme. Hanté par la vengeance, il organise sa survie et parcourt plus de 300km en terres hostiles pour assouvir sa revanche.

Alejandro González Iñárritu, auréolé des louanges et récompenses glanées grâce à son virtuose Birdman, aurait pu se reposer tranquillement sur ses lauriers ou pavaner avec ses camarades, Guillermo Del Toro et Alfonso Cuarón, sur la manière dont leur petit gang de mexicains était en train de faire main basse sur Hollywood.
Animé d’un féroce appétit d’esthète du 7è art, il a préféré se lancer dans ce qui semble être l’aventure cinématographique d’une vie, un tournage dont la réputation précède la moindre image.
Avec The Revenant, Iñárritu assoit encore un peu plus son statut de cinéaste de l’immersion la plus totale au service du grand écran. Provoquée par d’intenses plans séquences et un grand angle qui vous cloue au siège, l’immersion made in Iñárritu nous rapproche toujours plus d’un cinéma à 360°, où le spectateur devient l’acteur et la victime consentante d’un déchaînement de bestialité plein cadre.
Et le réalisateur nous y plonge dès les premières minutes, au coeur d’une bataille entre indiens et trappeurs où des flèches nous frôlent le visage et viennent siffler à nos oreilles. Car Glass c’est nous. Bon, et aussi un peu Leonardo DiCaprio.

Un Oscar pour Leo ?

DiCaprio est au-delà même du jeu dans The Revenant. Lui, à qui l’on n’ose plus prédire l’Oscar du meilleur acteur, embrasse ce rôle hors normes, bave aux lèvres et morve au nez. Jusqu’à l’excès diront certains, en pleine transcendance diront les autres, Leo est Hugh Glass.
En lutte contre ses démons et en communion de gré ou de force avec les éléments, Glass repousse sans cesse la mort. Il va pour cela jusqu’à renier son humanité, quitte à signer un pacte avec la nature comme il pourrait le faire avec le diable.
Ce chemin de croix qui l’envoie à la poursuite des hommes qui l’ont abandonné, est autant une expérience sensorielle intense qu’une chasse à l’homme dans l’enfer blanc du Grand Ouest.
Guidé par l’instinct de survie et un terrible appétit de vengeance paternelle, Glass renaît dans la violence la plus extrême et DiCaprio lui apporte la rage et la radicalité nécessaire.

 

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Iñárritu et Lubezki, profession : orfèvres

The Revenant est un paradoxe. Il marie une beauté naturaliste spectaculaire et sauvage avec une violence qui dépasse l’entendement. A mi-chemin entre le western et le survival en milieu hostile, The Revenant c’est Danse avec les loups qui rencontre Gravity sous le regard amoureux du Nouveau Monde.
Iñárritu mixe ici le cinéma d’auteur symbolique, tendance Terrence Malick, et le film de quête à la technique ultra-maîtrisée. Cette maîtrise du réalisateur mexicain éclabousse l’écran. D’aucuns la trouveront artificielle, mais en artisan du cinéma, Iñárritu la place au service entier de son film.
On lui souhaite qu’elle ne finisse pas en boursoufflure malickienne, sublimée par la grâce esthétique du directeur de la photographie qu’ils partagent, le virtuose Emmanuel Lubezki. Véritable orfèvre de la lumière naturelle, il fait de The Revenant une toile de maître. 

Human after all

Spectateur d’une avalanche impromptue, aux prises avec les griffes d’un ours qui nous déchirent la chair, pris au piège de la chute vertigineuse de notre cheval, nauséeux d’avoir arraché à pleine dents le foie encore palpitant d’un bison pour nous nourrir… The Revenant nous exhorte à être plus qu’un simple spectateur, à ressentir au plus profond de nos tripes cet éprouvant voyage, quitte à faire de sa narration un à côté au spectacle et à effleurer un sujet aussi ample que le génocide des amérindiens.
Mais le spectacle, bien que parfois too much et entrecoupé de moments de flottement, est si fascinant, si total, que l’on ne ressort pas indemne de 2h36 d’un combat, intense pour les sens, entre l’homme et la nature.
C’est la vengeance qui maintenait Glass en vie. Mais dès qu’il la tient au creux de sa main, vient poindre de nouveau dans le regard du revenant, l’humanité. Enfin. Et vous n’êtes pas prêt d’oublier ce regard.

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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