This Is Not a Love Story, l’âge de grâce

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 2

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Si vous avez manqué le début : Greg a trouvé une technique imparable pour passer inaperçu au lycée : copiner avec tout le monde sans jamais s’impliquer émotionnellement avec personne. Avec son seul ami Earl, il attend patiemment la quille de fin d’études sans faire de vague. Autant dire qu’il n’avait pas besoin d’une nouvelle amie. Encore moins d’une nouvelle amie atteinte d’une leucémie.

L’adolescence, c’est cet âge de grâce, perdu, ou plutôt gaspillé d’avance, car jamais apprécié à sa juste valeur au moment où on le vit. Quand le cinéma s’en approche, il lui faut déployer des trésors de subtilité pour approcher sa vérité. Ici, tricher ne pardonne pas. Ce serait, à coup sûr, tout faire foirer, se vautrer dans du sucre dégoulinant ou un produit attrape-gogos à forte morale ajoutée.

Mais, quand le point d’équilibre est trouvé entre la fragilité de ces êtres en construction et leur incroyable force de vie, alors, l’adolescence offre au cinéma des chroniques en apesanteur aussi rayonnantes que Le monde de Charlie, Boyhood, Juno ou Breakfast Club. This Is Not a Love Story rejoint illico ces miraculés, en même temps que la liste des meilleurs films de l’année 2015.

Ado, l’essence

La première force de This Is Not a Love Story réside dans l’écriture de ses personnages d’adolescents. Thomas Mann (Projet X) campe Greg, le héros qui manie l’autodérision comme un bouclier et qui, à force de se considérer en marge des jeux de pouvoir étudiant en tire sans le savoir un sentiment de supériorité. RJ Cyler, joue son acolyte relax et psychologue quand Olivia Cooke (Bates Motel), l’amie de dernière minute, est celle qui va faire basculer le monde de Greg. La maladie, on la traite ici en la prenant de haut, parce que la chambrer, c’est aussi une manière d’y résister.

Le réalisateur Alfonso Gomez-Rejon cerne parfaitement les codes du lycée, cette prison dont a l’impression qu’on ne sortira jamais, avec ses différents clans auquel Greg se défend d’appartenir.

This Is Not a Love Story est tout à la fois ce magnifique regard sur l’adolescence, un hommage gouleyant au cinéma (Greg et Earl détournent des classiques avec trois bouts de ficelles), et une bourrasque d’émotion qui finit par vous revenir en plein visage, en même temps qu’elle vous sèche sur place.

Une merveille à découvrir d’urgence

Après avoir fait la tournée des festivals (Toronto, Locarno…) et avoir remporté le grand prix du jury et le prix du public au festival de Sundance 2015, This Is Not a Love Story (ou plutôt Me and Earl and the Dying Girl, son titre original, nettement moins interchangeable) sort donc aujourd’hui dans nos salles. Non seulement on vous le recommande car il restera l’un des plus beaux films de 2015, mais on vous conseille de le voir vite, étant donné le nombre de copies scandaleusement dérisoires sur lequel il est distribué.

 

Voici où vous pouvez découvrir This Is Not a Love Story : à Aix en Provence (Mazarin), Angers (400 Coups), Bordeaux (Utopia), Lille (Majestic), Lyon (Comédia), Montpellier (Capitole), Nancy (Caméo St Sébastien), Nantes (Katorza), Paris (Cinéma Publicis), Strasbourg (St Ex) et Toulouse (Utopia).

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

2 Responses

  1. […] sortie du précieux This is not a love story replonge la rédaction de Pop’Up dans ces films sur l’adolescence touchés par la grâce. Et […]

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