This Is Us, leur nom est Pearson

Classé dans : Home, Le 140, Séries | 0

Si vous avez manqué le début : Jack attend avec sa femme Rebecca la naissance de leurs triplés, Kevin quitte son job d’acteur dans une sitcom merdique, Kate se décide enfin à vaincre son obésité morbide tandis que Randall part à la recherche du père biologique qui l’a abandonné à sa naissance. Tout ceci le jour de leurs 36 ans, date d’anniversaire qu’ils partagent.


AVERTISSEMENT : ON A ESSAYÉ D’ÉCRIRE UNE CRITIQUE 100% SPOILERS FREE MAIS SI VOUS AVEZ VU LA SÉRIE VOUS SAVEZ QUE C’EST IMPOSSIBLE. LES AUTRES, ON VOUS AURA PRÉVENU…

A l’heure où la télévision américaine s’échine à imaginer des personnages bigger than life, allant du hacker dépressif et paranoïaque au prof cancéreux reconverti en baron de la drogue, l’originalité de This Is Us réside dans sa simplicité. Tout est déjà dans le titre : This is us, c’est nous. Ce « nous » étant à la fois les membres de la famille Pearson et chacun des téléspectateurs amené, sans aucun doute, à se reconnaître dans les événements dépeints par la série de Dan Fogelman (Crazy Stupid Love, Raiponce, Galavant…).
This Is Us est un mélodrame choral d’une simplicité émotionnelle universelle, un éloge de la sensibilité qui s’assure que nos glandes lacrymales et notre karma restent bien hydratés. Un petit miracle de série qui a su toucher l’Amérique et s’apprête à renverser la France, dès le 6 avril sur Canal+.

Time after time

This Is Us ne raconte rien de nouveau : les doutes, les peurs, les joies, les peines, les objectifs, les accomplissements, bref le quotidien de millions de familles. Mais l’efficacité de son dispositif narratif et la familiarité des histoires qu’elle raconte en font immédiatement un cocon réconfortant, l’une de ces séries doudou contre lesquelles on aime se blottir, bercés qui plus est par les voix de Sufjan Stevens, Labi Siffre, Alexi Murdoch, Nick Drake ou Damien Jurado.
Jack, Kevin, Kate et Randall semblent, au début de la série, ne partager qu’une même date de naissance. Le twist scénaristique qui les rend père et enfants multiplie les possibilités de storytelling et permet un enlacement des timelines captivant. L’album de famille des Pearson et des personnes qu’ils côtoient se déploie alors sur quatre décennies, des années 80 à nos jours. Fogelman, maître du temps, utilise celui-ci comme un élastique, se servant des flashbacks de son récit comme soupapes de décompression, comme ellipses ou comme vecteurs de révélations. 
Ce savant jeu d’équilibriste, sans cesse sur le fil, permet à Fogelman de distiller les surprises et à nous de mieux connaître et comprendre les personnages dans le présent. Ils n’en deviennent que plus attachant, capables dans une même scène de nous faire passer du rire aux larmes.

 

 

Besoin des Pearson

Dans la lignée des fictions familiales à la fois extras et ordinaires, This Is Us semble avoir trouvé sa place entre Parenthood et Gilmore Girls. Tout comme ses illustres aînées, elle prend le temps de s’arrêter sur la beauté des liens du sang et du coeur mais, surtout, de célébrer la richesse qu’il y a à tirer de nos différences, de nos blessures.
Malgré les questionnements identitaires, les choix douloureux et les projets inaboutis, la fratrie Pearson (interprétée par Justin Hartley, Chrissy Metz et Sterling K. Brown en état de grâce) ne cherche au fond qu’une chose : le bonheur. C’est ce qui pousse Kevin à tenir compte de ses ambitions, Kate à prendre enfin soin d’elle et Randall à décompresser en « ouvrant la fenêtre et en montant le son », comme lui conseille William, son père biologique (le poignant Ron Cephas Jones).
Jack et Rebecca (Milo Ventimiglia et Mandy Moore, charismatiques en diable) font eux face aux challenges de la parentalité, de l’adoption, du couple et des ambitions personnelles, toujours portés par l’amour inconditionnel qu’ils se portent ainsi qu’à leurs enfants.

On ne choisit pas sa famille

This Is Us est humaniste, sans doute idéaliste, mais elle arrive à rester douce sans être pathos, bienveillante sans être excessive, excitante sans être prévisible. Si elle y appose un baume apaisant, la série n’évite pas le tourbillon de la vie : Rebecca est confrontée à son propre égoïsme, Jack à son alcoolisme, William à l’addiction et à la maladie, Kate à l’obésité, Kevin à la solitude et Randall au racisme et au deuil. Mais This Is Us choisit toujours la lumière, même dans un bouleversant voyage vers Memphis, dernier arrêt pour William.

Cyniques, vous l’aurez compris, passez votre chemin. Rarement aura-t-on eu la certitude aussi tenace d’être profondément compris. Si l’on pouvait choisir sa famille, nous, clairement, on choisirait les Pearson.

 


Top Tw3ets


 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Suivre Marine Bienvenot:

Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

Laissez un commentaire