Trois souvenirs de Palmes d’or

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Cannes, J-1. Si Arnaud Desplechin profitera de Cannes pour se pencher sur Trois souvenirs de sa jeunesse, nous autres rédacteurs nous penchons sur nos Palmes d’Or ultimes et élisons notre poulain 2015. Vivement demain.

 

Clément

Clément

Ma Palme des Palmes : En 1994, j’ai dix ans. L’âge de regarder des films et de faire des découvertes, l’âge de m’intéresser au cinéma et de l’aimer. J’ai de vagues souvenirs de Quentin Tarantino en haut des marches. Un personnage au physique atypique et au débit fulgurent. J’entendais Pulp Fiction dans tous les coins sans pouvoir le voir. Quelques années plus tard, c’est un choc. Virulent, brutal, enivrant, le summum du montage et du contraste cinématographique, un monument bétonné par un ciment de références. C’était de l’art et ça allait être la boussole de ma cinéphilie.

Ma potentielle Palme 2015 : Entre Van Sant, Moretti, Donzelli, Audiard, Sorrentino ou encore Garrone, c’est Maïwenn que j’attendrais avec Mon Roi. Pas parce que je défends aveuglément son film que je n’ai pas encore vu, mais parce qu’elle a dans son cinéma la fraîcheur et la sincérité qu’il est rare de trouver dans le paysage du cinéma français contemporain et que j’espère retrouver cette année. J’entends déjà certain contester ce choix. Je resterais (pour le moment) sur l’hypothèse d’un nouveau film intelligent dont j’aimerais certainement parler plus tard, en bien ou en mal.

palme clem

marine bienvenot

Marine

Ma Palme des Palmes J’aurais pu dire Pulp Fiction. J’aurais pu dire Elephant. Mais finalement je dis La Leçon de Piano. Et ouais. Pour son hypersensibilité, son extrême beauté, sa douceur brutale, sa sublime musique, pour le jeu d’une violence muette d’Holly Hunter récompensée d’un Prix d’interprétation… Et pour Jane Campion, première femme à recevoir la Palme d’Or après 46 éditions et, en 2014, à présider le Jury des longs-métrage. La Leçon de Piano fut un choc esthétique qui, quand je l’ai découvert bien après 1993, m’avait fait me pencher sur ce petit festival de la Côte d’Azur qui récompensait de si beaux films.

Ma potentielle Palme 2015Mon petit poulain pour cette 68è édition s’appelle Hirokazu Kore-eda (et pas seulement parce que je veux que vous prononciez son nom à voix haute d’un air dubitatif). Bien que je sois loin d’être une aficionada du cinéma asiatique, j’aime d’amour les films de Kore-eda. Poète sensible, son cinéma sublime les tourments familiaux et les liens fraternels avec douceur. Notre petite soeur devrait encore titiller notre corde sensible. Après avoir glané un Prix d’interprétation avec Nobody Knows et le Prix du Jury avec Tel père, tel fils, la suite logique serait la Palme d’or. Et si Notre petite soeur est à la hauteur de ces délicats aînés, ce ne serait que justice.

palme marine

Christophe Chadefaud

Christophe

Ma Palme des PalmesEn un film comme dans un souffle, Abdellatif Kechiche a capturé l’essence de la vie, la fougue d’un cœur qui s’emballe pour la première fois, les corps en fusion, insatiables de l’autre, les larmes brûlantes qui vous mordent le visage quand tout se brise… Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux s’aiment sans réserve, sans artifice, offertes toutes entières à un metteur en scène dont on s’est gargarisé de sa tyrannie et sa manipulation. Vain débat. Qui reprocherait encore aujourd’hui au vénéré Hitchcock d’avoir été ce sadique patenté avec ses actrices ? Oui, on s’en fout. A la polémique stérile, on préfère l’ivresse de La vie d’Adèle, cri d’amour qui résonne à jamais dans l’histoire du cinéma.

Ma potentielle Palme 2015Il tourne peu mais sacrément bien, Todd Haynes. Dans I’m not there, il analyse les différentes facettes du prisme Bob Dylan. Dans Loin du paradis, c’est la lente agonie de l’épouse parfaite, corsetée jusqu’à l’asphyxie par l’Amérique des années 1950. Avec Velvet Goldmine, il plonge dans une arène des milles et une nuit glam-rock face à deux bêtes de scène spectaculaires. Avec Carol, il love Cate Blanchett et Rooney Mara dans un road movie impromptu. Fissures et palpitants en cavale dans une mise en scène en forme de gant de velours, c’est tout ce que l’on attend de Carol. Et qui vaudrait bien à Todd Haynes une première Palme d’Or.

palme chrch

 

Pour revoir toute la sélection 2015 en images, c’est par ici

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