UnReal, aux frontières du réel

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Lancé au début de l’été sur la chaîne américaine Lifetime, UnReal égratigne les coulisses dirty des émissions de télé-réalité. Dans le camp des candidats comme de la production, manipulation, faux-semblants et mensonges sont monnaie courante… Et le linge sale se lave devant les caméras, qu’on le veuille au non.

Une villa magnifique sur les hauteurs d’Hollywood, un bel héritier anglais triturant nerveusement son costume, des limousines d’où débarquent des jeunes femmes toutes plus belles les unes que les autres, ayant pour seul but de charmer l’éphèbe au premier regard… La scène semble familière, bis repetita de tout ce que le PAF diffuse d’émissions de dating, du Bachelor à Qui veut épouser mon fils? Et c’est par ce petit bout de la lorgnette que nous rentrons dans l’univers de Everlasting, le Bachelor parodié par UnReal.

Créé par Sarah Gertrude Shapiro, qui connait bien cet univers pour avoir été productrice de la version US du Bachelor, UnReal ne se contente pas de caricaturer les codes de la télé-réalité. Si Sports Night, 30 Rock ou The Newsroom, avaient déjà tenté de nous infiltrer dans les coulisses d’une émission télé, de sa préparation à ses enjeux publicitaires, UnReal choisit d’aborder le côté cynique de ces reality shows qui n’ont de réel que le nom. Loin de l’époque où des candidats pouvaient batifoler naïvement dans une piscine en oubliant que des millions de téléspectateurs assistaient à leurs ébats, être candidat est aujourd’hui devenu un métier. Les épisodes sont pour la plupart écrits, et ceux qui sont aujourd’hui reconnus acteurs montrent aux spectateurs exactement ce qu’ils veulent voir. Ils gèrent au mieux leur image, espérant tenir un peu plus qu’un quart d’heure au sommet de la gloire, quitte à renier principes et codes moraux dans l’espoir d’une nouvelle vie.

 

En ne se contentant pas d’étriller cette industrie futile, UnReal montre subtilement comment, aujourd’hui, la télé-réalité a échappé à ses créateurs et à son concept de départ pour ne devenir qu’un électron libre lâché sur nos écrans à trop forte dose. D’un côté, les équipes de production essayent de manipuler les participants pour obtenir « de la bonne TV ». De l’autre, des candidats de moins en moins candides pensent pouvoir retourner le système à leur avantage. Pour mieux les analyser, UnReal décortique le moindre rouage de ces productions écrites jusqu’à la moindre larme. Pour ce faire, ses deux principaux outils se nomment Rachel Goldberg (Shiri Appleby, Roswell) et Quinn King (Constance Zimmer, House Of Cards). L’une est une assistante de production particulièrement douée pour obtenir ce qu’elle veut des candidats par la manipulation. Après avoir pété un câble lors de la précédente édition de l’émission, elle remet le couvert et hésite entre coups bas et états d’âme. L’autre, productrice royale qui ne fait pas dans le sentiment, est prête à TOUT pour que l’émission soit la plus trash possible : faire perdre sa virginité à une candidate en direct, faire venir à l’insu d’une participante son ex-mari violent pour un face à face, obliger une jeune femme noire à surjouer les stéréotypes de sa communauté sous peine d’élimination précoce…

Cynique, UnReal ? Forcément. On y voit le fameux bachelor rejouer une scène jugée pas assez sexy par la productrice, des candidates affamées ou saoulées pour obtenir, sous couvert de la fatigue ou de l’énervement, des scènes d’anthologie. Mais la série n’aime pas les étiquettes. Sur la forme, elle refuse de choisir entre télé-réalité, documentaire, drama, soap ou comédie. Elle est tout à la fois.
Sachant flatter notre côté voyeur, UnReal montre le trash arrangé du face caméra sans oublier de faire intelligemment le procès de ces machines à broyer l’humain. Derrière le bling bling se cache bien souvent des dessous peu ragoûtants et les personnages d’UnReal, paradoxaux et moins lisses qu’ils n’y paraissent, permettent de regarder la série d’un oeil finalement bienveillant. Bitchy-guilty pleasure de l’été, la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison. Qui a dit que la télé-réalité ne faisait plus recette ?

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

3 Responses

  1. […] leurs preuves (Orange is the new black), des guilty pleasures qui font monter la température (Unreal cette année), des teen shows pour occuper une jeunesse alanguie par la chaleur (Awkward), ou bien […]

  2. […] Lire notre critique de la 1ère saison ici. […]

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