Woody Allen et la magie en 5 films

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A l’heure où tonton Woody (oui, avec un film par an on peut dire qu’il fait partie de la famille) ajoute à sa filmographie l’année 2014 avec Magic in the Moonlight, charmante sucrerie romantique au goût suranné des années 20, revenons sur la passion du maître pour la magie. Car si un film allenien est repérable à sa musique jazz et ses standards de Cole Porter, à sa typo de titre Windsor, à ses dialogues ciselés sur les grand thèmes de la vie, à ses panoramas de New York, à ses promenades au clair de lune ou bien encore à ses personnages névrosés au débit mitraillette (souvent joués par le réalisateur lui-même), on y trouve toujours également un soupçon de magie. Enfin quand je dis magie, c’est aussi l’illusion, l’hypnose ou bien encore la prestidigitation, car Woody Allen a utilisé plus d’un tour au cours des années. La preuve en 5 films, incontournables bien entendu.

Emma Stone dans Magic in the moonlight

Magic in the Moonlight (2014) – Le petit dernier de la famille nous offre un duo d’illusionnistes. On y suit un magicien (Colin Firth), sûr de lui et de ses tours, engagé pour confondre une charmante medium soupçonnée d’arnaquer une riche famille de mondains sur la Côte d’Azur (Emma Stone). Ou du moins essayer. Et c’est ici la question de la croyance que le réalisateur pose. Au nom de quoi croit-on, se laisse-t-on berner ? La recherche du bonheur augmente-t-elle le risque de se laisser duper ? Mais au final l’ultime interrogation demeure celle-ci : un homme qui se joue des apparences peut-il pour autant se laisser piéger par ces dernières ?
Woody Allen et Helen Hunt dans Le sortilège du scorpion de JadeLe Sortilège du scorpion de jade (2001) – Place à l’hypnose dans ce film de 2001. Allen acteur, une fois n’est pas coutume, y campe l’incorruptible enquêteur d’une compagnie d’assurance qui, après une séance d’hypnose, n’est plus maître de lui-même. Obligé de voler des bijoux pour le compte de son hypnotiseur et rendu amoureux fou de son ennemie jurée (Helen Hunt), Allen aborde avec humour le moment où la magie quitte le divertissement pour prendre possession de son public. Qui n’aurait pas peur de perdre son libre-arbitre et de ne plus être maître de ses mouvements et pensées ? Allen est bien trop névrosé pour ne pas le craindre. Au sujet du Sortilège… il déclare aujourd’hui « Ce film est une catastrophe dont je suis entièrement responsable. J’ai fait un travail de sagouin ». Il reste malgré tout un bel hommage aux films noirs des 40’s à laquelle le réalisateur apporte une petite touche de … magie.

Owen Wilson dans Minuit à Paris

Minuit à Paris (2011) – S’il y a bien un mot pour définir Minuit à Paris, c’est fantaisie. Owen Wilson, écrivain en recherche d’inspiration, tombe totalement sous le charme de la ville Lumière, au contraire de sa future femme. Arpentant la capitale sous toutes ces charmantes coutures, à minuit il entre dans une vieille voiture qui le transporte dans le Paris des années 20, son époque idéale. Il y rencontre les membres de son panthéon personnel : Hemingway, Dali, Picasso et surtout F. Scott Fitzgerald. Nostalgique, Woody ? Assurément, mais l’être d’une époque qu’il n’a jamais connu révèle encore un peu plus les regrets éternels de l’auteur Allen. Se réfugier grâce à son imaginaire dans une époque que l’on idéalise pour retarder le moment où l’on doit vivre pleinement dans la sienne ? Voilà ce que révèle cette oeuvre fantasque et d’une mélancolie lumineuse.

Mia Farrow et Jeff Daniels dans La Rose Pourpre du Caire

La Rose pourpre du Caire (1985) – Allen ne cache pas que La Rose pourpre… est l’un de ses films préférés. Mais c’est également l’un des chouchous du public et des professionnels avec à la clé 2 BAFTA, le César du meilleur film étranger et près de 2 millions d’entrées en France. Pour son 15ème film, il décide de filmer le fantasme de tout cinéphile : voir sortir de l’écran ses héros de pellicule. La magie rejoint ici l’enfance, le rêve et même l’inconscient car selon le réalisateur l’illusion se « glisse dans mon travail. Je ne décide jamais de l’intégrer à tout prix. Mais la magie s’y insère de toute façon. » Pour ce cynique avoir conscience que le cinéma, comme la magie, ne sont que chimères permet finalement la plus grande des audaces.

scoop copieScoop (2006) – En devenant Splendini, prestidigitateur de son état, Woody Allen réalise un rêve d’enfant, lui qui montait alors sur scène pour montrer les quelques tours qu’il avait dans son sac. Scoop, même s’il n’est pas un poids lourd dans sa filmographie, à l’avantage de le voir allier ses deux passions. Et si l’on osait d’un peu de psychanalyse de comptoir (il ne nous en voudra pas, c’est pratiquement lui qui l’a inventée), le film a un effet cathartique sur son auteur. Il boucle la boucle en somme. Et ce n’est sans doute pas un hasard si, après avoir été victime, il est cette fois-ci l’illusionniste, le marionnettiste ayant les pleins pouvoirs sur son public. Une belle métaphore du metteur en scène, non ?

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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