Bodyguard, état d’urgence

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Cinq ans après le traumatisant “Red Wedding” de Game Of Thrones, Richard Madden martyrise de nouveau votre palpitant avec Bodyguard. Sommet de tension, la série a fasciné les anglais au point d’en faire le programme le plus regardé de l’année, juste après le Mondial de football. Un succès qui se répercute sur Netflix en France. À raison ?

Si vous avez manqué le début : Affecté à la protection de la Ministre de l’Intérieur après un acte de bravoure, David Budd, ancien soldat revenu d’Afghanistan avec un sérieux syndrome de stress post-traumatique, va devoir gérer leurs divergences d’opinion et la menace terroriste qui pèse sur elle.


Bodyguard est une série dangereuse. Dangereuse car vous arrêtez de respirer devant ses épisodes, ce qui peut, selon toute vraisemblance et sous couvert d’une anatomie normale, causer de sérieuses déficiences de type vitales.
La scène d’ouverture de la série en est l’exemple parfait. En voyage avec ses enfants, David Budd se retrouve à devoir négocier avec une kamikaze prête à se faire exploser à bord d’un train. Vingt minutes d’apnée.
Dans la lignée d’Homeland ou du Bureau des Légendes, Bodyguard (rien à voir avec la bluette où Whitney Houston chante “I Will Always Love You” à Kevin Costner, au fait) s’attèle à cartographier la géopolitique contemporaine. Le tout sans stéréotypes mais avec un suspense haletant.

Haute tension

De twists en disparitions inattendues, Bodyguard n’hésite pas à martyriser son spectateur, notamment dans ses trois premiers épisodes à la tension suffocante. Du polar d’espionnage, la série glisse ensuite vers le thriller conspirationniste en explorant les arcanes sombres des services de renseignement.
Bodyguard est anglaise, elle aborde donc les tensions contemporaines liées au terrorisme et à l’état d’urgence d’un point de vue européen. Couplées aux jeux de pouvoir politique et de contre-pouvoir médiatique, le frisson de la familiarité est saisissant.
Jeux de pouvoir donc, mais aussi jeux de dupes. La ministre Julia Montague a des vues sur Downing Street et s’apprête à faire voter une réforme de surveillance de masse pour le moins controversée. Lutte-t-elle contre les actes terroristes ou les organise-t-elle ? David est-il victime d’un complot ou partie prenante de celui-ci ?

Paranoïa

Oser laisser les spectateurs dans le flou quant à la moralité de son personnage principal est un sacré pari. La personnalité trouble du garde du corps nous plonge dans l’incertitude la plus totale.
Brisé par son passé militaire, obligé de protéger une femme aux idées politiques à l’opposé des siennes, David se laisse-t-il contrôler par son syndrome du sauveur ou par les sirènes aveugles de la Loi du talion ? Jusqu’au bout on doute de ses motivations, bien aidé par l’interprétation monolithique de Richard Madden. Il donne corps (et un accent écossais à couper au couteau) à un homme ébranlé et vengeur, à mi-chemin entre Jason Bourne et Travis Bickle.

Il reste néanmoins dommage que les trois derniers épisodes de Bodyguard perdent en intensité et en crédibilité. Jed Mercurio, son showrunner, aura probablement à cœur de réparer ce petit impair dans les futures saisons qui lui semblent acquises après cet incroyable succès. Cela sera même nécessaire tant cette saison pouvait se suffire à elle-même…


 

Bodyguard ▪ Créée par Jed Mercurio ▪ Avec Richard Madden, Keeley Hawes … ▪ Diffusée sur Netflix ▪ 6 épisodes (58 minutes)

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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