Call Me By Your Name, in the mood for love

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Si vous avez manqué le début : Eté 1983. Le jeune Elio passe les vacances avec ses parents, dans leur villa familiale du nord de l’Italie. L’arrivée d’un étudiant américain venu travailler auprès du père d’Elio va faire naître en lui un désir nouveau.

Révélé au grand public en 2010 avec Amore, délicieux drame bourgeois enneigé porté par Tilda Swinton, Luca Guadagnino retrouve ici le nord de l’Italie (après la décevante échappée sicilienne de A Bigger Splash) et adapte avec l’aide du grand James Ivory le roman d’André Aciman, Call Me By Your Name (Plus tard ou jamais en français). Une aventure poignante, aussi sensuelle qu’intelligente.
Le premier amour, dans ce qu’il a d’inconnu, est souvent celui qui s’accompagne des plus profondes souffrances. Celui aussi à l’aune duquel, même contre sa volonté, se mesurent les suivants. C’est de cet amour-là qu’il est question dans Call Me By Your Name, récit d’apprentissage baigné par la chaude lumière de l’Italie.
D’erreurs en hésitations s’y dessinent les contours d’une parade amoureuse où chaque geste, chaque regard, chaque mot comme chaque silence, deviennent les prémisses fugaces d’une passion qui s’avèrera dévorante.

Mystery of love

En faisant le pari de la lenteur pour mieux susciter l’éveil du désir chez ses personnages, le réalisateur et son co-scénariste provoquent des ruptures de rythmes à même d’évoquer le jeu du chat et de la souris auquel se prêtent deux (futurs) amants.
Plus qu’un simple mélodrame amoureux, Guadagnino et Ivory se jouent de nos attentes et déplacent les enjeux du récit vers des contrées nouvelles, inattendues et complexes. Ce n’est alors pas tant l’orientation amoureuse qui fait souffrir, mais bien l’amour lui-même, dans ce qu’il a d’inespéré et d’inconnu.
Idylle fiévreuse où l’insouciance le dispute à la mélancolie, cette escalade émotionnelle aux élans sensoriels est également portée par la photographie languissante de Sayombhu Mukdeeprom (collaborateur d’Apichatpong Weerasethakul) et les mélodies entêtantes de Sufjan Stevens.

Timothée Chalamet, « the next big thing »

Pour donner corps à ce récit, Luca Guadagnino a fait appel à deux acteurs de talents. Armie Hammer incarne à la perfection Oliver, un étudiant américain charismatique et nonchalant qui exerce une forme de fascination, aussi bien intellectuelle que sensuelle, sur tous ceux qui l’entourent. Mais c’est surtout sur les frêles épaules de Timothée Chalamet que repose Call Me By Your Name.
L’acteur franco-américain, aperçu dans Interstellar et la série Homeland est la véritable révélation de ce film. Du haut de ses 22 ans, il incarne avec une facilité déconcertante les atermoiements qui agitent le corps et le cœur de l’adolescent. Car même s’il est curieux, intelligent et particulièrement mature pour son âge, Elio n’en est pas moins maladroit et ignorant quand il s’agit des choses de la vie, du désir, de l’amour.
Plus que remarquée, la prestation de Chalamet, entre fougue et innocence, lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur acteur et ne fait qu’annoncer une carrière prometteuse déjà liée à Greta Gerwig (Ladybird), Scott Cooper (Hostiles), Woody Allen (A Rainy Day in New York) et Felix Van Groeningen (Beautiful Boy).


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Bandit des grands chemins, monteur de meubles IKEA à ses heures perdues, ayant un penchant pour les dames d’un certain âge (Meryl, Susan, Maggie, Julianne, je vous aime). Le ciné, la photo et l’art, voilà les trois choses qui font tourner mon monde, sans lesquelles j’aurais quelques difficultés à me lever le matin. « Les meilleurs films sont comme des rêves qu’on n’est pas sûr d’avoir faits ». À bon entendeur.

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