Everybody Knows, mensonges et trahisons (et plus si affinités)

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Si vous avez manqué le début : Expatriée en Argentine, Laura est de retour dans son Espagne natale pour assister au mariage de sa soeur avec ses deux enfants. Elle y retrouve père, soeurs, beau-frères, cousins mais aussi Paco, son premier amour. Après la cérémonie la fête bat son plein, jusqu’à ce qu’au milieu de la nuit la fille de Laura disparaisse.


C’est donc avec un film d’Asghar Farhadi, l’un de ces fameux habitué cannois, que le 71è Festival de Cannes a décidé de lancer les hostilités. Présenté en ouverture mais aussi en compétition, Everybody Knows est habité des obsessions de son auteur, pour le meilleur et pour le pire.

 

Aurait-on vraiment vu Everybody Knows à Cannes si chacun des films qu’Asghar Farhadi y a présenté ne repartait pas systématiquement avec au moins un Prix ? S’il n’avait pas remporté deux Oscars ? Si Penélope Cruz et Javier Bardem n’étaient pas les deux plus grands acteurs du cinéma ibérique et l’un des couples les plus glamours d’Hollywood ? La question est en droit d’être posée après la vision du film.
Si Everybody Knows possède tous les ressorts scénaristiques chers à son auteur, faire escale en Espagne fait oublier au réalisateur iranien l’ascèse vers laquelle tendent plus ou moins tous ses films et sombrer celui-ci dans la facilité et le cliché.

Du classique éculé

Dans tous les films de Farhadi (A propos d’Elly, Une Séparation, Le Passé…) un élément perturbateur vient mettre à mal une harmonie familiale, amicale, amoureuse ou communautaire et déclenche l’hallali par la grâce d’un battement d’aile de papillon. Ici, le kidnapping d’Irene fait resurgir des rancoeurs familiales, des rivalités sociales, des secrets amoureux.
Malheureusement, et comme l’annonce le titre étonnamment prémonitoire, Everybody Knows (Todos lo saben pour les ayatollahs de la VO, au fond), y compris le spectateur. Ce dernier ne peut que voir venir les grosses ficelles, le poussant à se demander (comme votre humble serviteuse) comment diable ce film peut-il avoir le même plot twist que la saga de l’été 1998 de TF1 avec Francis Huster et Mireille Darc ?

Métaphore mécanique

L’enlèvement de l’adolescente pousse le film vers un abime de poncifs : qui l’a fait ? Comment savent-ils avec quoi nous faire chanter ? Comment réunir l’argent ?… Le moment où le vernis se fissure est aussi le moment où Penélope Cruz et Javier Bardem, dont la relation ambigüe faisait le sel du premier tiers, passent en surjeu permanent. Qu’elle est alors loin l’intériorité sourde d’habitude prônée par le réalisateur iranien.
Everybody Knows commençait pourtant bien, l’immersion dans l’Espagne rurale et ses fêtes de village avait quelque chose de chaleureux et l’étude de moeurs s’annonçait passionnante. Pourtant, dès le premier plan, on pouvait se douter que quelque chose n’allait pas tourner rond. Farhadi s’appesantit sur le balancement implacable et la mécanique intransigeante d’une horloge de clocher.
C’est finalement la métaphore qui résume le mieux Everybody Knows, à la fois bien huilé et risiblement prévisible.

 


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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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