First Man, la face cachée de la lune

Classé dans : Cinéma, Le 140 | 0


Si vous avez manqué le début : “Un petit pas pour l’homme, un grand bond pour l’humanité.” Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong est le premier homme à marcher sur la lune. Derrière le rêve de conquête américain de la NASA, une obsession intime qui cache une blessure tout aussi profonde.


Il était une fois un réalisateur qui caressait les étoiles. A 29 ans, Damien Chazelle faisait claquer les baguettes des batteries comme des coups de fouet. Impitoyable, fiévreux, haletant, Whiplash était la révélation de son sens aigü du rythme et de la compo. Deux ans plus tard, le prodige américain entrainait Ryan Gosling et Emma Stone dans une valse destinée aux rêveurs. Grâce à La La Land, Damien Chazelle devenait, à 32 ans, le plus jeune réalisateur jamais récompensé par un Oscar.

Une expérience sensorielle

Si la musique n’est pas le sujet du jour, elle n’est pas absente pour autant. First Man est un film hautement sensoriel, une partition d’échos de métal, de promesses silencieuses et de pleurs étouffés. Quand Armstrong et sa team s’embarquent dans ce qu’on est convenu d’appeler des fusées, ça grince à s’en faire péter les jointures à tous les étages. Ces hommes étaient des braves, c’est certain. Ou des fous. Ou un peu des deux. Sur cette conquête de la lune documentée avec soin à hauteur d’hommes, Damien Chazelle brode un drame terrien que rien ne saurait apaiser. Une tumeur au cerveau emportait la fillette de Neil Armstrong à l’âge le plus tendre. L’astronaute ne s’en relèvera jamais. Les programmes Gemini et Apollo seront ses planches de salut.

Silence…

Si Ryan Gosling fait sien le chagrin et l’obsession de l’homme, c’est Claire Foy, l’impeccable Reine Elizabeth de la série The Crown, qui étoffe le portrait du spationaute dans le rôle de Mrs. Armstrong. Dans ses regards, ses reproches, il y a toute la dérive de leur couple et de leur famille. Alors Damien Chazelle laisse parler les silences, qu’il sait plus précieux que les mots (et dans lesquels Ryan Gosling est passé maître), pour réussir son double final avec brio. A lui seul, son alunissage vaut pour une des plus belles scènes d’apesanteur et de poésie de l’année. La scène de retrouvailles de Mr. & Mrs. Armstrong, ensemble mais séparés, mêle l’intime et au tragique. Deux fins, parfaites illustrations de l’habileté de Chazelle et de sa compréhension de l’humain dans toute sa complexité.

 


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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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