La folle histoire de George Lucas – Episode 2

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George Lucas
George Lucas sur les plateaux de L’empire contre-attaque en compagnie de Mark Hamill (Luke Skywalker), Carrie Fisher (Princesse Leia) et Harrison Ford (Han Solo).

 

Avec La guerre des étoiles, George Lucas a posé la première pierre de son empire et créé le lieu de travail rêvé, le Skywalker Ranch. Et son ascension vers les étoiles est loin d’être finie.

Après avoir écrit la suite d’American Graffiti, qui connaîtra presque aussitôt la trappe, George Lucas poursuit son aventure intergalactique en écrivant et produisant L’empire contre-attaque (1980), puis Le retour du Jedi (1983), qui connaissent – à moindre échelle que La guerre des étoiles – un succès substantiel. Entre ces deux films, Lucas produit Kagemusha, un film d’un de ses maîtres, Akira Kurosawa, et se lance dans une nouvelle entreprise aux côtés de Steven Spielberg, dans lequel il voit du génie.

George Lucas
1983. Pause détente sur le tournage de Indiana Jones et le temple maudit, pour une belle brochette. De gauche à droite Kate Capshaw (Willie Scott), son futur mari Steven Spielberg (réalisateur), George Lucas (producteur et scénariste) et Harrison Ford (Indiana Jones).

La création d’Indiana Jones

Les deux compères imaginent ensemble le personnage d’un archéologue-aventurier. Dès sa sortie en 1981, Les aventuriers de l’arche perdue se hisse parmi les plus gros hit au box-office de tous les temps. Devant un tel engouement, Spielberg (toujours réalisateur) et Lucas (scénariste et producteur) mettent deux autres volets en chantiers. Indiana Jones et le temple maudit (1984) et La dernière croisade (1989) confirment Harrison Ford, déjà repéré dans American Graffiti et la trilogie Star Wars, comme un des acteurs majeurs du cinéma américain.

Trois ans plus tard, Lucas produit une série télévisée de trente épisodes relatant la jeunesse de l’archéologue, The Young Indiana Jones Chronicles, ainsi que trois autres films TV, entre 1994 et 1995, pour lesquels il reprendra sa plume de scénariste, et enfin cinq autres (les derniers ?) destinés à la vente en vidéo. Un moyen stratégique de tenir les spectateurs en haleine jusqu’au Royaume du crâne de cristal en 2008, sans que le héros ne tombe dans l’oubli.

 

George Lucas
Lucasfilm Ltd. connaît aussi des flops retentissants comme Howard The Duck, Radioland Murders et Willow.

Catastrophes et résurrection

Si les trilogies originelles de Star Wars et d’Indiana Jones sont de brillants et très rentables investissements pour Lucasfilm Ltd., tous les films produits par George Lucas ne connaissent pas autant de succès. De Howard, le canard malheureux de Willard Huyck – en un coup de bec il fait perdre à la compagnie dix millions de dollars -, à Radioland Murders, la comédie de Mel Smith, en passant par Willow, le film d’heroic fantasy de Ron Howard, les désastres s’accumulent.

De plus, sa saga mythique lui laisse un goût d’inachevé. Alors, comme pour sentir si le public est toujours au rendez-vous, il réédite la trilogie Star Wars en 1997. Grâce à une technologie dernier cri, il parfait dans les moindres détails un travail commencé vingt ans plus tôt. La sortie de cette Edition spéciale créée, presque aussi instantanément que la première trilogie, une nouvelle génération de fanatiques. Une nouvelle fois, Lucas bat tous les records : 250 millions de dollars de recettes, soit les plus impressionnants revenus pour une reprise !

 

George Lucas
Avec La menace fantôme, George Lucas passe du côté numérique de la Force.

Star Wars, 22 ans plus tard…

La Force est toujours avec lui, c’est certain. Sa société tourne bien. Ses enfants sont grands (il en a adopté trois). Tout est donc en place pour qu’il se remette au travail, serein.

Exit Luke Skywalker, la princesse Leïa et le combat des Rebelles contre l’Empire. Plutôt que d’écrire une suite au Retour du Jedi, il décide de s’intéresser aux prémices, en contant la quête initiatique d’Anakin Skywaker vers le côté obscur, sa rencontre avec une reine jeune et jolie, et l’avènement d’un Empire, pour ce qui deviendra le plus long flash-back de toute l’histoire du cinéma.

Ainsi, le 26 juin 1997, George Lucas tourne sa première scène depuis vingt-deux ans. Quelques mois de tournage, et un an et demi de post-production (dû aux nombres d’effets spéciaux) plus tard, Star Wars Episode I : La menace fantôme investit finalement les salles américaines le 21 mai 1999. Les cinémas font salle comble. Les spectateurs attendent pendant des heures, déguisés en Bobba Fett, Darth Maul ou Qui-Gon Jin, en espérant avoir un billet. Le succès public est plus que jamais retentissant même si, comme lors de la sortie de La guerre des étoiles, certaines critiques émettent bien plus que des réserves. Le magazine américain Variety souligne “l’illusion mais pas de magie”, The Hollywood Reporter déplore “beaucoup de brio mais peu d’esprit”, et le Times le compare carrément à “un film fantôme. Aïe. Si La menace fantôme ne dépasse pas le record du Titanic, il récolte cependant 400 millions de dollars. Même ses nominations aux Razzie Awards dans les catégories des pires film et réalisateur ne sauront mettre un frein à l’engouement populaire. George Lucas est déjà au travail de l’Episode II : L’attaque des clones.

 

George Lucas
En 1990, au côté de son ami Steven Spielberg (à droite), George Lucas (à gauche) remet un Oscar d’honneur à l’une de ses sources d’inspiration : Akira Kurosawa (au centre). Deux ans plus tard, ce sera au tour de Lucas de recevoir ce prix prestigieux.

Le prix de l’indépendance

Humble et toujours aussi timide que lorsqu’il était l’adolescent de Modesto, ses amis et collègues l’estiment identique à celui qu’il était en 1962, après l’accident qui le révéla à lui-même.

Lucas, lui, se trouve ordinaire, se reconnaissant dans la plupart des gens, ce qui lui permettrait de saisir les attentes du public. Récompensé pour l’ensemble de sa carrière en 1992, à la cérémonie des Oscars, par le prix Irvin G. Thalberg, il savoure sa revanche en silence. Jamais il n’a oublié les affronts répétés que Hollywood lui a fait subir à ses débuts, comme lui avoir ôté au dernier moment le final cut (ultime droit de montage) de THX-1138 et d’American Graffiti, ou s’être fait rire au nez par bon nombre de studios quand il leur présentait le scénario de La guerre des étoiles. En bâtissant son empire pierre après pierre, il a trouvé le moyen de se passer de Hollywood, et a acquis une liberté de création totale.

S’il estime ne pas faire partie de ce système qu’il dénonce, il est assurément devenu un des hommes les plus influents de l’industrie du divertissement. Et s’il se voit toujours comme le cinéaste indépendant de San Francisco, il n’en est pas moins un homme d’affaire redoutable. Un cinéaste indépendant qui, selon l’édition Forbes 2001 des « 400 personnes les plus riches des Etats-Unis », aurait tout de même un petit pécule personnel de… 3 milliards de dollars.

En 2013, Lucas passe un deal historique avec les Studios Walt Disney en leur revendant Lucasfilm Ltd. pour 4,05 milliards de dollars (payé à 50/50 en cash et en actions Disney). C’est colossal. Mais l’histoire de Lucas comme celle de Star Wars ne s’arrêtent pas là. La saga est désormais inscrite dans les gènes de toutes les générations, et n’est donc pas prête de prendre fin.

George Lucas


Revivre les origines de George Lucas ici.


Notre grand dossier Star Wars continue !

Où l’on vous raconte en détails toute l’histoire de la saga galactique, les années 1970 et l’ascension de George Lucas, les années 2000 et son retour tant espéré. Sans oublier nos avis éclairés sur la nouvelle trilogie.

A lire ici.
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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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