La folle histoire de George Lucas

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George Lucas

Réalisateur visionnaire, ex-glandeur reconverti en bourreau de travail, George Lucas a su repousser les barrières de la technologie pour la mettre au service de son imagination d’éternel ado. Itinéraire d’un homme composite et de son ascension vers les étoiles.


George Lucas. Un nom prononcé aussi religieusement qu’une parole d’évangile par les fans, et aujourd’hui repris en chœur par le grand public tombé sous le charme d’une saga érigée en mythe.

Afin de donner les moyens techniques à son imagination débordante de s’exprimer, il va créer son propre univers cinématographique. Producteur au sens des affaires avisé, notamment de certains monuments de la pop culture signés de ses amis Steven Spielberg et Francis Ford Coppola, il n’en est pas moins un réalisateur débutant. En 2005, avec Star Wars Episode III : La revanche des Siths, il met en scène son sixième film.

 

George Lucas
A gauche, la une du quotidien local “Modesto Bee” évoque l’accident de voiture de George Lucas. A droite, le réalisateur avec sa première femme Marcia Lucas, Oscar du meilleur montage en 1977 pour La guerre des étoiles.

Passé à deux doigts de la mort

Rien ne prédestinait l’enfant de Modesto à se passionner pour les métiers de l’image, encore moins à devenir le maître d’un empire qui révolutionnerait le Septième Art. Né le 14 mai 1944, George Walton Lucas Jr. grandit dans le ranch d’une famille de la classe moyenne californienne. Ce n’est pas les deux seules salles de ciné de sa petite ville de Modesto qui aurait pu le détourner de ses occupations d’adolescent d’alors. Passionné par le dessin, la photographie et les filles, il affectionne tout particulièrement la mécanique automobile.

A 18 ans, ce rêve de vitesse est contrarié par un accident de voiture terrible. Les chirurgiens sont perplexes quant à ses chances de survie (une hémorragie interne proche des poumons et très délicate à opérer). Six mois plus tard, George sort de l’hôpital plus motivé que jamais par l’envie de se donner les moyens de réussir, mais surtout avec un concept qui lui sera bien utile plus tard : la Force.

 

George Lucas
George Lucas et Francis Ford Coppola, ami pour la vie de puis 1967.

George Lucas + Francis Ford Coppola = BFF

Il décide d’intégrer le Junior College de Modesto, avant de suivre un de ses amis jusqu’à l’USC (University of Southern Califronia). Une erreur d’inscription le détourne de la section photo pour le diriger vers les classes de cinéma. C’est le coup de foudre. Il suit les cours d’animation avec intérêt, fait son apprentissage de tous les cinémas à travers ceux de Kurosawa, Fellini et Godard, et s’imagine dès lors en documentariste de films underground, ou en caméraman de films-vérité.

En 1967, son court-métrage THX-1138 :4EB remporte le premier prix au Festival national du film étudiant, ce qui lui permet d’entrer aux studios Warner Bros. en tant qu’assistant de production sur La vallée du bonheur, film d’un jeune réalisateur, et néanmoins camarade de l’USC, nommé Francis Ford Coppola. Lucas et Coppola deviennent rapidement de très bons amis et fondent une société de production en 1969. American Zoetrope est né. Leur premier projet sera de mettre sur pied la version complète du monochromatique et très stylé THX-1138. Grâce au soutien financier de Coppola, Lucas crée une société futuriste aseptisée, au centre de laquelle un héros part à la redécouverte de ses émotions.

 

George Lucas
Le salaire de George Lucas pour THX-1138 : 2500 dollars. Source : Hollywood Reporter.

De THX-1138 à American Graffiti

Si THX est incompris à l’époque, George Lucas ne se décourage pas. Grâce à la ténacité de Coppola, Universal accepte de produire American Graffiti. Film semi-autobiographique (aujourd’hui davantage considéré comme un document sociologique), il retrace la vie de jeunes étudiants au début des sixties, entre courses de voitures, drague, drogue et rock’n roll.

Alors qu’il connaît le triomphe populaire – pour ce qui restera longtemps l’un des films les plus rentables de l’histoire d’Hollywood (750 000 dollars de budget pour 117 millions de revenus en salles) -, et ses premières nominations aux Oscars et aux Golden Globes, le jeune prodige crée sa propre société de production, Lucasfilm Ltd., délaissant pour un temps sa collaboration avec Coppola, lui-même happé par l’aventure du Parrain.

 

George Lucas
Les deux premiers longs métrages de George Lucas : THX-1138 (en haut) et American Graffiti (en bas), avec son réalisateur au centre.

Le deal du siècle

La prochaine étape sera décisive. De 1973 à 1974, Lucas s’attelle à l’écriture d’un scénario tout d’abord intitulé The Star Wars, puis The Adventures of the Starkiller et enfin La guerre des étoiles. Il trouve dans les contes de fées, les mythologies anciennes, la littérature populaire américaine, les comics estampillés Marvel, Tolkien et Homère des sources d’inspirations propres à créer une odyssée galactique sans précédent.

En 1975, le petit génie de 31 ans s’entoure d’une joyeuse bande de mordus d’animation pour fonder ILM (Industrial Light & Magic), sa société d’effets spéciaux. Des maquettes, mini-caméras, robots télécommandés, et quelques inventions farfelues plus tard, ils fabriquent un nouveau mythe avec seulement dix millions de dollars.

Peu importe alors que Lucas se soit fait claquer la porte aux nez de plusieurs studios, la Fox, elle, a bien voulu le financer. Et à quel prix… Afin d’être le seul à détenir les cartes de ce qu’il adviendra de Star Wars, le réalisateur accepte de se passer de salaire en échange de 40% des revenus du film en salle, ainsi que les droits de suite et du merchandising. Un marché innocent pour Lucas et sans risque pour la Fox à l’époque qui envisage Star Wars comme un petit film. Au final, ce pacte se révèlera plus que lucratif pour le cinéaste, puisque depuis 1976, la vente des produits dérivés se chiffre à elle seule en milliards de dollars.

 

George Lucas
George Lucas entouré de Mark Hamill (Luke Skywalker) et Harrison Ford (Han Solo) sur le tournage de La guerre des étoiles, en 1976.

Création du Skywalker Ranch et fondation d’un empire

En partie grâce aux 510 millions de dollars de recettes de La guerre des étoiles, Lucas va donc pouvoir construire sa propre usine à rêve. A la fin des années 1970, à quelques dizaines de kilomètres de San Francisco, il achète 700 hectares de la Lucas Valley, nom préexistant qui sonne comme une troublante coïncidence. Là, il établit un immense complexe de création dédié au cinéma, qu’il baptise du nom de son héros : The Skywalker Ranch. Il chapeaute l’évolution des travaux, s’attarde comme toujours sur le moindre détail. Centre de remise en forme, restaurants, piscines, terrain de base-ball, potagers, bibliothèque de plus de 20 000 ouvrages… Lucas acquiert les meilleurs équipements possibles, et ne se refuse aucune dépense pour asseoir ses ambitions technologiques. Avec le Skywalker Ranch, George Lucas a ainsi créé ce qu’aucun autre de sa génération, baignée par les idéaux de communauté issus de Woodstock, n’avait les moyens de concrétiser : un monde à part, à la fois havre de paix et lieu de travail tout simplement parfait.


Découvrez la suite de La folle histoire de George Lucas ici.


Notre grand dossier Star Wars continue !

Où l’on vous raconte en détails toute l’histoire de la saga galactique, les années 1970 et l’ascension de George Lucas, les années 2000 et son retour tant espéré. Sans oublier nos avis éclairés sur la nouvelle trilogie.

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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