Gaël Faure, montée en graine

Classé dans : Home, Introducing, Musique | 3
© Charlotte Abramow

 

Il y eut la Nouvelle Star, la même année que Christophe Willem. Il y eut De silences en bascules, un deuxième album qui compte comme un premier, à la folk délicate. Et il y a maintenant Regain, le temps de l’éclosion, où Gaël Faure chante l’écologie et l’engagement.

Le regain c’est la repousse de l’herbe après une première coupe. De là à y voir une analogie avec le parcours de Gaël Faure, il n’y a qu’un pas. Rescapé de télé-crochet, il lui aura fallu sept ans pour faire oublier un album dispensable sorti dans la foulée. De silences en bascules, un deuxième disque qui a la saveur d’un premier, laissait entrevoir de belles promesses folk. Quatre ans plus tard, Faure a musclé son jeu et donne un petit coup de jus à sa musique.
Le regain équivaut à une renaissance pour cet amoureux de la nature, ardéchois de naissance et fils d’agriculteur. Son nouvel album est donc naturel, en harmonie avec ce qu’il est et ce(ux) qu’il aime.
Gaël Faure choisit de raconter le monde dans treize petits voyages chantés, qui emmènent de l’univers impitoyable de l’entreprise (« Siffler ») aux confins de l’Himalaya, pour raconter le parcours d’un chef Tamang qui doit quitter ses montagnes et sa tribu pour vendre des marchandises dans la jungle de la ville (« La Saison »).

Poésie humaniste

Organique, Regain est un idéal musical pour Faure. Compositeur de chaque morceau et, pour la première fois, auteur de chaque texte (épaulé par les fils Souchon, Bastien Lallemant, Chet ou Raphaële Lannadère), il allie l’énergie rock captée durant quatre ans auprès de la scène belge (dEUS, Balthazar…) et son amour de la pop nordique et acoustique (Kings of Convenience, José González…) à une thématique singulière.
Imprégné de son environnement familial agricol et de ses intérêts écologiques, il compose et écrit une poésie humaniste des préoccupations contemporaines. Sincère et incarné, Gaël Faure est loin du calcul avec Regain, et c’est ce qui le rend touchant.

Toujours plus Faure

La folk n’a pas complètement disparue de la musique de Gaël Faure, mais elle est ici étoffée. Plus intime, il peut alors se permettre de brouiller les pistes et de multiplier les genres.
De sa voix douce mais puissante qui sait jouer de ses fêlures, il frôle la pop synthétique 80’s sur « Éreinté », la balade douce amère sur « Traverser l’hiver », la fantaisie pop sur « Caractère », le blues épuré avec « Lonely Hour » en duo avec l’intense Piers Faccini, l’hymne écolo avec « Colibri », inspiré de sa collaboration avec le mouvement éco-citoyen du même nom porté par Pierre Rabhi…
Eclectique donc. Electrisant aussi, tant le jeune trentenaire se dévoile, au détour de textes intimes et éloquents, profondément authentique.
Regain est aussi l’anagramme de Graine et, avec cet album, Gaël Faure a sans aucun doute semé celles du succès.


 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Suivre Marine Bienvenot:

Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

3 Responses

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.