Les Animaux fantastiques 2 : Les crimes de Grindelwald, la tournée critique

 

Avec Les animaux fantastiques 2 : Les crimes de Grindelwald, l’univers magique s’étend, tout comme les questions sans réponses qui fascinent autant qu’elles agacent. On l’a vu. On est allé s’en parler autour d’un verre. C’est la tournée critique de Pop’Up.
Par Marine Bienvenot et Christophe Chadefaud

Si vous avez manqué le début : Emprisonné au Ministère de la magie de New York, le mage noir Grindelwald se fait la malle pour partir en quête de l’obscurus Croyance. Pendant ce temps, Dumbledore missionne son ancien élève Norbert Dragonneau de partir fissa à Paris devancer le mage noir. L’avenir du monde est en jeu.


 

Dis donc, j’ai l’impression qu’à chaque fois qu’on fait une tournée critique en ce moment on est “mouais”, on est mi-figue mi-raisin, on est chafouin.

 

En fait là, je ne suis pas tellement chafouin. Déjà, je trouve le film très nettement supérieur au premier mais PAR PITIÉ expliquez-nous enfin qui est notre héros. Pourquoi est-il toujours dans cette attitude prostrée ? Quelles accidents de vie l’ont conduit à s’intéresser plus aux animaux qu’aux humains ? Et surtout POURQUOI PAR LA BARBE DE MERLIN il se trimbale toujours avec cette tronche de chien battu ?

 

Je te rejoins sur sa supériorité vis-à-vis de l’opus précédent, même si ça ne casse tout de même pas quatre pattes à un canard. Je crois que la présence de Jude Law, très bon et même coquin en Dumbledore, et les quelques scènes tournées à Poudlard y sont pour beaucoup. Nostalgie quand tu nous tiens…

 

Jude Law joue très bien l’ambiguïté de Dumbledore, on est bien d’accord. Et les flashbacks des jeunes années de Leta Lestrange et de Norbert à Poudlard apportent beaucoup de corps et de sens au scénario. Personnellement, j’aurais quand même apprécié un peu plus de transparence sur la fameuse relation de jeunesse Dumbledore/Grindelwald. Ces deux-là étaient très clairement beaucoup plus que des amis fascinés l’un par l’autre. Ils s’aimaient. Point barre.

 

Pendant tout le film je me suis demandé si J.K. Rowling allait enfin assumer ce qu’elle a déjà largement sous-entendu dans le premier opus sur leur relation. Et même plus largement sur la sexualité de Dumbledore tout au long des sept livres de la saga Harry Potter. Bon point pour elle : il faudrait être très très TRÈÈÈS lent pour ne pas comprendre qu’ils s’aimaient plus que de simples camarades de classe.
Par contre, désolé, mais les intentions malveillantes de Grindelwald me restent toujours obscures. Qu’est-ce qu’il veut à la fin ??? Déjà deux films, et on ne le sait toujours pas.

 

Bizarrement ça ne m’a pas tellement dérangé. Sa quête est celle du pouvoir, du contrôle absolu sur les mondes de la magie et des Moldus. Il a un discours, très bien écrit d’ailleurs, et très séduisant. Johnny Depp fait du bon boulot. Il a créé un personnage complexe dont il ne dévoile pas tout d’emblée. Maintenant, il faut qu’il arrive à tenir le cap. Son speech final est enrobé, et diablement trompeur. On comprend que des familles entières de sorciers aient pu succomber à ses sirènes.

 

Je crois que c’est d’ailleurs le meilleur rôle de Depp depuis, pfiouuuu, au moins, longtemps quoi. Je suis d’accord que l’analogie que fait le réalisateur David Yates avec les discours prosélytes et populistes des années 30 (et même un peu de notre époque) est intéressante mais MOI VOULOIR DU FOND !
Ça fait deux films (de plus de deux heures) qu’on nous mène par le bout du nez vers une fin du monde certaine sans qu’on en connaisse la teneur. Tout comme de la véritable identité de Croyance… Parce qu’excuse-moi, mais qu’il soit le frère caché de Dumbledore, ça passe moyen. Soit Rowling renie toute la mythologie Potter, ce dont je doute, soit c’est un subterfuge…

 

Pour moi, il n’y a pas de mystère : c’est une manipulation de plus de Grindelwald. Ou alors, Croyance est l’Obscurus de la sœur de Dumbledore, qui est morte dans des circonstances mystérieuses. Rowling n’est pas du style à se planter sur l’arbre généalogique des Dumbledore. Albus avait un frère qu’on voit à la fin des Reliques de la Mort – Partie 2, une sœur, et pis c’est tout.

 

Là-dessus, on est d’accord. T’as remarqué que ça fait un moment qu’on discute et qu’on a parlé de presque tous les personnages sauf de Norbert ? C’est quand même un peu triste pour celui qui est censé être le héros de cette histoire… En même temps s’appeler Norbert Dragonneau est probablement l’explication à son trouble autistique.

 

Normal qu’on en parle pas, il n’existe pas. Rappelle-moi combien il lui reste de films pour exister déjà ?

 

On parle de cinq films. CINQ. Je comprends mieux pourquoi on attend qu’il se passe quelque chose depuis deux films. Il faut meubler. Mais doux Jésus, faites ça en moins de deux heures, je vous en conjure !

 

Ce que je trouve curieux c’est que dans les deux premiers Harry Potter de Chris Columbus, on en avait raz-le-bol de s’entendre expliquer le moindre rouage du monde magique : quel mouvement de baguette pour faire voler une plume, etc. Là, étant donné que l’on est dans un monde de sorciers expérimentés, on n’explique plus rien DU TOUT. Il y a quand même des fois où ce serait un brin nécessaire, sinon on a juste l’impression que tout est possible, tout le temps, ce qui ajoute à la confusion générale. Leur sort final par exemple : “Plante ta baguette dans le sol, Norbert !” Euh très bien les gens mais pour quoi faire ?

 

(rires) : Je te reconnais bien là. Tu ne t’es jamais remis de pas recevoir ta lettre pour Poudlard.

 

(soupir) : Même pas vrai… Pour moi, la plus belle des réussites du film c’est la matérialisation de cet univers. New York avait déjà de la gueule mais là, avec Paris, on est encore un cran au-dessus.

 

Dommage que, comme dans ses Harry Potter, Yates oublie d’allumer la lumière. Imagine la beauté de cet univers s’il n’était pas baigné de gris.

 

Du gris pour la peur. Du gris pour la confusion. Faut tout te dire à toi, c’est dingue (rires) !

 

Le gris ça a surtout peu de personnalité…


 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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