Meryl Streep : le morphing

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© Nicolas Guérin / Grazia Italie

 

A l’affiche de Pentagon Papers de Steven Spielberg​, Meryl Streep​ décroche sa 21è nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Record absolu. Tout au long de sa carrière elle a enchaîné les personnages aux histoires singulières et aux apparences parfois surprenantes. Retour en images sur quarante ans de carrière.

Kramer contre Kramer

(Robert Benton, 1979)

Look de mère de famille BCBG : 4/5

Après des débuts dans la série Holocauste et des seconds rôles remarqués au cinéma (Voyage au bout de l’enfer, Manhattan), Meryl est bouleversante en épouse et mère aimante mais émotionnellement instable qui du jour au lendemain décide de quitter le domicile familial en laissant son Dustin Hoffman de mari s’occuper seul de leur petit gamin.


La Maîtresse du lieutenant français

(Karel Reisz, 1981)

Look d’amoureuse éperdue : 2/5

Avec sa robe à cerceaux et sa tignasse rousse échevelée, Meryl a le regard perdu de l’amoureuse éperdue. Dans ce film en forme de mise en abyme, elle incarne Anna, une actrice de cinéma qui joue le rôle de Sarah Woodruff, une jeune femme éprise d’un paléontologue, tandis que sur le plateau de tournage, la comédienne s’amourache de son partenaire de jeu.



Le choix de Sophie

(Alan J. Pakula, 1982)

Look de poupée de cire poupée de songe : 4/5

Avec son teint d’albâtre, ses lèvres roses, son nez aquilin et ses boucles parfaites, Meryl est Sophie, jeune immigrée polonaise rescapée des camps de concentration, mais qui doit faire un choix entre son compagnon Nathan, violent et imprévisible, et Stingo, un jeune écrivain fraîchement débarqué à Brooklyn.


Le Mystère Silkwood

(Mike Nichols, 1983)

Look plutonium plutôt morne : 3/5

Avec sa combinaison de protection, Meryl incarne, dans ce film inspiré d’une histoire vraie, Karen Silkwood, une employée qui s’intéresse d’un peu trop près aux failles de sécurité face au risque d’expositions aux radiations dans l’usine de plutonium où elle travaille. Alors forcément, lorsqu’elle meurt en voiture, les circonstances de l’accident paraissent plus que douteuses…


Out of Africa

(Sydney Pollack, 1985)

Look Je-suis-amoureuse-d-une-terre-sauvage-un-sorcier-vaudou-m-a-peint-le-visage : 3/5

Avec son salacot et son uniforme colonial kaki, Meryl est Karen Blixen, l’aristocrate et écrivain danoise, qui rejoint le Kenya au début du XXe siècle pour épouser un homme qu’elle n’aime pas, et se prend de passion pour son continent d’adoption et un sémillant chasseur de fauves qui passait par là.


Un cri dans la nuit

(Fred Schepisi, 1988)

Look de Playmobil de l’outback : 1/5

En mère de famille accusée (à tort) d’infanticide après qu’un dingo ait enlevé son enfant lors d’une virée en camping dans l’outback australien, Meryl adopte la coupe « Mireille Mathieu » pour ressembler à Lindy Chamberlain, dont la terrifiante histoire a inspiré le film.


She-Devil, la diable

(Susan Seidelman, 1989)

Look Barbie chevelure de rêve : 5/5

Dans ce film absolument kitsch où elle incarne un écrivain de pacotille séduisante et délurée, maîtresse d’un homme marié, Meryl ne jure que par une couleur : ses tailleurs, ses robes de soirées, toute sa panoplie de chapeaux et de chaussures… tout est rose Barbie. Même l’archaïque ordinateur qu’elle utilise pour écrire ses romans.


La mort vous va si bien

(Robert Zemeckis, 1992)

Look increvable : 5/5

Dans ce film devenu culte, Meryl – ou plutôt Madeline – est prête à tout, absolument tout, pour paraître toujours plus belle et toujours plus jeune que son amie et rivale de toujours. Même à ingurgiter une improbable potion magique qui rend éternelle. Et élastique.


Sur la route de Madison

(Clint Eastwood, 1995)

Look de flamme fatale : 3/5

Dans ce mélo comme on les aime, Meryl est la brune Francesca, une immigrée italienne qui semble mener une vie de famille parfaite. Jusqu’à ce qu’elle fasse la rencontre d’un photographe de passage dans la région et que naissent entre eux une passion aussi dévorante qu’éphémère.


The Hours

(Stephen Daldry, 2002)

Look Aids à domicile : 4/5

Avec son manteau camel, ses lunettes teintées, ses boucles d’oreilles colorées, Meryl est la parfaite bobo new-yorkaise, éditrice de métier, toute accaparée qu’elle est, en bonne Mrs Dalloway des temps modernes, par la préparation d’une réception pour son meilleur ami de toujours, un poète dépressif et malade du Sida.



Angels in America

(Mike Nichols, 2003)

Look 3 en 1 : 5/5

Pourquoi s’embêter à ne tenir qu’un rôle quand on peut en tenir trois ? C’est ce que fait Meryl dans cette bouleversante fresque sur les débuts du Sida à New York. Tour à tour rabbin, mère de famille mormone complètement paumée lorsqu’elle arrive dans la plus moderne des métropoles, et fantôme de l’espionne communiste Ethel Rosenberg qui vient hanter les dernières heures de celui qui l’a fait condamner, elle mérite amplement son Golden Globe.


Le Diable s’habille en Prada

(David Frankel, 2004)

Look de Mo(r)deuse : 5/5

Plutôt que d’adopter le carré sévère et les lunettes noires d’Anna Wintour, dont son personnage de rédactrice en chef tyrannique d’un magazine de mode s’inspire, Meryl a préféré la coupe de cheveux d’un blanc éclatant. Ce qui ne la rend pas moins terrifiante.


Doute

(John Patrick Shanley, 2008)

Look de cerbère supérieur : 1/5

Derrière ses austères habits noirs, son regard froid et ses lèvres pincées, Meryl est Sœur Aloysious Beauvier, intransigeante directrice d’une école catholique qui ne voit pas d’un bon œil l’affabilité et l’ouverture d’esprit du nouveau prêtre de la paroisse, le père Flynn. Le noir sied à Meryl.


Julie & Julia

(Nora Ephron, 2009)

Look de Maïtéricaine :3/5

Grande duduche à la tignasse bouclée et à la joie de vivre quasi-inépuisable, Julia Child suit son fonctionnaire de mari à Paris, où elle se découvre une passion pour la cuisine française, qu’elle sera une des premières à faire découvrir (avec une maladresse devenue légendaire) au grand public américain à travers livres et émissions télé. Une sorte de Maïté version US, quoi.


La Dame de fer

(Phyllida Lloyd, 2011)

Look de Thatchieuse : 4/5

Il n’y avait qu’elle pour oser prendre les traits, à grand renfort de prothèses, de Margaret Thatcher, première femme Premier Ministre du Royaume-Uni, personnalité politique aussi adulée que détestée. La ressemblance est troublante (coucou la permanente !) et la prestation de Meryl époustouflante, au point de ne plus toujours reconnaître l’original de la copie. En revanche, l’hagiographie de la leader conservatrice est pour le moins douteuse…


Into the woods : Promenons-nous dans les bois

(Rob Marshall, 2014)

Look de sorcière mal-aimée : 2/5

Crinière sale, doigts crochus et de la ride en veux-tu en voilà, Meryl est la sorcière de cette comédie musicale de conte de fées où l’on croise au détour de la forêt Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, princesse Raiponce et Jack (et son haricot toujours aussi magique).


Les Suffragettes

(Sarah Gavron, 2015)

Look WTF-début-de-siècle : 1/5

Dans cet accoutrement difficile à identifier proche du sac poubelle à dentelle, Meryl fait une apparition remarquée en incarnant Emmeline Pankhurst, figure tutélaire du féminisme britannique du début du XXe siècle et inspiratrice du mouvement des Suffragettes.


Ricki and the Flash

(Jonathan Demme, 2015)

Look Wassup rockeuse : 3/5

Caissière de supermarché le jour, rockeuse de bar la nuit, Ricki n’a pas vraiment réussi sa vie, d’autant qu’elle a abandonné sa famille pour sa carrière, sans succès… Avec son total look cuir, ses cheveux pas peignés et son maquillage de camion volé, Meryl a pris comme un coup de vieux avec ce style plus vraiment de son âge…


Florence Foster Jenkins

(Stephen Frears, 2016)

Look de crécelle du désir : 4/5

Meryl a toujours rêvé d’être chanteuse. Le cinéma lui en a déjà donné quelques occasions, mais là elle s’en donne à cœur joie dans ce rôle d’une riche héritière new-yorkaise passionné par le chant mais sans aucun talent. Heureusement que le ridicule ne tue pas (quoique) et que l’argent est là pour lui permettre de réaliser son rêve, à grand renfort de parures chatoyantes et de diadèmes étincelants pour faire impression.


Pentagon Papers

(Steven Spielberg, 2017)

Look à y laisser des plumes : 3/5

Après le choix de Sophie, le choix de Kay. Katharine Graham, première femme à la tête du Washington Post, soutiendra-t-elle ou ne soutiendra-t-elle pas son rédacteur en chef dans la publication de documents classés secret défense révélant un scandale d’Etat lié à la Guerre du Vietnam ? Nous sommes en 1971, et les grosses lunettes à écaille de Meryl ainsi que toute sa panoplie de chemisiers bariolés sont là pour nous le rappeler.

 

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Bandit des grands chemins, monteur de meubles IKEA à ses heures perdues, ayant un penchant pour les dames d’un certain âge (Meryl, Susan, Maggie, Julianne, je vous aime). Le ciné, la photo et l’art, voilà les trois choses qui font tourner mon monde, sans lesquelles j’aurais quelques difficultés à me lever le matin. « Les meilleurs films sont comme des rêves qu’on n’est pas sûr d’avoir faits ». À bon entendeur.

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