The Marvelous Mrs. Maisel, Upper West Side Story

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Si vous avez manqué le début : New York, 1958. Miriam “Midge” Maisel a tout de la parfaite femme au foyer de son époque. Issue d’une famille aisée et juive de l’Upper West Side, elle soutient son mari dans son envie de devenir comédien de stand-up. Le problème c’est qu’il est mauvais. Lorsqu’après une énième soirée de bides il la quitte pour sa secrétaire, Midge débarque ivre et en nuisette sur la scène du Gaslight, un club de Greenwich Village, et fait un tabac. Dans le couple, la vraie humoriste, c’est elle.


AVERTISSEMENT : ON A ESSAYÉ D’ÉCRIRE UNE CRITIQUE 100% SPOILERS FREE MAIS, DÉSO PAS DÉSO, ON A PEUT-ÊTRE DIVULGÂCHÉ. ON VOUS AURA PRÉVENU…

Il y a fort à parier que dès les premières minutes de The Marvelous Mrs. Maisel, vous aurez reconnu le style inimitable d’Amy Sherman-Palladino. C’est en effet de l’imaginaire de la créatrice de Gilmore Girls (et de son époux Daniel Palladino) qu’est sortie la série proposée sur la plateforme de SVOD d’Amazon, Prime Video.
Il y a d’ailleurs de nombreuses similitudes entre Gilmore Girls et The Marvelous Mrs. Maisel : Lorelai et Midge viennent toutes deux d’un environnement familial privilégié, semblent vivre dans un univers onirique, partagent une certaine frénésie du verbe et une vie amoureuse agitée. Si Gilmore Girls posait les bases d’un féminisme positif, The Marvelous Mrs. Maisel en rappelle les fondements et les premières étincelles.

Seule en scène

Mariée, deux enfants (un fils et une fille), un appartement dans l’Upper West Side à quelques marches de celui de ses parents, des mensurations qu’elle s’évertue à garder parfaites, un style à mi-chemin entre la délicatesse d’Audrey Hepburn et l’élégance de Grace Kelly… Midge coche toutes les cases du guide de la parfaite femme au foyer des fifties. Mais lorsqu’elle apprend, le même soir, que son mari humoriste amateur la trompe et qu’en plus il plagie ses sketchs, ce n’est pas forcément l’adultère qui la révolte le plus.
Elle fait alors sienne la scène du Gaslight, un club underground de Greenwich Village tenu par Susie, beatnik bourrue mais au grand coeur (épatante Alex Borstein). Malicieuse et adepte de bons mots, la rupture la désinhibe complètement et la rend plus provocante, plus vacharde, plus impertinente, quitte à finir au poste. La série s’inspire de pionnières du stand-up (Phyllis Diller, Joan Rivers, Totie Fields…) qui utilisaient l’humour et la scène comme vecteur d’émancipation. A l’heure de #MeToo, The Marvelous Mrs. Maisel est une réponse brillante et moderne aux questionnements sur la place de la femme dans l’art.

 

 

Enjeux de mots

Midge cristallise un changement d’époque, de mentalités, et comme choisir c’est renoncer, elle devra faire un choix entre son rôle d’épouse et de mère et sa vocation de comédienne. Cette conquête de l’indépendance ne se fait pas sans le jugement des autres, mais la jeune femme préfère s’en servir comme inspiration pour ses shows. N’épargnant ni son mari et sa maîtresse insignifiante, ni ses parents anxieux et envahissants comme tout bons juifs new yorkais (excellents Tony Shalhoub et Marin Hinkle), Midge devient à la fois actrice et spectatrice de sa vie, sans aucune victimisation.
Magnifiée par une direction artistique léchée et une réalisation virevoltante de plans-séquences et de travellings, on pense beaucoup aux grandes heures de la comédie musicale devantThe Marvelous Mrs. MaiselLa pétillante Rachel Brosnahan, trop longtemps cantonnée aux seconds rôles de luxe, insuffle un tempo endiablé aux textes piquants, osés et riches des Palladino. Les longues tirades dont ils sont coutumiers fusent ici avec l’intelligence des screw ball comedies des années 40.

Le Gaslight applaudi à tout rompre, la Hollywood Foreign Press Association lui remet les Golden Globes de la meilleure comédie et de la meilleure actrice dans une comédie… On se dit alors que The Marvelous Mrs. Maisel pourrait bien suspendre le monde à ses lèvres.
“My name is Mrs. Maisel. Thank you & good night !”


Top Tw3ets

 


 

 

The Marvelous Mrs. Maisel ▪ Créée par Amy Sherman-Palladino ▪ Avec Rachel Brosnahan, Alex Borstein, Michael Zegen, Tony Shalhoub, Marin Hinkle… ▪ Diffusée sur Amazon Prime ▪ 8 épisodes (55 minutes)

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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