@mathiasduquesnoy, 6980 abonnés.

L’oeil d’un paparchitecte.

 

En se promenant au hasard des fils Instagram, on s’arrête parfois sur une image car elle est différente en plus d’être belle. Des belles photos il y en a des tonnes. Des photos dont la simplicité charme, pas tant que ça. Celles de Mathias Duquesnoy sont de celles-ci. En plus d’une beauté plastique indéniable, elles semblent être l’extension même de son auteur.
Papa de trois garçons, il réalise de magnifiques portraits d’eux à chaque âge, comme autant de souvenirs mémorables en jpeg. Architecte, il fait de sa ville, Lille, un terrain de chasse au cliché remarquable. A l’affut de la lumière parfaite, de la perspective fuyante, de lignes et de courbes affolantes, il valorise l’urbain en nous poussant à mieux regarder les paysages de notre quotidien.
Les deux faces d’un photographe, papa et architecte à la fois.



Avant de parler (un peu plus) sérieusement, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire pourquoi vous avez choisi de présenter vos images sur Instagram ?

Je m’appelle Mathias Duquesnoy, j’ai 37 ans et suis architecte-mari-papa-photographe dans le désordre.
J’ai choisi de présenter mes images sur Instagram car j’ai tout de suite eu des retours positifs sur mes clichés et beaucoup d’échanges avec la communauté. Je me suis pris au jeu très vite et ça m’a incité à publier quasi quotidiennement. J’ai pris ça comme un journal à remplir tous les jours pour pratiquer, tester, me planter…

Publier vos images sur Instagram a-t-il changé votre façon de photographier ?

J’ai beaucoup évolué depuis que j’ai commencé à publier, il y a trois ans, mais ce n’est pas vraiment lié à Instagram. Plutôt au fait que je me suis aguerri avec la pratique, que mon matériel a évolué… J’ai photographié uniquement avec mon téléphone pendant plus d’un an, avant d’investir dans un reflex, pour me permettre de réaliser des choses que je ne pouvais pas faire techniquement.

Vous êtes architecte et l’urbain a beaucoup d’importance dans vos images. La photographie influence-t-elle votre métier ou est-ce votre métier qui influence vos photos ?

C’est plutôt mon métier qui a influencé mes photos, car l’appréhension de la composition, du cadrage, des perspectives m’ont été facilité par la pratique de l’architecture. Mais les deux se nourrissent mutuellement au quotidien. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que je suis en train d’évoluer vers une pratique professionnelle de la photo. Le gros défi pour 2018 c’est de réussir à joindre mes deux passions.

Vous postez régulièrement des photos de vos enfants sur votre fil, selon vous le portrait de famille est-il compatible avec une exposition sur le web ?

C’est une question que je me suis posé assez vite, et à propos de laquelle j’ai encore des doutes. J’aime vraiment beaucoup photographier le vivant, et mes enfants sont mes modèles préférés. Sans compter leur disponibilité immédiate et sans faille ! Je n’ai jamais eu de demandes bizarres, de commentaires douteux ou de ressentis qui m’ont fait penser qu’il ne fallait pas publier ces clichés de famille. Au contraire, les retours sont super bienveillants, et très positifs, donc je continue pour l’instant.

Avec quel matériel shootez-vous ?

Je ne suis pas un geek du matos, j’y prête assez peu d’importance. Le passage vers le professionnel m’oblige à m’équiper un peu plus. Toutefois, les images sur mon compte ont été faites avec peu de matériel : mon smartphone, un Canon 100D (l’entrée de gamme du reflex) et trois focales fixes (un 14mm Samyang f2.8 pour le paysage et les ciels étoilés, un 24mm f2.8 pancake pour la streetphotography et le reportage en général, et un 50mm f1.8 pour le portrait).

Quelle photo rêvez-vous de prendre ?

Je ne me suis jamais posé la question, mais je pense qu’elle serait émotionnellement forte et techniquement maîtrisée. Le fond et la forme en somme, comme dans toute forme d’art qui me touche.

Quel est votre photographe préféré ?

J’ai une culture photographique proche du néant, mais je me soigne ! Je commence à acheter des livres photos pour le plaisir (Saul Leiter, Harry Gruyaert, William Eggleston…) en plus des classiques d’Henry Cartier Bresson et Robert Capa…
Je suis très éclectique dans mes goûts.

Si nous devions absolument suivre trois comptes Instagram, lesquels nous conseilleriez-vous ?

Vous êtes durs avec moi, c’est dur de n’en donner que trois ! Alors, il y aurait déjà @charlesdamourette_artun jeune streetphotographer français très talentueux. Puis @cebos_picsandlove un photographe que j’ai découvert à travers sa série “Paris Bezbar” et qui m’avait scotché. Et enfin @pulp_tribu, qui met en avant d’autres comptes Instagram et prouve que ce réseau est bourré de talents. Leur sélection est toujours de qualité et me permet de faire de belles découvertes. Bravo à leur équipe pour ce beau projet : @elisa2rosa / @maxxwwelll / @romestebanr@eva_erdmann / @bliss_of_j / @marietchinEt voilà comment au final, au cite plus de trois noms !

Demain, tous photographes ?

C’est un média d’expression assez simple d’approche, quelques caractéristiques techniques à appréhender et on est parti. Et puis le langage de l’image est universel. Pour ma part j’y ai trouvé une forme de pratique méditative. Ça m’apaise de prendre des photos, de me balader avec mon appareil autour du cou, d’observer. Je pense que ça ferait du bien à beaucoup de gens de prendre le temps de regarder le monde qui nous entoure.
Donc oui, demain tous photographes. Pour le bien de l’humanité.


Instagraal, notre quête de l’image parfaite, continue ici.

 

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  • Instagraal #4 : Mathias Duquesnoy
  • Copyright @mathiasduquesnoy
  • Texte : Marine Bienvenot
  • Interview réalisée en janvier 2018

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