Rétro 2018 : Les 10 meilleurs films de l’année

Quelle belle année cinématographique ! Et, une fois n’est pas coutume, le cinéma français n’est pas à la peine. Avec l’amour comme fil conducteur, nous nous sommes laissés emporter dans la langueur d’un été italien, dans les ateliers d’une maison de couture, sur scène et même dans l’espace. Ces dix bijoux brilleront dès que nous repenserons à 2018, l’oeil (humide) dans le rétro.

 

Par Marine Bienvenot, Christophe Chadefaud, Thomas Lapointe et Eloïse Trouvat.

Call Me By Your Name

De Luca Guadagnino

Cet été est de ceux que l’on n’oublie pas, comme la charnière de toute une vie. C’est celui d’Elio, celui de ses 17 ans, celui de la découverte de l’amour et de sa langueur délicieuse. Call me by your name a la magie des instants suspendus. Pour que la grâce et la lumière de cette adolescence que l’on sait aussi belle qu’évanescente nous parviennent, le réalisateur Luca Guadagnino déploie des trésors d’attentions dans une mise en scène naturelle qui met à l’honneur Armie Hammer et Timothée Chalamet, amants éternels qui rejoignent les couples les plus mythiques que le cinéma ait connu.
C.C

Relire notre critique de Call Me By Your Name ici.
Relire notre portrait de Timothée Chalamet ici.

Phantom Thread

De Paul Thomas Anderson

Dans l’atmosphère feutrée d’une maison de couture de l’aristocratie londonienne des années 1950, les relations tempétueuses d’un styliste séducteur (magistral Daniel Day-Lewis) et d’une jeune femme déterminée, à la fois sa maîtresse et sa muse (la révélation Vicky Krieps). Paul Thomas Anderson signe un film d’une richesse ébouriffante, à la mise en scène minutieuse, raffinée, où amour et création ne font plus qu’un. Mention spéciale à Lesley Manville dans le rôle de Cyril, la sœur du couturier, qui veille avec intransigeance à la bonne tenue de la maison Woodcock.
T.L


First Man

De Damien Chazelle

Après Whiplash et La La Land, Damien Chazelle décolle pour les étoiles. Expérience sensorielle autant qu’aventure épique, First Man voit les premiers pas de l’homme sur la lune, en suivant l’obsession dévorante de Neil Armstrong pour la conquête spatiale. A cette aventure historique documentée avec soin à hauteur d’hommes, Damien Chazelle insuffle un cœur brisé, une blessure profondément intime que rien ne saurait panser. Ensemble et à jamais séparés en Mr. & Mrs. Armstrong, Ryan Gosling et Claire Foy jouent la partition de deux astres maudits.
C.C

Relire notre critique de First Man ici.

Amanda

De Mikhaël Hers

Après Memory Lane et Ce sentiment de l’été, Mikhaël Hers sonde la mélancolie d’une époque et explore la notion de paternité accidentelle avec douceur dans Amanda. Premier film post-13 Novembre, Amanda n’esquive pas la peine : il la rend douloureusement belle. Vincent Lacoste, après avoir été canaille dans Plaire, aimer et courir vite et sensible dans Première année, termine une année exceptionnelle en y étant profondément bouleversant. Les pulsions de vie qui reprennent dans la lumière estivale d’Amanda sont bouleversantes d’humanité.
M.B

Relire notre critique d‘Amanda ici.

Under The Silver Lake

De David Robert Mitchell

2018 a littéralement pourri gâté les fanatiques de cinéma et, par extension, de pop culture. Si Papy Spielby nous a filé une sacrée dose de nostalgie avec l’excellent Ready Player One, David Robert Mitchell a baladé Sam (Andrew Garfield), son héros trentenaire paumé à tendance cinéphile, plus loin encore dans la boîte de Pandore made in Hollywood. En filmant ce rêve éveillé qu’est le cinéma, en peuplant ce récit rocambolesque de fantômes de grand écran connus de tous, en nappant le tout d’une aura Lynchienne, David Robert Mitchell a remis en marche la machine à rêve. Comment fabrique-t-on les mythes d’aujourd’hui ? Les mythes d’autrefois n’entravent-ils pas la création future ? La réponse est cachée quelque part dans la compréhension de ce film qui reste longtemps en tête, tel un vrai classique hollywoodien.
E.T

Relire notre dossier Cannes 2018 ici.

Leto

De Kirill Serebrennikov

Leto c’est le miracle de Noël de ce top. Il débarque en fin de course et nous prend par surprise, tant il demeure entêtant et précieux. En racontant la rencontre et l’amitié bienveillante entre deux héros du rock soviétique (Viktor Tsoï du groupe Kino et Mike Naumenko du groupe Zoopark) au moment où l’URSS s’avance vers sa chute, le cinéaste et metteur en scène Kirill Serebrennikov subjugue par son inventivité sonore et scénique. Terriblement généreux et joyeux malgré une toile de fond sombre, les héros du rock de Serebrennikov (assigné à résidence depuis 2017) font vibrer corps et esprits, inventant leur propre musique pour fuir la réalité. Entre silence et grand capharnaüm, Leto est une puissante machine à souvenirs, à insouciance juvénile, à insolence imagée. Un chant partisan pour la liberté et la camaraderie.
E.T

Relire notre critique de Leto ici.

Shéhérazade

De Jean-Bernard Marlin

Loin du monde merveilleux des mille et une nuits, Shéhérazade prend place au cœur de la délinquance juvénile des quartiers nord de Marseille. Zac, 17 ans, sort de maison d’arrêt et traîne dans les rues. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade, jeune fille de 16 ans qui se prostitue. Entre règlements de compte, trafic de drogue et passes tarifées, se noue entre les deux minots une histoire d’amour brûlante, passionnée et mouvementée. Et Jean-Bernard Marlin de signer un premier film aussi romantique que brutal.
T.L


Girl

De Lukas Dhont

Lauréat de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes, Girl est le portrait bouleversant de Lara, 15 ans, jeune transgenre qui vient d’être admise dans une école de ballet. Mais pour compenser les dérèglements que lui impose son corps de garçon sous traitement hormonal, elle s’engage avec entêtement dans un entraînement violent et à la limite de l’auto-destruction pour mieux affirmer son identité. Au cœur du film, la prestation poignante et sensible du jeune Victor Polster bouleverse.
T.L

Relire notre dossier Cannes 2018 ici.

Ready Player One

De Steven Spielberg

2018 aura donc été l’une de ces années où Steven Spielberg sort deux œuvres majeures. Après Pentagon Papers, grand film de journalisme politique, il nous offrait Ready Player One, fabuleux melting pop. Portrait en creux de son réalisateur, RPO argue que les passions d’enfants ne se transmettent que par ceux qui le sont restés. Par un hommage tonitruant à la pop culture, Spielberg alerte sur une uniformisation de cette dernière, annihilant alors toute forme d’imagination. Car toujours plus tendre et moderne, il reste le passeur et le gardien de notre imaginaire.
M.B

Relire notre critique de Ready Player One ici.
Relire notre portrait d’Olivia Cooke ici.
Relire notre dossier sur la science-fiction selon Steven Spielberg ici.
Relire notre critique de Pentagon Papers ici.

A Star is Born

De Bradley Cooper

Il y a ceux qui niaisent dès qu’un beau gosse barbu malheureux comme les pierres joue de la guitare. Ceux qui sont ravis qu’Hollywood se rappellent que bien avant les super-héros il y avait les mélodrames. Et ceux qui ne peuvent supporter l’overdose de guimauve. La rédaction s’est déchirée mais A Star is Born nous a laissé tout sauf indifférent. État des lieux des mythes éternels, critique des mirages de l’entertainment, fresque romantique, éloge de l’ivresse de la création et de la scène, ce 3è remake d’un classique hollywoodien assène en conclusion que l’amour ne guérit de rien. Déchirant.
M.B

Relire notre critique d’A Star is Born ici.

 
 


 

 

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  1. Film geek

    Très bon article, Ready player one et sans contest un des meilleurs films sf de ces dernières années mélangeant pop culture, nostalgie et monde futurist virtuel.

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