Rétro 2019 : Les 10 meilleures séries de l’année

2019 a sans doute marqué un tournant dans le monde des séries. Cela fait désormais plusieurs années que l’on parle “d’ère de la Peak TV”, où la multiplication des plateformes de création et de diffusion de contenus sériels permet une offre pléthorique. Force est de constater que l’arrivée de nouveaux acteurs comme Apple TV+ et Disney+ (si ce n’est le manque d’originalité de leur nom) amène de la qualité à la quantité. Demain, tous accrocs ? Il semble que ce soit déjà le cas.
Par Marine Bienvenot

Fleabag

Saison 2

 

La première saison de Fleabag ressemblait tellement à un petit miracle qu’on n’était pas vraiment sûr de vouloir de nouveaux épisodes, trois ans après. C’était sans compter sur l’intelligence et le talent de Phoebe Waller-Bridge pour nous rendre cette suite encore plus piquante et subversive, touchante et triste, belle et drôle.
L’ironie de l’héroïne cache sa culpabilité liée à un deuil et une incapacité à s’aimer elle-même. Et si son histoire d’amour avec un prêtre sexy et charismatique était finalement sa planche de salut ? Dans un dernier plan ravageur, Fleabag se redécouvre la capacité d’aimer et brise le quatrième mur en même temps que notre cœur. Dévastateur.



Years & Years

Mini-série

 

Que se passerait-il si un parti populiste prenait le pouvoir ? Si des lois liberticides étaient mises en place ? Si la crise des migrants s’aggravait encore ? Si notre système économique s’effondrait ? Si les nouvelles technologies prenaient le contrôle sur nos vies ? Russell T. Davies nous offre une dystopie en guise d’avertissement.
Par le prisme des Lyons, cette famille ordinaire témoin impuissant des bouleversements du monde, Years & Years téléscope leurs petites histoires et l’Histoire avec un grand H. Le parallèle avec notre actualité est immanquable et inquiétant mais il pourrait aussi nous pousser à réagir avant qu’il ne soit trop tard…


Succession

Saison 2

 

La première saison de Succession, relecture du Roi Lear à l’ère de Trump et des 1%, n’avait pas réussi à se hisser dans notre top des meilleures séries en 2018. Les personnages manquaient cruellement d’humanité et quand on ne peut pas s’attacher aux personnages…
Mais Jesse Armstrong a su rectifier le tir dans sa suite. Si les membres de la famille Roy sont toujours aussi déconnectés des réalités, cruels entre eux et tyranniques avec les autres, les voir s’évertuer à gagner l’amour de leur père ou au pire son respect, nous les rend attachants. Ce sourire en coin de Logan Roy dans les dernières secondes du final n’augure cependant rien de bon pour Kendall, Roman, Siobhan et tous les autres. Le jeu de massacre ne fait que commencer.


Watchmen

Mini-série

 

Damon Lindelof aura marqué l’intégralité de la décennie 2010 de son empreinte. Il y aura donné une conclusion (contrastée) à sa série phénomène Lost, bouleversé l’âme de ceux qui se seront laissé emporter par le voyage The Leftovers et, cette année, offert une suite au comic culte d’Alan Moore, Watchmen.
Avec comme base la mythologie du roman graphique, il fait de Watchmen une série toujours aussi politique mais qui regarde notre époque en face, et non plus celle de la Guerre Froide. Racisme, suprémacisme blanc, héroïsme, foi et identité en sont les thèmes mais, comme toujours avec Lindelof, il faut accepter de se perdre dans sa déroutante narration pour mieux se faire saisir par la complexité et la beauté des sentiments.


The Crown

Saison 3

 

La couronne a changé de tête. Si Elizabeth II est toujours aux commandes de l’Empire Royal Britannique, The Crown, elle, est passé des mains de Claire Foy à celles d’Olivia Colman. Ce changement de casting au début de cette 3è saison est on ne peut plus réjouissant.
Auréolée de son Oscar de la Meilleure actrice pour La Favorite, l’anglaise apporte beaucoup de profondeur à l’émotion contenue de la reine, toujours plus écartelée dans les années 70 entre son rôle de monarque et celui de mère, de femme, de sœur.


Chernobyl

Mini-série

 

Sans montrer des monstres tapis dans l’ombre, des fantômes angoissants ou des serial killers sanguinaires, Chernobyl a sans doute été la série la plus terrifiante de l’année.
En revenant sur la catastrophe nucléaire ukrainienne et en la faisant vivre quasiment en temps réel, Craig Mazin rend les manquements et les défaillances du régime soviétique viscéralement impardonnables. Cloué à son fauteuil par la chronologie des événements, la médiocrité crasse des autorités, le courage incroyable de certains scientifiques et le sacrifice, consenti ou non, des pompiers, mineurs et personnels hospitaliers, Chernobyl est une gigantesque fresque historique qui montre l’homme dans ce qu’il a de pire et de meilleur.


Sex Education

Saison 1

 

Une série adolescente sur le sexe, proposée par Netflix. Autant vous dire que le pitch nous a fait craindre un retour aux pires heures d’American Pie… C’était sans compter sur l’humour et le charme britanniques.
A la différence d’Euphoria qui a suivi le même chemin cette année en sombrant dans le pathos et le sordide, Sex Education parle de jeunesse et de sexualité avec drôlerie et simplicité. Sans filtres mais aussi sans préjugés. Pas de place aux clichés. Les personnages, on ne peut plus attachants, décomplexent n’importe quel lycéen tiraillé par ses hormones.


Fosse/Verdon

Mini-série

 

Derrière la carrière flamboyante du réalisateur et chorégraphe Bob Fosse (Cabaret, Chicago, All That Jazz, Lenny…), il y avait une femme, sa femme et muse, la danseuse Gwen Verdon.
Tourbillonnant entre les époques, les spectacles, les maîtresses, les désillusions, les réconciliations, les films, les dépressions, les récompenses, les coups de génie et les crises cardiaques, Fosse/Verdon déconcerte, cadré par les chorégraphies et un compte à rebours vers la mort de Fosse. L’hommage au couple qui a façonné le Boadway moderne n’éclipse pas leur histoire d’amour épique, que ni une séparation, ni la négation du travail de l’autre ou la mort n’auront tuée. Magnifiée par la prestation incandescente de Michelle Williams, Me Too rend à Verdon ce qui était à Fosse.


Les Grands

Saison 3

 

Durant trois saisons, Les Grands se sont inspiré des meilleurs pour aborder l’adolescence, ce moment de grâce où tout reste à faire. De Skins à Angela, 15 ans, en passant par Freaks & Geeks et Hartley, coeurs à vifs, Vianney Lebasque a mené Avril, Hugo, Ilyès, Boogie, Kenza et MJ jusqu’au bac. Cette dernière étape de l’adolescence sera la conclusion de sa série.
Les Grands ne le seront plus dans le grain bain de la vie d’adulte mais ils tirent leur révérence avec une 3è saison vibrante, exaltante, émouvante. Les derniers sursauts d’innocence laissent place à l’âge de raison dans un épilogue nostalgique et solaire où les yeux s’embuent sur les promesses en noir et blanc.


Modern Love

Saison 1

 

Il est impossible de donner une définition universelle de l’amour. C’est pourquoi le New York Times laisse la paroles à des anonymes pour raconter leur(s) histoire(s) dans une rubrique depuis 2004, puis dans un podcast depuis 2016. Amazon en fait une anthologie en huit épisodes comme autant d’histoires mettant en scène l’amour sous toutes ses formes et à tous les âges.
Sous la supervision de John Carney (Once, New York Melody, Sing Street) et l’influence de Nora Ephron, Woody Allen et Richard Curtis, Modern Love utilise son romantisme pour nous parler de la famille, de la maladie mentale, du couple qui s’est oublié, du couple qui se retrouve, de ceux qui veulent des enfants, de ceux qui les voient partir, de ceux qui cherchent l’amour et de ceux qui ne sont pas sûrs de l’avoir trouvé.
Inégale mais toujours charmante, cette première saison doit aussi beaucoup à son casting (Anne Hathaway, Dev Patel, Katherine Keener, Andrew Scott, Tina Fey, Olivia Cooke, Cristin Milioti…). Et à New York sous les feuilles d’automne.


 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. Clear eyes, full hearts, can't lose !

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