Tamino, l’enchanteur

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Photos : Alexander Popelier

 

Préparez-vous à avoir des frissons, les yeux fermés mais les oreilles grands ouvertes. Tamino, belge d’origine égyptienne de 22 ans seulement, manie le spleen avec chaleur et grandeur. La révélation musicale de 2018, c’est lui.

Il y a un peu plus d’un an, lorsqu’on a posé nos oreilles sur “Habibi” le choc fut grand. L’impression d’entendre quelque chose d’à la fois ancien et nouveau est saisissante. Un son hors d’âge porté par une voix hors du temps. Puis on a posé nos yeux sur son interprète désigné par six lettres, chantantes elles-aussi : Tamino.
On pourrait croire à un nom de scène, il s’agit tout simplement du prénom de ce jeune home aux airs indolents rappelant Louis Garrel. Il l’a hérité de l’amour de sa mère pour le petit prince de La Flûte Enchantée de Mozart. Une référence mélomane qui fait sens quand on sait que la musique est une affaire de famille. Sa mère est pianiste, son père a été brièvement chanteur mais, surtout, son grand-père est un monstre sacré de la musique en Égypte. Muharram Fouad, surnommé le “son du Nil”, a donné de la voix sur près de 900 chansons avant de décéder en 2002, laissant à l’abandon sa guitare dans un grenier. 

While my guitar…

Bercé d’opéra et de John Lennon pendant son enfance, Tamino fini par se diriger vers des études au conservatoire d’Amsterdam. Il écrit ses premières chansons à l’aide de la guitare retrouvée de son grand-père. Elle ne le quittera plus. Sur scène, il s’accroche à elle pour interpréter des morceaux aériens (“Sun May Shine”), mélancoliques (“Cigar”) et sensuels (“Tummy”) où le rock anglo-saxon rencontre les arabesques orientales de ses racines.
La guitare lancinante s’accompagne de textes sur un amour aussi éternel que désespéré et d’envolées au fort potentiel cinématographique. La comparaison avec Radiohead n’a alors rien d’incongru. Colin Greenwood, bassiste du groupe, ne s’y est d’ailleurs pas trompé en travaillant avec le jeune belge sur l’incandescent “Indigo Night”.

Il était une voix

Rarement aura-t-on été transporté aussi loin, aussi haut à l’écoute d’un premier album. La musique de Tamino touche au sublime. Sa voix pure, puissante et écorchée en est la cause principale. Il ne s’offusquera pas, on l’espère, qu’on la compare à celle de Jeff Buckley. En plus d’une ressemblance physique troublante, les deux hommes partagent une voix capable de faire le yoyo, passant d’un grave vibrant (rappelant aussi un autre belge, Maarten Devoldere des groupes Balthazar et Warhaus) à un aigu envoûtant.
Tamino met sa voix d’ange au service d’une musique au romantisme noir. Sa grâce, flirtant avec les fantômes de Nick Drake et Leonard Cohen, nous emporte pour un voyage ensorcelant voguant des berges du Nil aux frontières du plat pays. Un enchantement.


 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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