The Haunting of Hill House, S.O.S Fantômes

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Si vous avez manqué le début : En 1992, Hugh et Olivia Crain emménagent dans un immense manoir un brin délabré avec leurs cinq enfants. Le but ? Lui redonner sa magnificence d’antan, le revendre et construire la maison de leur rêve avec la plus-value. Sauf qu’Hill House en a décidé autrement. Chaque membre de la famille commence à faire face à d’étranges apparitions ou phénomènes. Toutes leurs peurs se cristallisent en une funeste nuit où Hugh s’enfuit avec ses enfants après la mort d’Olivia. Vingt-cinq ans plus tard, ils restent tous hantés par cette tragédie.


AVERTISSEMENT : ON A ESSAYÉ D’ÉCRIRE UNE CRITIQUE 100% SPOILERS FREE MAIS SI VOUS AVEZ VU LA SÉRIE VOUS SAVEZ QUE C’EST IMPOSSIBLE. LES AUTRES, ON VOUS AURA PRÉVENU…

Qui n’a jamais eu envie d’entrer dans la maison abandonnée de son quartier d’enfance, espérant secrètement qu’elle serait habitée par toutes sortes d’entités plus ou moins spectrales ? Et bien après avoir vu The Haunting of Hill House c’est une envie que vous n’aurez plus JAMAIS.
La maison hantée est l’artefact ultime du cinéma d’horreur. Grandes, sombres, inquiétantes, elles sont inscrites dans l’imaginaire collectif depuis que le monde est monde (ou presque) grâce au cinéma. De Shining à Crimson Peak, en passant par Les Autres ou Poltergeist, le 7è art a fait de la maison hantée le réceptacle de toutes nos peurs.
La série, elle, ne s’y est aventurée que par petites touches, avec American Horror Story ou Stranger Things entre autres.
Mike Flanagan, habitué du genre (Pas un bruit, Ouija : les origines), débarque donc avec les coudées franches. Il offre à Netflix une lointaine adaptation d’un roman de Shirley Jackson (considéré tout de même comme l’un des livres les plus effrayants au monde par Stephen King) et déjà adapté sur grand écran par Robert Wise (La Maison du Diable, 1963 ) et Jan de Bont (Hantise, 1999). Son Haunting of Hill House est cependant moins un thriller horrifique qu’un bouleversant drame familial.

Laissez-vous hanter

Vingt-cinq ans après la mort de leur mère et le secret qui l’entoure, les cinq enfants Crain n’ont jamais vraiment réussi à oublier ce qui s’est passé à Hill House. La série porte alors plus sur le deuil qu’ils doivent accomplir que sur la peur qui les habite encore. Elle s’intéresse aux conséquences d’un drame sur de jeunes enfants, sur la construction d’une vie d’adulte épanouie après un choc, utilisant la poésie plutôt que le gore. En cela, elle rappelle les plus grandes heures de Six Feet Under.
Les terreurs d’enfance (monstres sous le lit, amis imaginaires, terreurs nocturnes…) ont laissé place à des traumatismes d’adultes (consommation de drogues, tendances suicidaires, rejet familial…). Les fantômes ne sont pas que dans les murs du vieux manoir, ils sont aussi dans les souvenirs de la fratrie Crain.
Une thèse similaire est développée de façon plus lumineuse par This is us. Les deux séries partagent aussi l’idée d’une timeline entremêlée. L’enfance et l’âge adulte des Crain se croisent autour des décès de la mère et de la fille cadette, Nell, rattrapée par ses démons. L’un les aura fait quitter Hill House alors que l’autre les y ramène.

 

 

Selon la psychologue Elisabeth Kübler-Ross, le deuil se décomposerait en cinq étapes incontournables. Chacun des enfants Crain représente l’un de ces stades.
Steven, l’aîné, est dans le déni. Il rationalise les événements par l’écriture de romans. Shirley est en colère. Elle n’a pas digéré la disparition de sa mère et se repaît dans la mort en devenant thanatopractrice. Theodora est dans le débat et la protection. Devenue pédopsychiatre, elle aide des enfants à surmonter leurs traumas. Luke et Nell, les jumeaux, ont sombré dans l’addiction et dans la dépression. Jusqu’à la phase d’acceptation de la jeune femme qui passe par son suicide.
Ses frères, ses sœurs et son père n’ont alors d’autres choix que d’affronter Hill House et ses fantômes, réels ou métaphoriques, pour guérir et faire enfin leur(s) deuil(s).

Paranormal activity

Tout au long des dix épisodes de cette saison, le spectateur ne sait que croire. Les Crain sont-ils psychologiquement  perturbés ou subissent-ils réellement les attaques d’une maison hantée ? Leur mère était-elle vraiment possédée par un esprit ou a-t-elle simplement sombré dans la folie ? Les fantômes, habilement cachés dans les arrière-plans par Mike Flanagan, sont-ils réels ou la manifestation de leurs angoisses les plus profondes ?
La réalisation de Flanagan justement, brillante, atteint son apogée dans l’incroyable épisode 6 constitué de plans-séquence ébouriffants d’agilité et de fluidité. Jonglant entre les époques et les personnages, il y disperse les jumps scares inhérents au genre avec parcimonie.
Selon Steven, les fantômes n’apparaissent que parce que nous sommes incapables d’accepter la mort d’un proche. Dans une chair de poule mélancolique, The Haunting of Hill House assène que les regrets sont tout aussi effrayants que les fantômes. La quête de vérité à laquelle se livre la famille Crain n’en est que plus déchirante.

 


Top Tw3ets


 

The Haunting of Hill House ▪ Créée par Mike Flanagan ▪ Avec Michiel Huisman, Carla Gugino, Henry Thomas, Elizabeth Reaser, Kate Siegel, McKenna Grace… ▪ Diffusée sur Netflix ▪ 10 épisodes (60 minutes)

 

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