Timothée Chalamet, le lauréat

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Photos : © Ryan Lowry/Vogue, © Laurence Ellis/New York Times, © Carlotta Manaigo/L’Officiel Hommes

 


Il est la nouvelle pépite d’Hollywood. Timothée Chalamet, dont on a vu transparaitre la sensualité et la sensibilité dans Call Me By Your Name, a vu s’échapper de peu (et à 22 ans seulement) un Oscar du meilleur acteur. Mais qu’est-ce qu’un Oscar quand on est sur le point de mettre le cinéma mondial à ses pieds ?

Evitons d’entrée les adjectifs rebattus et autres paroles dithyrambiques déposées sur les frêles épaules du jeune homme. Non pas que Chalamet ne mérite pas une armada de compliments, mais elle apparaîtrait complètement dérisoire. Tout comme ce portrait. Comment poser des mots sur un garçon dont le métier est de jouer avec ? Il faut le voir pour le croire.

Ce jeune franco-américain incarne un phénomène très courant dans bien des milieux. Le chouchou nécessaire au moment, l’objet de l’engouement – et fatalement de ce portrait. Il en faut bien un, un jeune favori minimum toutes les décennies pour relancer la vieille machine à rêves qu’est le cinéma. Nous en serions-nous tant amourachés sans ce consciencieux battage médiatique autour de lui ? Même en ayant l’honnêteté de se poser la question, on arrivera toujours à la même impression : battage ou pas, béguin immédiat il y a.
Car Timothée Chalamet appartient à cette catégorie d’acteurs ou d’actrices, qui, d’un coup, éclosent, illuminent et emballent. Nous ne les avions jamais vus, ils sont partout et nous ne voudrions plus jamais les voir disparaitre. Pour Chalamet il y a bien sûr Call Me By Your Name de Luca Guadagnino, mais aussi Lady Bird de Greta Gerwig, où il interprète un ado ombrageux, et prochainement le western Hostiles de Scott Cooper où il incarne un soldat aux côtés de Christian Bale.

Coqueluche contagieuse

La coqueluche n’est pas tout à fait sortie de nulle part. Né à Manhattan en 1995 d’un père français et d’une mère américaine – ancienne danseuse à Broadway – Timothée Chalamet grandit dans une sphère privilégiée. Environnement aimant et aisé dont il a une conscience aiguë et chante les louanges à longueur d’interviews. Celles-là même où il ne cesse de s’excuser pour son français imparfait, ignorant sans doute qu’il n’y a pas plus séduisant que l’imperfection.
Très vite, la vie new-yorkaise l’amène à découvrir une flopée de pièces. C’est Philip Seymour Hoffman, qu’il voit sur scène dans Mort d’un commis voyageur, qui déclenche plus que jamais son envie, sa nécessité d’être acteur. Il a alors 15 ans. Comme le veut la tradition, il débute par des pubs sans intérêt, puis par des rôles pour le petit écran (dont un dans le carton Homeland), des pièces de théâtre puis, enfin, par un petit rôle dans un grand film. Il est le fils de Matthew McConaughey dans Interstellar de Christopher Nolan. D’autres ont connu pire comme début de carrière.

 

 

De Timothée à Elio

Son vrai premier rôle est de ceux qui marquent une vie d’acteur et la rétine de ceux qui dévisagent avec attention la pellicule. Dans Call Me By Your Name, Timothée Chalamet incarne Elio, jeune garçon fougueux et innocent à la fois, venu passer son été 1983 dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie. L’apprentissage du désir, du plaisir et de la souffrance amoureuse d’Elio coïncide avec l’éclosion personnelle au cinéma de Timothée.
S’il fallait envisager Call Me By Your Name sans Chalamet, il serait sûr et certain que le film ne produirait pas le même effet. Dans le cinéma de Luca Guadagnino, le dialogue entre les personnages est d’ordre physique et le jeune homme impressionne par son naturel désarmant et sa capacité à traduire dans ses moindres gestes, regards et attitudes l’impétuosité de l’amour que l’on exècre, que l’on désire, que l’on obtient puis que l’on perd.

Mystery of love

Timothée Chalamet pourrait redevenir Elio plus vite qu’on ne le pense. Luca Guadagnino aimerait se lancer dans des suites de Call Me By Your Name où il ferait évoluer à travers la vie aussi bien son personnage adoré que son jeune acteur fétiche. Un peu à la manière de Truffaut et de son inimitable Antoine Doinel/Jean-Pierre Léaud ou Richard Linklater avec les amoureux solaires de la trilogie Before Sunrise/Sunset/Midnight.
La grandeur de Call Me By Your Name ne repose certes pas uniquement sur les jeunes épaules de Chalamet, son duo/duel avec Oliver (magnétique Armie Hammer) en est le coeur, mais il lui donne une saveur supplémentaire, une personnalité telle que l’on aimerait le voir continuer à évoluer dans ce cadre. Il faut voir son corps maladroit travailler au piano, lire, danser, nager, roder autour de l’objet de son affection. Le désirer, le blesser, puis, ivre de bonheur, vomir ce trop plein d’amour. Sous ses airs érudits de garçon mûr, Elio ne sait rien des choses de la vie. Mais même face aux manquements de son personnage, Timothée Chalamet lui confère une aisance innée, une élégance subjugante, comme le cinéma n’en met au monde qu’une fois tous les dix ans.

 

 

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