Tobias Jesso Jr., un garçon dans le vent

Classé dans : Introducing, Musique | 5

Tobias Jesso Jr

© Sandy Kim

 

Lui, c’est Tobias Jesso Jr., un Canadien lunaire de même pas 30 ans, dont l’indiscipline capillaire n’a d’égale que la mélancolie qui se dégage de ses morceaux semblant venir tout droit des années 70.

Si ce surnom n’était pas déjà pris par un footballeur adepte de la coupe au bol et de l’adage sport, sexe et rock’n’roll, on appellerait Tobias Jesso Jr. le cinquième Beatles. La raison en est limpide une fois que vos oreilles ont été happées par sa musique, tant il semble être le chaînon manquant entre Lennon et McCartney.
Comme souvent, l’histoire musicale de Jesso Jr. commence par une rupture. Après quatre ans de désillusion à Los Angeles, il remballe ses clics et ses cheveux en vrac pour retourner dans son Vancouver natal et veiller sa mère, malade. Il profite de ce retour au bercail pour délaisser la basse et la guitare, qu’il pratique depuis des années, et se mettre au piano. Avec celui-ci comme seul compagnon, il compose des balades tristes et belles à en pleurer sur un amour laissé à L.A., les poste sur YouTube en 2013 avec une illustration choupinou de lui à 5 ans. Et la machine s’emballe. Le buzz, on appelle ça.

De YouTube au premier album

Les chantres du bon goût que sont Pitchfork et La Blogothèque s’intéressent à lui. Il n’y a qu’à regarder la session de la Blogo sur Without You » pour  comprendre ce qui fascine chez Tobias Jesso Jr. : l’impression de retrouver un titre oublié dans un tiroir depuis quarante ans. La musique du jeune Canadien a un je-ne-sais-quoi de suranné, un piano habité, une voix angélique qui chante avec douceur des textes sur l’amour perdu. Si ceux-ci ne sont pas des plus originaux, ils respirent la sincérité.
Le garçon prend son temps, fidélise son public et attise la curiosité des professionnels via internet pendant plus d’un an. De retour à Los Angeles, il s’entoure bien et lance la production de son premier album avec JR White (ex Girls), Josh Collins (The New Pornographers) et surtout Patrick Carney (The Black Keys) avec qui il partage ce goût du vintage.

Goon, la pépite seventies

Goon, ledit album, est arrivé jusqu’à nos oreilles mi-mars. Et c’est une petite pépite. Les chansons intemporelles au son seventies, qui n’étaient pas sans rappeler les early Elton John ou Randy Newman, sont toujours là (“Can’t Stop Thinking About You », Hollywood », Just A Dream » ). Ils laissent aussi place à des morceaux produits avec élégance et discrétion. A une sonorité plus pop aussi (“The Wait ” où la guitare acoustique rappelle Nick Drake) voire soul (“Leaving L.A. »), sans oublier d’être un hommage appuyé aux Beatles (“Can We Still Be Friend ? ” et ses cordes frissonnantes).
Sur les affiches de ses concerts, le singer-songwriter appâte le chaland avec cette accroche : “Vous ne pouvez pas louper Tobias Jesso Jr. Il mesure 2,04m ». S’il l’est déjà par la taille, Jesso Jr. mérite pourtant l’appellation de futur grand. Pour le vérifier de visu, vous pouvez toujours vous rendre à la Gaîté Lyrique, le 12 mai prochain, et découvrir ce grand garçon dans le vent, penché sur son piano, vous faire pleurer sur ses amours déchus qui, finalement, sont aussi un peu les nôtres.

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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