Croque-messieurs : des zombies au menu

Tandis qu’au Festival de Cannes, Jim Jarmusch réveille les morts avec The dead don’t die, votre rédaction préférée s’est penchée sur ces éternels incompris en mal d’un bon gommage que sont les zombies. Vous prendrez bien un menu croque-messieurs ?
Par Marine Bienvenot & Christophe Chadefaud

              MENU CLASSIQUE

                La nuit des morts-vivants

                               George A. Romero (1968)

La recette : La nuit + un cabanon forestier défraichi. Dedans, des vivants qui ne peuvent plus en sortir. Dehors, des morts affamés qui veulent rentrer pour se faire un tartare. Laisser mijoter à feu doux pendant 96 minutes et faites suer votre audience à grosses gouttes pour les cinquante prochaines générations (minimum).

La touche du chef : La nuit des morts-vivants est le film de zombie matriciel, celui qui pose les bases d’un pan entier du cinéma d’épouvante pour les décennies à venir. Sa règle d’or ? Les zombies ne sont jamais que le passe-plat – flippant certes, mais passe-plat néanmoins – d’une critique politique et sociale particulièrement mordante. C.C


             MENU APOCALYPTO

                 28 jours plus tard

                                   Danny Boyle (2002)

La recette : Une intro cauchemardesque à souhait, digne du meilleur de Twilight Zone, dans laquelle un homme se réveille seul dans un hôpital désert. Dehors, les rues de Londres sont vides. Le temps semble s’être arrêté. L’apocalypse zombie a eu lieu. Ne lui reste plus qu’à courir se mettre à l’abri.

La touche du chef : La nervosité de la mise en scène, merci à la caméra à l’épaule en cavale. Ça, et le fait que les zombies ne sont plus les limaces épileptiques qu’ils étaient jadis. Dans 28 jours plus tard, le zombie est aussi véloce que Usain Bolt enragé. Gloups. C.C


             MENU ANIMÉ DU BOCAL

                 L’Étrange Pouvoir de Norman

                                Chris Butler & Sam Fell (2012)

La recette : une stop-motion délicieuse + un gamin capable de parler aux morts. Lorsqu’une malédiction ramène les morts à la vie sous une forme somme toute défraichie, Norman, qui discute sans pression avec les gentils fantômes, est le seul à pouvoir empêcher l’invasion. Vous ne ferez qu’une seule bouchée de ce petit bijou d’animation.

La touche du chef : Co-réalisé par Chris Butler et Sam Fell chez les génies de Laika, L’Étrange Pouvoir de Norman est à la fois touchant, drôle et référencé. Les deux hommes nous concoctent une relecture horrifique du mythe zombiesque pour le jeune public, saupoudrée de la poésie macabre de L’étrange Noël de Mr Jack et du lyrisme surnaturel de Coraline. Un véritable cadeau pour l’imaginaire. M.B

 


              MENU FOLDINGO

                 Shaun of the Dead

                                      Edgar Wright (2005)

La recette : Un second degré typiquement anglais + de la bière, évidemment. Quitté par sa copine qui n’en peut plus de son manque d’ambition, Shaun est pourtant bien décidé à sortir du pub où il s’est réfugié après une attaque de zombies pour la reconquérir.

La touche du chef : Aux manettes, Edgar Wright fait montre de sa connaissance encyclopédique du sujet et de la pop culture au sens large. Comique de situation, génie visuel, satire sociale, humour violent, bande-son au diapason… Shaun of the Dead enchaîne les situations burlesques et devient culte au moment où les queues de billard transpercent du mort-vivant sur du Queen. Deux-trois pincées de violence gratuite sur le frichti et vous obtenez une parodie devenue un classique. M.B


             MENU LOCOMORDILLE

                Dernier train pour Busan

                                  Yeon Sang-Ho (2016)

La recette : En Corée du Sud, un train démarre avec un papa et sa fillette dedans, mais aussi tout un tas d’autres passagers dont une jeune femme mal en point… qui aura vite fait de vouloir bécoter tout le monde.

La touche du chef : Le hors-champ et les réactions humaines, soit la situation d’un pays en proie à un mystérieux virus que l’on découvre au compte-goutte, et le spectre du pire comme du meilleur de ce que l’homme porte en lui. Aide ou écrase ton prochain, à chacun de faire son choix.


            DIGESTIF CROC-LOVE

                    Warm Bodies

                                          Jonathan Levine (2013)

La recette : Un amour impossible + un palpitant qui reprend vie. Alors que la Terre se divise en deux catégories (en gros ceux pour qui un cerveau n’a rien d’appétissant et les autres), R déguste un charmant jeune homme et se (re)met à avoir des sentiments pour la copine de ce dernier. La zombitude serait-elle réversible grâce à l’amour ?

La touche du chef : Jusqu’à aujourd’hui le vampire avait l’apanage de l’histoire d’amour maudite. En mixant humour surréaliste, romcom adolescente et survivalisme, Jonathan Levine l’élargit au zombie. Sous couvert de spectacle pop corn, il initie son jeune spectateur à la plus grande tragédie qui soit : Warm Bodies c’est Roméo & Juliette avec quelques BPM en moins. M.B

 


 

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Collectionneur d’images qui aime l’amour et les zombies. GPS vivant. Regarde généralement où il met les pieds, même s'il a souvent la tête dans les nuages. Cinélover adorateur de merveilleux. Aime aussi ranger sa chambre, les feux d’artifice, Woodstock et grimper le Machu Picchu. Et pas nécessairement dans cet ordre.

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