Une soirée à La Route du Rock : ond(é)es positives

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Crédits photo : Nicolas Joubard – Caroline Huberty.

 

En ce week-end de la mi-août, c’est un public d’amoureux de la musique qui a déferlé sur les remparts de Saint-Malo et du Fort Saint-Père pour trois jours de concerts furieusement rock. Et le jeudi 15 nous en étions.

 


 

Qu’importe la météo, ce ne sont pas quelques gouttes qui ont arrêté les pirates mélomanes malouins. De plus, en Bretagne il ne pleut que sur les cons à ce qu’on dit… Les bottes aux pieds, les cirés jaunes sur les épaules et les mots plein d’esprit des Gérards collés sur tout le corps (mention spéciale à “Je t’ai cherché partout mais Tame Impala”), il y eut donc près de 32000 spectateurs rassemblés sur les remparts de La Route du Rock lors de cette 29è édition. De têtes d’affiches au rendez-vous en découvertes électrisantes, cette année a fait monter notre impatience concernant l’édition anniversaire de 2020…

Pond

En ouverture de la soirée au Fort, le public est en grande majorité là pour les australiens de Tame Impala. Mais ces derniers sont venus avec dans leurs bagages un groupe formé par d’anciens musiciens. Mené par Nick Allbrook, ancien bassiste de Kevin Parker, Pond pondère les envolées psychédéliques de son illustre parrain par plus de pop. Plus foutraque dans l’orchestration de ses morceaux et parfois un peu trop maniéré dans le jeu de scène et la voix de son leader, Pond est sans doute encore un peu trop tendre mais a pris date pour l’avenir.


Fontaines D.C

Les deux scènes du Fort Saint-Père se font face. Quand Pond termine son set sur la Scène des Remparts, il n’y a quasiment qu’à se retourner et faire quelques pas pour se retrouver face à la Scène du Fort, la principale, et voir apparaitre sans temps mort Grian Chatten et ses comparses de Fontaines D.C. Pour le moins agité, le regard un peu fou, s’auto-administrant des claques et creusant la scène d’allers-retours furieux, le jeune homme rappelle l’incandescence de Ian Curtis.
Le post-punk très eighties du groupe fait d’ailleurs penser à Joy Division ou Siouxsie & The Banshees. En à peine plus d’une demi-heure de set et huit morceaux joués, les indolents irlandais ont conquis le public grâce à leurs tubes millimétrés pour faire hurler tels que “Boys In The Better Land” ou “Sha Sha Sha”. Ils nous ont bien préparé au tsunami Idles.


Idles

Le retour des britanniques à La Route du Rock est attendu avec impatience mais aussi une petite dose de stress. Il y a ceux qui étaient au concert de 2017 devenu légendaire et les autres. Ceux devant les barrières depuis 2h, des fourmis dans les jambes à espérer que le miracle se reproduise, et les novices, effrayés par l’idée que ce ne soit pas le cas. L’incertitude n’aura pas duré plus de cinq secondes.
A peine sur scène, Mark Bowen saute à moitié nu dans le public et Joe Talbott crache sa hargne (au propre comme au figuré) dans le micro avec “Heel/Heal”. Jonglant entre les tubes de leurs deux albums, Ies anglais sont tour à tour politiques (“Danny Nedelko”), féministes (“Mother”), anti-capitalistes (“I’m Scum”) et résolument anti-Brexit. Fidèles au titre de leur dernier opus, Joy As An Act Of Resistance, les révoltés de Bristol conquièrent le public grâce à leur énergie contagieuse et à leur générosité euphorique.
Il est presque thérapeutique de hurler un peu de la rage contemporaine avec Idles. Surtout quand vous êtes appelés sur scène pour récupérer votre porte-feuille et que Talbot vous laisse le micro un instant. Ou que vous vous retrouvez à jouer à huit mains sur la guitare de Bowen, trop occupé à slammer sur la foule en chantant du Whitney Houston. Invitant leurs camarades de Fontaines D.C pour un dernier morceau survolté, Idles prouvent définitivement qu’ils ne sont pas près de s’assagir.


Tame Impala

Avoir booké Tame Impala pour leur seule date française de l’été est sans aucun doute le coup d’éclat de La Route du Rock. L’attente entourant la sortie du 4è album, attisée par l’écoute des singles “Borderline” et “Patience”, masse le public devant la Scène du Fort. Les lasers s’allument, les écrans se chargent d’images psychédéliques, les guitares se branchent aux amplis : la grand-messe orchestrée par Kevin Parker peut commencer.
Les premières notes de “Let It Happen” fusent et la vague chaloupée formée par le public se retrouve noyée sous les canons à confettis. D’entrée. La voix tout en reverb de Parker, la scénographie psyché en diable et les tourbillons de lumière kaléidoscopique sont hypnotisant. Les tubes s’enchaînent sans interruptions grâce à des transitions brillamment maîtrisées par ce producteur de génie : “Mind Mischief” fusionne avec “The Moment”, “Feels Like We Only Go Backwords” coule sur “Elephant” et “The Less I Know The Better” bouscule “New Person, Same Old Mistakes” pour un final sous la pleine lune.
Il est vrai que la recherche de perfection de Tame Impala contribue à une impression de concert un peu trop calibré et qu’un grain de folie rendrait l’expérience encore plus dingue, mais tout de même, quelle maîtrise. Le shoot de couleurs, les voix cosmiques et les sons métronomiques poussent à la communion. On danse, on s’embrasse, on boit, on chante, on profite les yeux fermés ou plongés dans les regards de ceux qui comptent. On se laisse porter comme dans un songe.


 

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