5 westerns qui prouvent que le genre n’est pas mort

A l’occasion de la sortie d’Hostiles, formidable quête rédemptrice signée Scott Cooper, on s’est rendu compte que le western, déclaré moribond depuis la fin de l’ère John Ford, bougeait quand même encore un peu, y compris à la télévision (Deadwood, Westworld, Godless…). Malgré les sursauts signés Kevin Costner (Danse avec les loups), Sam Raimi (Mort ou vif) ou Clint Eastwood (Impitoyable) au début des années 90, c’est pourtant le 21è siècle qui redonne ses lettres de noblesse au genre. La preuve par cinq.

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Andrew Dominik (2007)

Sous-titreLa dernière piste.

De quoi ça parle : Au lendemain de la Guerre de Sécession, Jesse James, le plus grand hors-la-loi que le Far West ait compté, sent sa fin venir. Pour parfaire sa légende, il programme patiemment sa propre fin.

Pourquoi ça tire dans le milleEt si Jesse James était la première étoile filante de la pop culture américaine ? A l’image d’un James Dean ou d’une Marilyn Monroe, Andrew Dominik en fait une figure adulée mais mélancolique, dont le destin est irrémédiablement lié à sa mort. Dans une ambiance crépusculaire rappelant Terrence Malick et sublimée par la partition de Nick Cave et Warren Ellis, L’assassinat de Jesse James… dépasse son statut de simple western pour devenir l’un des plus grand film américain de ces dernières années.


Hostiles

Scott Cooper (2018)

Sous-titre : Lone Ranger.

De quoi ça parle : Usé par la Conquête de l’Ouest, le capitaine Joseph Blocker n’a pourtant d’autre choix que d’escorter son ennemi juré, Yellow Hawk, et sa famille du Nouveau-Mexique au Montana. Ils pourront y reprendre possession de leurs terres et le chef cheyenne y mourir en paix.

Pourquoi ça tire dans le mille : C’est en dressant un parallèle avec la situation de l’Amérique contemporaine que Scott Cooper rend son western universel. Il ne nous épargne rien de la haine qui habite ces hommes mais nous bouleverse en montrant leur quête de pardon et d’humanité retrouvée. Leur chevauchée vers la résilience, à la fois géographique et morale, est l’une des plus belles qu’auront eu à parcourir Christian Bale et Rosamund Pike au cours de leurs carrières.



Les Huit Salopards

Quentin Tarantino (2016)

Sous-titre : Mort ou vif.

De quoi ça parle : Une balade en calèche dans le blizzard de l’après Guerre de Sécession. Deux chasseurs de prime, une prisonnière et un shérif tout neuf font escale dans une auberge déjà passablement bondé…

Pourquoi ça tire dans le mille : Amoureux du cinéma de A à Z, il fallait bien que Tarantino en passe par le western pour lui présenter ses hommages. Si Django Unchained est une fougueuse dédicace au western spaghetti sur fond de vendetta esclavagiste, on lui préfère la rage ô combien tarantinesque des Huit Salopards. Tout son cinéma y est, du huis clos vengeur à la barbarie la plus dingue. QT respecte le mythe du western tout en lui offrant un dernier raout, épaulé à la baguette par la figure tutélaire du genre, l’indéboulonnable Ennio Morricone.


Trois enterrements

Tommy Lee Jones (2005)

Sous-titre : True Grit.

De quoi ça parle : Lorsque son garçon-vacher est tué par erreur par un garde-frontière, Pete Perkins décide de ramener son corps dans son village, au Mexique, pour qu’il y soit enterré. Et il emmène son meurtrier avec lui.

Pourquoi ça tire dans le mille : Tommy Lee Jones est le visage que l’on associe le plus au western contemporain. Quand il ne joue pas dedans (Les Disparues, No Country For Old Men), il les met en scène (Trois enterrements mais aussi The Homesman en 2014). Sa première réalisation témoigne du code d’honneur du cow-boy dans une virée vers le royaume des morts que ne renierait pas Sam Peckinpah. Enterrement il y a, mais ce n’est toujours pas celui du western, à qui Tommy Lee Jones rend un vibrant hommage.


No country for old men

Joel & Ethan Coen (2008)

Sous-titre : Impitoyable.

De quoi ça parle : En chassant près de la frontière mexicaine, Llewelyn Moss découvre des trafiquants de drogue assassinés et deux millions de dollars. Il s’empare de l’argent et se retrouve poursuivi par un shérif vieillissant et un tueur à gages bien dérangé.

Pourquoi ça tire dans le mille : Même s’ils ont fait dans le western classique avec True Grit, c’est dans une réécriture moderne du genre que les frères Coen en capte la quintessence. Leur chasse à l’homme, adaptée d’un roman on ne peut plus noir de Cormac McCarthy, fournit une réflexion amère sur le temps qui passe mais aussi le psychopathe le plus flippant et le plus mal peigné de l’histoire du cinéma.

 

 

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Se dit souvent que la vie c'est comme une boîte de chocolat. A comme tonton Bill Murray, comme BFF Rachel McAdams et Seth Cohen, comme grands frères les Black Keys, comme sista Angela Chase, comme cousin chelou Thom Yorke, comme mamie gâteau Maggie Smith, comme famille les Braverman, comme prof de guitare Nick Drake, comme grand-père castor raconte nouuus une histoire Steven Spielberg... Oui dans mes rêves, oui. Clear eyes, full hearts, can't lose ! Comme le dit si bien le Coach Taylor.

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